‹ Histoire de huit ans, 18401848 faisant suite à l'histoire de dix ansChapitre 94 sur 222 · CHAPITRE VI. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. I

gouvernement prêt à mettre d’accord ses actes avec ses paroles.

u Le gouvernement du roi, disait M. Guizot, ne fait donc « qu'user d’un droit évident, et en même temps il accom- « plit un devoir impérieux, en protestant solennellement « contre la suppression de la république de Cracovie, acte « positivement contraire à la lettre comme au sens du traité « de Vienne du 9 juin 1815. Après de longues et redoutables « agitations qui ont si profondément ébranlé l’Europe, c’est « par le respect des traités et de tous les droits qu’ils con- « sacrent, que l’ordre européen se fonde et se maintient. « Aucune puissance ne peut s’en affranchir sans en affranchir « en même temps les autres. »

Cette dernière phrase, sous une apparence de fermeté, n’était qu’une affirmation générale, qui ne laissait rien pressentir sur la valeur que la France voulait attribuer désormais aux traités eux-mêmes. L’occasion ne pouvait être meilleure pour s’en affranchir, mais le ministre ne disait pas qu’il profiterait de l’occasion. Les paroles qui suivent dans le manifeste, sembleraient même prouver le contraire. « La « France n’a point oublié quels douloureux sacrifices lui ont « imposés les traités de 1815 ; elle pourrait se réjouir d’un « acte qui l’autoriserait,* par une juste réciprocité, à ne con- « sulter désormais que le calcul prévoyant de ses intérêts, et « c’est elle qui rappelle à l’observation fidèle de ces traités les « puissances qui en ont recueilli les principaux avantages! »

Assurément si M. Guizot, prenant acte de la violation des traités, eût énergiquement déclaré qu’ils cessaient aussi d’avoir leur effet pour la France, les trois puissances auraient peut-être renoncé à leur usurpation collective ; mais en présence d’une protestation qui ne faisait que demander

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