DES PIÈCES JUSTIFICATIVES DE M. DE GIRARDIN
10 La première est la lettre tic madame la comtesse (le Yassy à madame la baronne de Staël (p. 20 ). Ce témoignage étant de la sœur de M. de Girardin , n'en doit pas êti'c distinct. J'y trouve seulement que madame de Yassy ne voit pas du même œil ([ue monsieur son frère le suicide de J.-J. Rousseau : elle croit que cette action serait une taclic à la mémoire de l'autcnr d'Emile, et le mettrait en contradiction avec sespi-iiiriffcs. J'en tire cette conclusion , que M. de Girardin devait, par cette considération, et pour ne pas flétrir la mémoire de son hôte illustre , taire le genre de sa mort-, moi qui ne vois point ce résultat, et qui crois que cette mort fut volontaire , parce qu'elle était suflisamment motivée, je l'ai dit dans VIJisloire de J.-J. Jlousscau; c'est cette opinion qui a fait prendre la plume à M. de Girardin.
2li HISTOIRE
2». PiocLS-vcrhal (p. 22 ) dresse par les chirurgiens après la mort de llousseau , en date du vendredi 3 juillet 1778. C'est celui de la visite du corps. On y déclare d'une commune voix , que Rousseau est mort d\me apoplexie séreuse.
3o Rapport, ( p. 24) de M. Castei'ès, chirurgien à Scnlis , de Vom'ertiu'e du corps de Jean- Jacques. Ce chirurgien , aide de deux autres chirurgiens , et en. présence de trois médecins , procède à cette opération importante. On propose d'admettre comme cause vraisemblable de la mort, Ici pT'ession et l'm- Jîltration d'une quantité de plus de huit onces de sérosité , trouvée entre la substance du cerveau et les membranes qui le recouvrent.
Le chapitre i'"" est consacré à l'examen de ccS deux procès-verbaux. Le dernier, le plus important, celui qui devait établir le degré de certitude, est infirmé , i" par l'expression du doute qui le termine ; 20 par l'attestation de ce qui se passa dans la dernière heure de la vie de Jean-Jacques , à laquelle n'assistèrent ni le chirurgien qui ouvrit le corps, ni ses deux aides , ni les trois médecins témoins de l'opération; 3» par les réflexions de médecins qui, après examen de ce rapport , font voir qu'il est en opposition avec les observations admises et reconnues par la pratique et l'expérience depuis l'épocpie de la mort de Rousseau.
4» Procès-verbal ( p. 27 ) de l'inhumation du corps de J. J. Rousseau.
5o Acte de dépôt du rapport d'ouverture ( p. 28).
Ces deux derniers actes sont étrangers à l'aflUire.
DE J. J. ROUSSEAU. 2l 5
6° Extrait (p. 29) d'une notice sur les tlernicrs jours <le J.-J. Kousscau , par son ami M. Le Bègue de Prcsle , et imprimée à Paris eu 1778.
Nous avons parlé de cette notice dans le troisième chapitre. M. Le Bèijue de Presle «'tait parti le aG juin d'Ermenonville pour retourner à Paris. 11 laissa Rousseau bien portant. M. de Pi'csle ne le revit plus et ne revint qu'a]>rès sa mort. Il atteste cpi'il a joui d'une bonne santé jusqu'au jeudi 2 juillet. Ce médecin n'a point été témoin de la jnort de Rousseau.
70 Extrait (p. 3i) d'une lettre à Sophie, comtesse de *^* , par René de Girardiu , sur les (h'rniers moments de J.-J. Rousseau , datée d'P-rmenonville , le juillet 1778. Cette lettre est pleine <rint<'rèt , éléi^amment écrite, et d'une lecture attendrissante. Mais quant au fait, objet delà discussion , elle constate qu'il n'y eut d'autre témoin de la mort de Jean- Jacques , que Thérèse; que M. de Girardiu n'entra dans la chand)re c{u'après la chute de Rousseau ; et consé([uenunent {[ue les (h-tails donnés par le premier sur les derniers instants du second , sur les paroles (ju'il a prononcées , viennent ilo. Thérèse , qui , dans le récit qu'elle lit ensuite par ('crit , assure que Rousseau tomba sans prononcer un mot. Nous avons rapporté cette lettre , avec quel(|ues observations.