SECTION II
PIÈCES JUSTIFICATIVES A l'aPPIT DE NOTIVE RÉPONSE.
(A) Sur les tlill'i'rcnlos inanu-r»-s ilo voir lo suiritlr. On pourrait iair<' des vi>lumes sans rien conclure. Ceux qui ont traité de liichctc cet acte de désespoir
2l6 HISTOIRE
ne me paraissent pas avoir mûrement examiné la question. Il est bien tliflîcile de supposer l'abandon volonlaire de la vie sans aucune espèce de sacrifice. On part toujours avec un désir ou un regret. La nature a si bien arrangé les choses , que la vie a toujours un grand prix : mais nous l'avons gâtée : les sauvages ne s'en délivrent que dans leur vieillesse, et lorsque l'tâge ou les infirmités les rendent inutiles , à charge à la famille.
Voici deux ou trois faits généraux transmis par l'histoire :
n Les anciens habitants de Panama (Amérique), se sentant malades et pcidant l'espoir de recouvrer la santé , s'en allaient au milieu des champs et se donnaient la mort. «
( Belleforest , Hist. imw.)
« Les habitants de l'ile de Cos , devenant vieux et inutiles , invitaient à un banquet leurs parents et leurs amis. Ils se couronnaient de fleurs, et au dessert ils avalaient la ciguë, w
( ^LIETÎ, liv. III. )
« Les Marseillais descendus des Phocéens pensaient que la mort était plus à désirer qu'à fuir.
« Us gardaient on un lieu particulier, de la ciguë exprès jwur en donner à ceux qui avaient la volonté de mourir.
« Les uns se tuaient ainsi parce qu'ils étaient accablés de chagrins et d'infortunes; les autres parce (|!i'ils jouissaient d'une trop heureuse destinée, et (pi'ils craignaient de penhe ces jouissances. »
( VALiinE-MAxiMK , liv. II , chap. i.)
DE J. J. ROUSSEA.U. 2l7
Ces derniers ne pouvaient êlre que tles fous. La crainte de perdre des jouissances ne peut faire prendre , pour les conserver , le plus sûr moyen de les perdre. On cite cependant queltpies excm])les analogues arrives en Angleterre; mais on n'assure pas en même temps que ceux qui ont donne ces exemples possédassent saines et sauves leux-s facultés mentales.