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armes se déclara. Il se trouva une extraordinaire aptitude pour le dessin et bientôt le maniement du crayon l’absorba et prit le dessus sur toutes les autres études. Il avait commencé à dessiner tout enfant. On a de ses dessins à l’âge de dix ans, entre autres un portrait d’une tante Annie, une sœur de sa mère, qui, en 1844, était venue les visiter à Saint-Pétersbourg. Il envoyait ce portrait en Amérique, à une autre tante Kate. Les dessins qui suivent, faits à West Point, sont déjà tres libres et trés personnels.
Whistler, dominé par ses goûts artistiques, qui toute sa vie devait être l’indépendance même, ne pouvait s'adapter au régime d’une école militaire. Lorsqu'il eut passé trois ans à West Point, il était clair qu’il manquait des aptitudes requises pour les études qui s'y poursuivaient et qu'il ne pouvait se plier à la discipline sévère et minutieuse qu’on y imposait. On lui signifia donc son renvoi, en juin 1854, motivé sur son indiscipline et sur son insuffisance en chimie. Il faut avouer que si on ne se représente que difhcilement Whistler, avec sa manicre d’être, amenable à l’obéissance militaire, on ne le voit pas du tout se prétant à étudier la chimie. Sa vocation artistique et sa nature impulsive le tenaient hors des règles et de l’ordinaire et lui interdisaient une école formaliste.
En janvier 1855, il fut pris comme dessinateur, au bureau des plans et cartes marines du gouvernement, à Washington et 1l sembla occuper là un poste auquel ses facultés le destinaient. Mais il était comme étranglé dans le dessin des cartes
et les restrictions de la topographie devaient lui paraître aussi insupportables que la discipline militaire. On lui avait donné une gravure à exécuter, représentant la vue, prise en mer, des falaises d’une côte. Il s'était fort bien acquitté de la tâche. Après, sa fantaisie l’emportant, il avait ajouté, de son cru, en haut, aux angles de la plaque, des têtes et groupes de personnages, des manières de caricatures. Cette œuvre qui devait être sa première gravure artistique, devait être aussi la dernière qu'il ferait à son bureau. La plaque avec les additions introduites, ne pouvait servir à l’impression sur cartes à laquelle elle était destinée. Il eut à subir les reproches de ses chefs et il devint évident qu’il n’était pas fait pour le travail rigide de la topographie. Il dut donc abandonner le bureau de Washington, comme il avait dû abandonner l’école de West Point.
Sa vocation artistique prenant définitivement le dessus, 1l quitta alors les États-Unis où il ne devait plus jamais retourner, et, venu à Paris à la fin de 1855, entra dans l’atelier de Gleyre.