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réelle personnalité de Joe Sibley, c’est que dans un groupement donnant les portraits dessinés des anciens camarades décrits par la plume, on en découvrait un qui reproduisait, sans qu’on pût s’y méprendre, les traits de Whistler. Or Whistler transposé en Joe Sibley était devenu « un paresseux apprenti, le roi de la Bohême, le roi des Truands », un poseur, s’habillant avec excentricité pour attirer l’attention des passants dans la rue, un vaniteux plein de lidolâtrie de lui-même, incapable envers qui que ce soit d'amitié durable, un plaisantin cherchant péniblement des mots d’esprit et s’appropriant ceux des autres, se tenant d’ailleurs coi lorsqu'il rencontrait un railleur plus brutal ou plus fort du poignet que lui. Ce portrait devenait d'autant plus noir, que les autres étaient au contraire embellis. Joe Sibley seul maltraité paraissait ainsi fort laid. En outre, parmi les anciens camarades, Du Maurier trouvait moyen d’en vanter un ou deux arrivés, disait-il, au sommet de la gloire par leur talent et pour avoir produit des œuvres de premier mérite et de Joe Sibley il n’était rien dit, qui pût apprendre qu'il se fût vraiment distingué comme peintre ou graveur.
La façon dont Whistler était présenté sous les traits de Joe Sibley, ne laissait aucun doute sur les sentiments de l’auteur à son égard. Pour qu’un homme avancé dans la vie comme Du Maurier traçät d’un autre homme, son contemporain, un tel portrait, il fallait qu'il nourrit contre lui une profonde malveillance et une vieille rancune. Cependant apparemment il ne s'était jamais produit entre eux de heurts ou de conflits. Ils
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