‹ Histoire de J. McN. Whistler et de son œuvreChapitre 4 sur 46 · ALES · texte numérisé non relu

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de paille de forme anormale. Whistler s’est représenté ainsi sur l’eau-forte servant de frontispice à la série. Leur voyage à l'aventure avait été plein d'incidents. J'ai entendu raconter à Oulevey, camarade de Whistler à cette époque, que, dans une ville où ils s'étaient trouvés la bourse vide, les deux compagnons avaient fait battre le tambour pour annoncer que des artistes distingués venant de Paris, dessinaient des portraits à trois francs en buste, cinq francs en pied et que l'annonce leur avait amené assez d'amateurs pour se tirer d’embarras. Si non é vero, & ben trovato.

Whistler revenu à Paris, ajouta des plaques gravées antérieurement à celles qu’il avait dessinées au cours du voyage et, portant l’ensemble à l’imprimeur Delâtre, obtint une premiere série de douze eaux-fortes, treize avec le frontispice, connue comme sa série française. Tirée à un petit nombre d’exemplaires, elle fut offerte au prix de cinquante francs. L'auteur demeura son propre éditeur et il se chargea lui-même de la vente. Les additions faites aux vues d’Alsace-Lorraine, Liverdun, Rue à Saverne, consistaient en motifs empruntés à la vie populaire parisienne : la Vieille aux loques ; la Marchande de moutarde; la Cuisine; en portraits, Annie et le petit Arthur, sa nièce et son neveu Haden; puis encore Fumelle, une petite modiste du quartier latin, et enfin la mére Gérard. Cette mère Gérard devait avoir reçu de l'instruction, elle faisait des vers. De chute en chute, après avoir tenu un cabinet de lecture, elle s'était vue réduite à vendre des fleurs à la porte du bal

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Bullier. Whistler, attiré par son aspect pittoresque, avait senti l'envie de la représenter et pour pouvoir en mieux disposer comme modéle, lavait tenue longtemps auprés de lui, la promenant par la ville et l’emmenant à la campagne. Il à peint d’elle, en plus du portrait exécuté à l’eau-forte, une tête exposée à la Royal Academy, à Londres, en 1861.

Il continua après cela à faire des eaux-fortes à Paris, entre autres : Finelte, une créole de mœurs légères qui dansait au bal Bullier; Ja Soupe à trois sous, un pauvre restaurant fréquenté par les misérables. Le jeune homme qui le tenait, nommé Martin, placé sur la gauche de la gravure, s'était acquis de la célébrité, en combattant comme garde mobile, pendant la bataille de juin 1848, à Paris. On l'avait décoré pour faits d'armes et les journaux avaient répandu son nom; mais à la suite d’affaires malheureuses, il avait après cela perdu toute position et, s'était vu réduit à diriger cette gargote. Whistler trouvait aussi l’occasion d’ajouter à ses eaux-fortes, sur les divers points où ses déplacements le conduisaient. Un de ses motifs les plus estimés, la Forge, a été pris à Perros-Guirec, en Bretagne, dans l'été de 1861. L'année 1859 voit le commencement de ces œuvres exécutées à Londres, les vues de la Tamise. Il atteint alors comme le point culminant de son art par la perfection de la technique, la légéreté et la souplesse du trait, la vie de l’ensemble. Il pourra faire plus tard, en se renouvelant, des choses de style différent, parfaites dans leur genre, mais qui ne dépasseront pas cependant ces œuvres de début.

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