LIVRE VIL— CHAPITRE XVL
«Mais nous verrons Bossuet reprendre ce grand ouvrage au bout de dix-huit ans , et le conduire à sa perfection dans rassemblée de 1700. Il eut Thonorable satisfaction de voîrrassemblére de 1682 imprimer le sceau de son approbation à son Exposition de la foi catholique ; elle proposa cet ouvrage comme une des méthodes les plus utiles à l'instruction des hérétiques. Ce fut dans cette occasion que M. de Harlay, qui s'était refusé jusqu'alors à attacher son nom à tant de noms illustres que Bossuet comptait parmi ses approbateurs, se vit en quelque sorte forcé par le vœu de l'assemblée à rendre cet hommage tardif au mérite d'un tel ouvrage *. »
Nous ne suivrons pas dans tous ses détails le récit qu'on vient délire ; ce serait perdre un temps inutile, et d'ailleurs il faudra plus tard revenir sur cette grave matière.
Quand on voit des hommes tels que MM. de Harlay, Le Tellier, de Cosnac,... se mettre en devoir AQtouàvoyQV Immorale relâchée, il est difficile de comprimer le sourire qui court sur les lèvres, alors même que l'on fait une large part à l'humaine faiblesse.
La question du probabilisme n'était pas neuve, et on se demande de quel droit l'assemblée prétendait la trancher. Si Bossuet avait eu le don de prophétie, il aurait pu, écartant les voiles de l'avenir, apercevoir le probabilisme canonisé dans sai?ît Alphonse de Liguori^ comme parle en frémissant le janséniste Tabaraud «. Tant il est vrai qu'il y a toujours une extrême imprudence à vouloir prendre le pas sur l'Eglise inspirée de Dieu , et devancer ses sages jugements. Les dissertations sur le probabilisme ne peuvent plus se soutenir aujourd'hui '.
Que l'assemblée ait présenté au Saint-Sîége d'humbles requêtes et signalé ce qu'elle regardait comme un danger pour la société chrétienne, rien n^élait plus conforme aux règles du droit et de la prudence. Mais ce n'est pas là ce qu'on voulait. 11 y avait un dessein bien arrêté, celui de juger avec autorité et de faire appuyer la sentence par le bras séculier. Quand on parle de soumettre les décisions de l'assemblée au Saint-Siège, on en impose
* Bausset, lib. VI.
» Supplément aux histoires de Bossuet et de Fénelon.
8 Tome XXXI, p. 1.
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au public, ou bien on se prépare habUement une retraite. Est-ce qu'on a soumis au Saint-Siège les déclarations précédentes ? Est-ce qu'on a attendu son jugement pour les publier à grand fracas?
Il le faut bien répéter, la franchise et la saine doctrine sont deux fleurs qui s'épanouissent faiblement, à Taurore du gallicanisme.
SB