‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 107 sur 260 · LIVRE VIII. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE

Jamais aucune affaire de quelque nature qu'elle fùt^ jamais aucune considération de bienséance ne l'empêcha de se rendre à Meaux aux approches des fêtes solennelles. Il ne crut pas même que ses fonctions de premier aumônier de Madame la Dauphine fussent une excuse suffisante pour le dispenser d'une obligation qu'il regardait comme le premier de ses devoirs. Il prenait alors congé de la Cour, et retournait à Meaux en laissant aux autres officiers de la chapelle le soin de le suppléer dans ses fonctions.

Aussitôt qu'il fut libre, le nouvel évêque se retira à Germigny, pour y prendre quelque repos et connaître sa maison de campagne ^

L'assemblée des trente-six allait reprendre ses travaux , ce qui ne permit point à Bossuet de prolonger son séjour à Meaux. Il repartit pour Paris, où l'appelait le projet de la fameuse dé^ claration qui devait paraître au jour quelques semaines après.

Lorsque l'assemblée eut reçu l'ordre de suspendre ses sessions, Bossuet demeura quelque temps à Paris , pour le règlement de plusieurs affaires, puis il revint à Meaux où l'appelaient les besoins de son diocèse. Le jubilé accordé par le Pape Innocent XI et publié à Rome, le 9 septembre 1681 , fut ouvert l'année suivante, dans le diocèse de Meaux. A cette occasion, Bossuet envoya plusieurs lettres circulaires pour stimuler le zèle de MM. les curés et exhorter les fidèles à se procurer le bienfait de celte solennelle indulgence. De plus , il réunit au:^ missionnaires de son diocèse quelques religieux de la capitale , donna ses instructions et les envoya dans les principales paroisses du diocèse. La parole de ces ouvriers évangéliques fut reçue avidement par le peuple et produisit les plus salutaires effets.

Division du diocèse. — Le diocèse de Meaux était peu étendu et comprenait à peine un tiers du département de Seine-et-

* Germigny est un petit village agréablement situé sur le bord de la Marne, à deux lieues de Meaux. Depuis assez longtemps les évéques y entretenaient une maison de campagne qui formait une habitation quasi -seigneuriale. Bossuet séjournait volontiers à Germigny, quand il quittait la cour pour quelque temps. Plusieurs de ses lettres sont datées de cette résidence. Comme il entendait peu les affaires temporelles , la propriété de Germigny était fort imparfaitement soignée.

m HISTOIRE DE BOSSUET.

Marne ; il échancrait , sur une étendue d'environ trois lieues^ les départements actuels de l'Aisne et de l'Oise^ depuis Gandelu jusqu'à Nanteuil-le-Haudoin. Le reste du département de Seine-et-Marne se trouvait partagé entre l'archidiocèse de Sens, pour la partie sud, et rarcbidiocèse de Paris, pour la partie est et nord.

Si nous pouvons en juger par les annuaires de date postérieure, le diocèse de Meaux comptait 236 paroisses, environ 350 ecclésiastiques de tout rang, à la tête desquels marchaient les deux grands doyens, ou archidiacres , de France et de Brie, et six doyens ruraux *. Quatre-vingt-neuf cures seulement étaient à la collation de l'évêque, le reste était à la collation du Chapitre cathédral ou des monastères.

5yworf^5.— L'usage de réunir chaque année les prêtres en assemblée synodale était généralement observé en France. Quoique la. plus grande partie des titres paroissiaux fussent perpétuels, et par conséquent inamovibles, les vrais évêques se rapprochaient volontiers de leurs subordonnés. Les relations étaient beaucoup plus personnelles; la poste et le télégraphe jouaient un moindre rôle dans le gouvernement ecclésiastique. Le journal du curé de Saint- Jean nous apprend que Bossuet en particulier était toujours accessible et plein de bonne grâce pour les curés de son diocèse, quoiqu'il tint ferme pour la visite minutieuse des églises et les règles de la discipline. Les synodes rapprochaient intimement tous les membres de la hiérarchie sacerdotale ; servaient merveilleusement à la correction des abus et à l'unité de vues dans la direction des âmes*. Nous verrons que Bossuet visa beaucoup à établir cette unité dans son diocèse. Malheureusement on s'était isolé de Rome, et l'esprit particulier prévalut avec tous les inconvénients qu'il porte avec lui. Le droit canonique parfidt avoir été peu connu, et l'esprit de l'évêque pesait d'une manière fâcheuse sur celui du clergé inférieur. C'est ainsi que le jansénisme se répandit

' « Les doyennés étaient Dammartin en France, Acy et Gandelu en Mulcien, Goulommiers en Brie^ la Ferté -sous- Jo narre et la Ferté-Gaucher réunis. »

' De nos jours, on a, sinon institué, au moins régularisé les retraites ecclésiastiques, ce qui est d'un effet excellent j mais nous regrettons que les synodes aient disparu à peu près; la retraite ne les remplace pas.

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