LIVRE Vm. — CHAPITRE lU
qui se présenterait, et prêcher les soirs; outre ce, Monseigneur s'y proposait^ comme dans ses autres visites , la confirmation^ la résolution des affaires principales de la ville , la reddition des comptes des marguilliers y et la visite des hôpitaux et établissements de piété , si aucuns y a dans les lieux , pour s'en faire rendre compte et y apporter les réformes nécessaires.
» Dans une seconde visite que Monseigneur fit à la Ferté, il se rendit à la communauté des filles charitables , dite de Sainte- Anne^ fondée par M. de Tangueux. 11 fit une bénédiction de la chapelle de la maison , par une simple aspersion d'eau bénite sur les murs de la chapelle, de côté et d'autre , quoique, comme il leur dit , cela ne fût pas nécessaire , et qu'il suffît que Tévêque diocésain y dit la messe pour être censée bénite. Il y dit donc la messe ensuite , et donna ses avis et déclara ses intentions succintement à ces filles, leur faisant remarquer surtout qu'il ne prétendait faire de cette petite chapelle un oratoire public , que la bénédiction qu'il en faisait n'était que pour exciter davantage leur piété^ quand elles y viendraient faire leurs prières en particulier, en se représentant ce petit lieu comme la maison de Dieu ^ M. Tabbé Fénelon y fit «nsuite une exhortation aux sœurs , sur ces paroles de Tépître de saint Pierre, qui se dit à la messe du dimanche dans l'octave de l'Ascension : Ckarissimi, estote prudentes et vigitate in orationibits, ante omnia autem, mutuam in vobismetipsis charitatem contintiam habentes. Cette exhortation fut prise d'une manière aussi convenable au sujet que conforme aux intentions de Monseigneur, car il leur rebattit souvent que la véritable prudence consistait à envisager toujours son but et sa fin, faire ce que l'on s'est proposé dès le commencement d'un établissement et rejeter toutes les autres vues qui pourraient venir après j et surtout d'empêcher que les petits établissements ne
^ Cette manièfe d'entendre les rubriques nous parait assez singulière. La bénédiction d'un simple oratoire n'est pas en effet exigée par le rituel, mais il y a une forme spéciale dont on ne peut s'écarter. La messe que célèbre un évéque ou un prêtre ne tient pas lieu de bénédiction. Bossuet poussait beaucoup èi la fréquentation des églises paroissiales^ et en cela son zèle était louable ; mais nous verrons qu'en entrant trop avant dans les babitudes et les préjugés français, il est devenu d'une sévérité que le droit commun repousse.
nuisent ou soient contraires au grand dessein de Dieu dans rétablissement de son Eglise universelle , gui est de voir tous les peuples réunis en unité de foi^ de cœur, et de sentiments dans ces grands vaisseaux des églises paroissiales , où les personnes de piété doivent encore plutôt se trouver que les autres pour donner le bon exemple ^ et être la bonne odeur de Jésus-Christ ^ Elles firent par aprës^ dans le particulier^ chacun vœu d'obéissance entre les mains de Tévêque K »