CHAPITRE VII
Oraison funèbre d'Âune de Gonzague de Clèvcs. — Célébration du quatrième
synode. — 1685,
Bossuet, malgré ses succès brillants, était descendu des chaires publiques pour se donner tout entier à la controverse et aux soins dus à son troupeau. La volonté du roi avait seule vaincu ses résistances y lorsqu'il fallut prononcer Toraison funèbre de la reine. Le devoir de la plus noble amitié va le faire de nouveau sortir de son silence.
Anne de Gonzague, Princesse Palatine, avait quitté ce monde, dans le cours de Tannée précédente. Sa ûlle venait d'épouser le fils du grand Condé^ et le héros, qui recevait souvent l'évêque de Meaux sous les ombrages de Chantilly^ sollicita de son éloquent ami un éloge funèbre pour la belle-mère du duc de Bourbon. Malgré ses répugnances de plus en plus prononcées^ Bossuet accéda aux désirs du prince, et le 9 août 1685, dans l'église du Yal-de-Gràce> en présence de Condé et de sa famille, des premiers personnages de la cour, de plusieurs membres du haut clergé et des religieuses, ce génie que rien n'épuise et qui relève tout ce qu'il touche va couronner ^ d'une fleur immortelle;, cette tète dont la mort a fait sa proie