‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 152 sur 260 · LIVRE VllI. — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE VllI. — CHAPITRE IX

3^ Touchant les surprises qui arrivent dans les pâques de la part des religieux , qui reçoivent des confessions d'un an dans tout le carême, et même dans le samedi.de Pâques fleurie, pour s'en venir communier à sa paroisse le lendemain qui est l'ouverture des pâques, et satisfaire ainsi au devoir de la pâque, sans se faire connaître à son curé, il promit encore d'en parler aux supérieurs de maisons religieuses et les prier de ne rien faire que pour rédiflcation et non pour la destruction *. »

a L'année 1686, le synode fut remis à un mardi 17 septembre, à cause des couches de M""® la Dauphine qui avait retenu Mons:^/igneur à la cour jusqu'à ce temps. Le sujet de l'exhortation fut sur le catéchisme. Il prit pour thème ces paroles (II Tim.^ A) : Tu vero vigila^ in omnibus labora^ opus fac Evangelistœ. Il montra que le devoir de l'Evangéliste était de catéchiser, c'està-dire bien établir les principes de la foi dans l'esprit des peuples, et par là relevait cette fonction, en ce que les Evangélistes étaient les premiers après les Apôtres.

2° Ensuite il faisait voir la nécessité , en ce que le catéchisme c'est le lait des enfants de Dieu, le pasteur devant être parmi son peuple, comme saint Paul (I ThessaL, ii, 7), tanquam si nutrix foveat filios suos , puisque les peuples en particulier de la campagne sont tels qu'on leur peut dire à tous avec le même saint Paul {Heb.y v, 12) : Factiestis quibus lacté opus sil^ non solido dbOy où il apporta la différence du lait d'avec la nourriture solide, du même endroit de saint Paul : Perfectorum est solidus cibus, eorum quipro consuetudine exercitatos habent sensus ad discretionem boni et mali. Sur quoi il répéta bien des fois, qu'un curé qui ne pouvait pas donner le lait de l'instruction, ne pouvait pas garder son bénéfice en sûreté de conscience, qu'il fallait refuser l'absolution aux pères et mères qui ne voudront point envoyer leurs enfants au catéchisme.

' Les récriminations des curés contre les religieux datent de loin et conservent de l'écho ; il y a là, à côté d'un pieux sentiment, uno susceptibilité jalouse qui n'a rien de bien généreux. Le curé n'est pas obligé de connaître toutes les consciences, et il y a des raisons fort légitimes pour que les paroissiens trouvent un directeur autre que leur curé, en certaines occasions.

3"" Les moyens. Il les réduisit tous à la charité pour s'accoutumer à la faiblesse et à la grossièreté de ces enfants. Notre-Seigneur, suivant la belle pensée de saint Augustin^ en s'incarnant, devint la nourriture des hommes^ lui qui faisait la nourriture des anges^ dans le ciel. Ce fut un secret de son amour, gui convertit cette viande solide en lait pour s'accommoder à la portée des hommes. Le prophète Elisée, au IIP des RoiSj pour rendre la vie au ûls de la Sunamite , se coucha sur son petit corps et se raccourcit tellement qu'il mit bouche contre bouche, mains contre mains, etc. Auparavant il avait envoyé Giézi avec son bâton, mais il n'avait rien opéré. Vous envoyez im maître d'école, un vicaire, tout cela ne fait rien, il faut le prophète lui-même ; du surplus , il nous renvoya à une ample préface qu'il doit mettre au-devant de son catéchisme, qu'il va faire imprimer tout de bon, où il enseignera la méthode de bien faire le catéchisme, d

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