LIVRE VIII. — CHAPITRE XI
vérité ; mais en la cherchant toute sa vie, il ne fit que flotter d'o^ pinion en opinion, et il ne put jamais jouir de ce repos de l'esprit quil n'aura pu trouver que dans la soumission à une autorité capable de fixer son imagination inquiète et mobile. L'homme qui méritait le plus Taffection et le bonheur^ vécut et mourut le plus malheureux de tous les hommes. Ce fut dans le parti même dont il avait fait la gloire et l'ornement qu'il trouva ses plus implacables ennemis. Il désirait la mort^ et il la reçut comme un bienfait du ciel; mais il n'eut pas même la consolation de déposer ses dernières pensées et ses derniers soupirs dans le sein de Tamitié. Il n'existait plus^ lorsque le plus constant et le plus illustre de ses amis, le docte Camérarius, accourant au bruit de son danger^ fut arrêté par la nouvelle de sa mort. Quelques heures avant de mourir, il écrivit sur un papier à deux colonnes les motifs qui le portaient à envisager la mort avec une espèce de consolation ; les principaux étaient , qu'il ne serait plus exposé à la haine et à la fureur des théologiens de son parti, qu'il allait voir Dieu^ et qu'il puiserait dans son sein la connaissance des mystères qu'il navait vus dans cette vie qu'à travers un voile. Mélanchton mourut en 1560. » '