‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 192 sur 260 · LIVRE yni. — CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE yni. — CHAPITRE XIV

qui a été imprimée pour la première fois en 1772^ dans la dernière édition des Œuvres de Bosstiet, sous le titre : De excidio Bàbylonis apud sanctum Joannem demonstrationes adversus Sœmelem Warenfelsium^.

Bossuet composa la réponse, tout en se livrant à d'autres travaux, dans trois séjours qu'il fit à Germigny^ à Versailles et à Paris, du 6 novembre 1701 au 2 février 1702. Il confronta les objections du savant professeur avec son explication de V Apocalypse ; il recueillit dans de longs extraits les passages de TËcritare sur T Antéchrist, avec les commentaires des catholiques et des protestants ; il étudia de nouveau les premiers siècles du christianisme dans les auteurs contemporains, soit ecclésiastiques, soit profanes; enfin il consigna sur le papier le résultat de ses recherches et de ses méditations.

Son ouvrage renferme trois démonstrations : la première, que la Babylone de samt Jean ne porte les caractères ni de l'Eglise romaine, ni d'aucune Eglise chrétienne; la deuxième, que cette Babylone présente les traits de Rome idolâtre, persécutrice des saints, renversée par terre avec son féroce empire; la troisième, que cette interprétation se justifie par le texte de r Apocalypse, et par les faits de Thistoire.

A peine l'auteur avait-il fourni cette triple démonstration, que de nouvelles attaques contre la vérité vinrent l'appeler sur un nouveau terrain, si bien qu'il n'eut pas le temps de publier la dissertation sur la Chute de Babylone,

Son légataire universel , l'évêque de Troyes , vit le manuscrit parmi les papiers qu'il reçut en héritage, mais il en trouva l'écriture difficile à lire, et l'abbé Ledieu lui dit qu'il n'y avait à Meaux personne capable de le déchiffrer ni de l'entendre *. »

» Les éditeurs déposèrent le manuscrit à la Bibliothèque royale. Alors on colla les feuilles sur des souches pour former des volumes, et souvent l'amidon joignit ensemble deux ou plusieurs

1 Tome in, p. 171.

' L'ouvrage resta enseyeli dans les cartons de l'éTèque de Troyes. Ce ne fut qu'en 1760 qu'il vit le jour et figura dans l'édition de D. Déforis. ( Lâchât, note historique, tome III.)

feuillets. Nous les avons trouvés dans cet état , si bien qu'on ne les avait point ouverts depuis 1772. Néanmoins , de toutes les éditions postérieures à cette époque; il n'en est aucune qui ne porte écrit à son frontispice : a Faite d'après les manuscrits originaux I 2>

En outre , l'éditeur de Versailles promet de donner les textes des livres saints^ tels que son auteur les présente , et non comme ils se trouvent dans nos Bibles ; car on sait que Bossuet ne suivait pas toujours la Vulgate^ mais souvent des versions plus anciennes, ou les Pères^ particulièrement saint Augustin. Cependant qu'on lise ce passage de V Apocalypse : Ego JoanneSy f rater vester^ particeps in tribulatione..., et l'explication : Quo se fratrem et socium professus est eorum qui... ; on verra que le particeps du texte biblique ne cadre pas avec le socium du commentaire ; aussi Bossuet emploie-t-il ce dernier mot dans les deux cas. Autre passage : Ex tribus immundis spiritibus , ex ore draconis , et ex ore pseudoprophetœ^ in modum ranarum. Il n'y a pas là trois esprits immondes ; Bossuet dit : Ex ore dracorUs , et ex ore bestiœ, et ex ore pseudoprophetœ. Continuons : Numerus equestris exercitus vicies millies dena millia^ et audivi numerum eorum. Bossuet : Audivi numerum equestris exercitus vicies dedes dena millia. Encore un exemple : Intelligentiam prophetarum, diligerUer observanda quœ de longinquo et quœ de proximo nuntiantur. L'espace nous oblige de unir; mais qu'on ne nous accuse pas d'infidélité , quand on ne trouvera pas dans cette édition les textes sacrés tels qu'ils se lisent dans la Vulgate ^ b

* Lâchât, note historique, tome III.

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