LIVRE Vra. — CHAPITRE XVI
les exemptions des monastères : il fit voir qu'il avait été troublé dans Texécution de ces décrets par la sentence que Tabbesse avait obtenue contre lui aux requêtes du palais ; ce qui l'avait forcé à recourir à l'autorité du parlement, où il avait obtenu l'arrêt dont elles devaient bien avoir connaissance^ puisqu'il le leur avait fait signifier. Il remontra ensuite aux religieuses qu'à tort tâchait-on de leur faire entendre que le décret du concile de Trente, dont elles venaient d'entendre la lecture, n'était pas reçu dans le royaume^ puisqu'il était accepté par l'ordonnance de filois; et en même temps il fit lire l'article de cette ordonnance qui regarde les monastères exempts ; d'où il conclut que le parlement à qui il appartient d'exécuter les ordonnances, n'avait fait autre chose en prononçant son arrêt , que d'ordonner l'exécution de celle-ci ; en sorte qu'il ne leur restait plus que l'obéissance : et sur-le-champ elles lui promirent toutes de se conformer à ses ordres. Ainsi finit ce premier chapitre, qui ne fit^ pour ainsi dire , qu'entamer l'af^ faire ; car la prieure, les officières y et quelques autres encore en assez grand nombre qui résistaient avec fermeté , ne s'y étaient pas trouvées. M. Bossuet avant de se retirer procéda au scrutin, et entendit les unes après les autres toutes les religieuses qui s'étaient rangées à leur devou*.
» Le lendemain , il voulut se faire ouvrir les portes de l'église dans le dessein d'y célébrer la sainte messe ^ d'y visiter le Saint- Sacrement et d'y faire les autres fonctions de son ministère. Jusque-là on les avait tenues soigneusement fermées pour lui en défendre l'entrée^ et^ malgré sa sommation^ on s'obstina à ne les lui point ouvrir. Cette résistance, à laquelle il ne s'attendait pas, Tobligea d'avoir recours une seconde fois au lieutenant général ; mais, par respect pour le saint lieu, il ne voulut point qu'on y fît la moindre violence, et protesta qu'il se retirerait plutôt que de faire le moindre effort à la porte. Cependant il ordonna qu'on eût à l'ouvrir incessamment et qu'on la tint ensuite ouverte à toutes les heures accoutumées, afin que le peuple pût assister aux offices et à la prédication, et défendit de la tenir fennée dorénavant, comme si elle eût été interdite. On lui ouvrit enfin. Il alla au grand autel, où il fit la visite du Saint-Sacrement et célébra la messe.
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Après quoi il alla visiter la sacristie ^ ou il trouva toutes cbom en fort bon ordre.
0 À deux Iieures après midi^ il envoya son promoteur à la porte du monastère pour y déclarer aux religieuses que son dessein était de continuer sa visite ; mais le promoteur ne trouva personne à qui parler, en sorte qu'il fallut encore avoir recours au lieutenant général et se faire ouvrir la porte de force. Cependant^ après le premier effort fait à la petite grille et à la serrure, les portières Quvrirent et l'évoque entra ; il demanda aussitôt la clef de la porte et ordonna aux portières de lui remettre en même temps toutes celles des autres lieux réguliers du monastère , comme c'est la coutume dans les actes de visite. Enfin il leur eiyoignit, sous peine de désobéissance, d'aller trouver la prieure de sa part, pour Im enjoindre de venir elle-même lui rendre compte du monastère et recevoir ses ordres. Elles répondirent qu'elles ne donnaient pas les clefs, mais qu'elles les laissaient là ; et qu'à l'égard de M""" la prieure, elles ne savaient où elle était, et aussitôt elles prirent la fuite sans vouloir même signer leur déclaration, comme eUesen forent requises. Cependant , M. Bossuet commit la garde de la porte à un de ses ecclésiastiques, à Tbuissier du lieutenant général et à deux de ses domestiques. Il fit ensuite le scrutin et entendit les religieuses qui se présentèrent à lui, jusque sur les six heures du soir. Avant que de se retirer, on lui fit remarquer que la porte de clôture était fort endommagée, et que la fermeture même n'en était pas bien assurée ; qu'il était à craindre que s'il nonunait des officiers à qui il confiât les clefs , on ne les leur enlevât par force dès qu'il serait retiré; ce qui le ferait retomber dans de plus grands inconvénients encore que les premiers. Il ordonna donc que la serrure serait levée et raccommodée, et que la clôture serait fermée par le dehors avec une chaîne et un cadenas , dont il emporterait lui-même la clef.
» Le 4 mars, il retourna au monastère dès le matin, et y visita ceux d'entre les lieux réguliers qu'il trouva ouverts sans vouloir user de violence pour faire ouvrir les autres. Il continua ce jourlà lé scrutin des religieuses. Le lendemain , qui était le quatrième dimanche.de carême, il donna dans l'église abbatiale, le sacre-