LIVRE VUI. — GHAPITBE XYI
ment de confirmation à plosieurs personnes, et la sainte communion à celle des religieuses soumises gui voulurent commumer ce jour-là. Après la messe il publia une ordonnance par laquelle il interdit ceux des chapelains de Tabbaye gui avaient bit jusque là les fonctions de vicaire-général officiai^ vice-gérant ou promoteur de Tabbesse , et gui n'étaient point encore rentrés dans leur devoir à son égard. Néanmoins pour ne pas troubler les consciences, il laissa tout ce gue ces mêmes officiers avaient fait ùàm rétat où étaient les choses pour lors ; mais il défendit à Tabbesse et à tout autre offlcière de l'abbaye d'instituer à l'avenir les curés de Jou€u*re , ou de les mettre en possession avant gu'ils eussent reçu de Tévègue la cure des âmes. En conséguence, il déclara gue ce curé avait seul actuellement le pouvoir de prêcher et d'administrer les sacrements^ surtout celui de la pénitence, dans toute rétendue de la paroisse. Et à l'égard des confessions des reli«gieuses^ il défendit expressément à tous prêtres séculiers ou réguliers de les confesser et de les absoudre, sans une permission expresse et par écrit signée de sa main. Le soir, sur les deux heures^ il prêcha dans l'église abbatiale, et entra ensuite dans le monastère, où il donna aux religieuses en plein chapitre les avis qu'il crut nécessaires, sur leur situation présente.
x> Le lundi il publia sou ordonnance de visites, où il recommanda
extrêmement à celles gui s'étaient rangées à leur devoir, de se
comporter avec toute charité envers celles de leurs sœurs gui
étaient encore dans la désobéissance. 11 ordonna en même temps
que l'on rendit à la prieure l'obéissance gui lui était due en tout ce
qui ne serait point contraire à la visite gu'il venait de faire, tant
qu'il jugerait à propos de la tolérer dans sa charge, guoigue cette
dame fût coupable envers lui d'une désobéissance formelle, gu'èll^
Teût obligé d'employer jusgu'à deux fois l'aide du bras séculier
pour se faire ouvrir le monastère, et gu'elle n'eût jamais voulu
se présenter devant lui, ni permettre à celles gui lui adhéraient
de se présenter, quelque commandement gu'il leur en eût fait et
quoiqu'il l'eût cherchée plusieurs fois de tous côtés dans un
esprit de douceur, de paix, et de charité. Il défendit sous peine
d'excomniunicatioa à la prieure, et à toute autre constituée en
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dignité, ou simple religieuse, d'empêcher directement ni indireo tement celles qui s'étaient soumises^ d'avoir communication avec lui de vive voix ou par lettres. Enfin il enjoignit à la prieure, et à toutes celles qui lui adhéraient, de lui rendre promptement Fobéissance qu'elles lui devaient, à peine d'être procédé incessamment contre elles par toutes censures ecclésiastiques.
fi Ce fut là que se termina cette visite par laquelle M. Bossuet rentra dans l'exercice de sa juridiction épiscopale sur le monastère de Jouarre. Il partit le même jour après midi, et retourna à Meaux; mais il laissa à Jouarre M. Phelippeaux^ son grand vicaire^ avec tout pouvoir de donner en son nom les permissions nécessaires pour confesser celles qui auraient recours à lui et qui le reconnaîtraient pour supérieur. Il parait que cet ecclésiastique ne travailla pas en vain à la réunion parfaite des brebis avec leur pasteur. La prieure et six religieuses de son parti se soumirent le vendredi saint, et tout le reste se rendit le 1" avril suivant, veille du dimanche de Quasimodo. d