CHAPITRE XVIII
M** Gorauau^ en religion sœur Saint-Bénig:ne. — De 1686 à 1709.
Nous ne serions ni vrai , ni équitable , si nous laissions supposer que révêque de Meàux n'a exercé que des rigueurs envers les religieuses de son diocèse.
Au Bossuet foudroyant l'antique monastère de Jouarre^ au Bossuet passionné dans toute lutte ou toute affaire de parti , il convient ici d'opposer le Bossuet doux et bienveillant dans les relations communes de la vie. Les religieuses sont en général ses filles de prédilection. Pour quelques-unes d'entre elles il montre une patience ^ une bonté , disons plus , une tendresse maternelle qui contraste avec ses habitudes ordinaires. Il leur consacre un temps considérable^ lui qui connaît peu de loisirs; il les dirige avec une infatigable persévérance, les écoute, les console avec un abandon, une simplicité, un élan de cœur qu'on ne soupçonnerait pas dans un homme si appliqué aux plus grandes affaires. Ces femmes ont eu l'heureuse fortune, après avoir joui de ses conversations et de sa nombreuse correspondance, d'être enveloppées dans un des plis de son immortalité.
Le détail de la correspondance de Bossuet nous conduirait trop loin ; nous passerons sur les noms des dames de Maisonfort ' de
1 Mme de Maisonfort, amie de M™« de Maintenon et de Fénelon, entra en relation épistolaire d'abord, puis en conférences avec Bossuet, sur la question du quiétisme. L'évoque de Meaux éciaircit ses doutes, mais sans la détacher de l'archevêque de Cambrai. Cette correspondance doit être consultée pour l'entière connaissance de cette célèbre et triste controverse.