‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 228 sur 260 · LIVRE Vm. — CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE Vm. — CHAPITRE XX

aussi heureux que ceux dont nous avons parlée à propos des sermons. Il faut savoir gré à l'éditeur d'avoir enlevé ce badigeon de mauvais goût , pour nous laisser la pierre vive , Tœuvre telle qu'elle est sortie des mains de l'ouvrier.

Iles éditions.

Je loue Dieu de ses bontés pour TOUS. Vous êtes contente de Jouarre^ et à Jouarre on l'est de vous *.

Allez toujours votre train avec Dieu. . . sans TOUS détourner d'un seul pas; Dieu le veut ainsi '.

Ne faites aucun effort de tôte^ ni même de cœur, pour vous unir à

votre Epoux Ouvrez tout votre

cœur à l'Epoux, qui- ne veut que jouir. 0 quel admirable secret ! Est-il possible qu'un Dieu fasse de telles choses en sa faible et vile créature? Qu'il agisse en maître tout-puissant, puisque c'est un maître si plein d'amour *.

Calmez- vous, ne vous agitez pas davantage *.

Je prie Dieu qu'il vous soutienne dans cette profonde tristesse que vous éprouvez *.

Je crois sans hésiter que vous ferez une chose beaucoup plus agréable à Dieu de vous tenir où vous êtes, jus- ^'à ce qu'il vous fasse connaître plus clairement sa volonté sur votre désir de la religion •.

Vous ne devez point attendre le calme pour faire votre retraite ; Dieu agit dans le trouble quand il lui plaît. La communion journalière doit être votre soutien : dévorez, absorbez, engloutissez, soûlez- vous de ce pain divin'.

Donnez toute votre substance pour acquérir son amour, et qu'il soit toute votre substance. Ecoutez-le lorsqu'il traitera du sacré mariage avec vous^.

LES HANUSCRITS.

Je- loue Dieu de ses bontés. Vous êtes contente de Jésus-Christ, et Jésus- Christ est content de vous (a) .

(a) Var, : L'est de vous.

Allez toujours votre train avec Dieu, sans vous détourner d'un pas : Dieu le veut.

Ne faites aucun effort de tète, ni

même de cœur, pour vous unir

Ouvrez tout à l'Epoux , qui ne veut que jouir. 0 quel admirable secret !

Est-il possible qu'un Dieu fasse de telles choses en sa créature? Qu'il agisse en maître, puisque c'est un maître si plein d'amour.

Âccoisez-vous.

Je prie Dieu qu'il vous soutienne dans cette profonde tristesse.

Je tiens sans hésiter beaucoup plus agréable à Dieu de vous tenir où vous êtes, jusqu'à ce qu'il vous fasse connaître quelque chose de plus sur la religion.

Vous ne devez point attendre le calme {a) pour votre retraite. Dieu agit dans le trouble quand il lui plaît. La communion journalière doit être votre soutien. Dévorez, absorbez, engloutissez, soùlez-vous.

(a) For. ; De calme.

Donnez toute votre substance pour l'amour; qu'il soit toute votre substance. Ecoutez-le lorsqu'il traitera votre sacré mariage (a) .

(a) Var, ; Le sacré mariage avec vous,

^Jbid.j p. 568. Ce singulier contre-sens vient de ce que les copistes ont écrit le saint nom ^^ Jésut-Christ en abrégé, par deux petites lettres. — * Ibid., p. 569. — a Ibid., p. 590. — * tàid., p. 593. — »iWd., p. 595. — « Kdit. de Vers., vol. XXXVIII, p. 630. — » Ibid., p. 634 "-'i6ûi.,p. 635. (Voyez déplus les remarques de M. Lâchât, tomes XXVII, XXVIII et suiv.

Quoique les sept à huit cents lettres qui ont été publiées forment déjà une collection considérable, on ne peut douter qu'un grand nombre n'ait subi les ravages du temps , ou ne se soit perdu par la négligence de Tévêque de Troyes, plus d'un demi-siècle s'étanl écoulé entre la mort de Bossuet et la publication de sa correspondance.

a Ce n'est pas^ dit M. de Bausset, le phénomène le moins extraordinaire de la vie de Bossuet, que celui que présente la correspondance d'un tel évêque, qui consent à s'arracher aux études et aux travaux de tous les genres qui remplissaient tous ses moments, pour s'entretenir, avec de simples religieuses, des peines, des scrupules, des inquiétudes , et de toutes les recherches délicates et quelquefois minutieuses, qui agitent si souvent ces âmes pieuses, sensibles et craintives. On ne sait comment concilier le temps que cette correspondance a dû demander à Bossuet, avec celui qu'ont exigé de sa part tous les ouvrages qui sont restés de lui , et tant d'affaires importantes , où il a joué un si grand rôle.

» Mais ce qui étonne encore , ou plutôt ce qu'il faut admirer avec un respect religieux , c'est le sentiment inaltérable de patience, d'indulgence et de bonté, qui respire dans toutes ses lettres. Elles le montrent sous un point de vue, qui semble avoir échappé aux regards de la postérité accoutumée à ne contempler Bossuet qu'au milieu des éclairs du génie et des éclats de la foudre.

» Ces lettres peuvent encore donner lieu à d'autres considérations, étrangères peut-être aux gens du monde, mais qui peuvent n'être pas sans utilité pour ceux que leur profession et une vocation particulière appellent à la direction des âmes. On y trouve . une multitude de décisions précises et exactes sur des doutes et des difficultés qui arrêtent souvent les ecclésiastiques les plus éclairés et les plus familiarisés avec cette partie de leur ministère. On y voit jusqu'à quel point Bossuet possédait la science et l'esprit de la religion , non- seulement dans son ensemble et dans le vaste développement de toutes les questions qu'elle peut faire naître , mais encore dans les plus petits détails de ces questions

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