LIVRE VIII. — CHAPITRE XX
donner : au contraire il la rassurait contre la crainte qu'elle en avait avec une bonté et des manières aussi honnêtes, comme si elle eût été personne de distinction. Il voulait qu'elle agit avec* lui comme avec im père, et qu'elle lui dit simplement ses vues y même par rapport à lui ; il disait : ce II faut tout écouter y et retenir pour soi ce qui convient et ce qui est bon. »
9 Quelquefois il ne répondait pas d'abord aux questions que cette personne lui faisait; mais il lui mandait simplement : « Ma fille. Dieu ne m'a rien donné sur vos questions; quand il me le donnera, je vous le donnerai; » et souvent dès le lendemain il lui envoyait ce qu'elle lui avait demandé^ en lui mandant : a Le céleste Epoux , ma fille , a pourvu à ma pauvreté y et dès cette nuit il m'a donné ce que vous me demandez ; je vous l'envoie comme venant de cette divine source. » Il ne cessait d'imprimer dans l'esprit de cette personne de recevoir ses instructions , non comme venant de lui, mais comme lui étant données d'en haut. Il ne s'attribuait assurément aucune chose, et son humilité là -dessus était excessive : c'est ce qui a fait que l'on a si peu connu son élévation dans Voraison, dans l'amour de Dieu, dans toutes les voies les plus subUmes, et ses rares talents dans la conduite des âmes^ qu'il ne laissait paraître c[u'à ceux qui en avaient besoin ^. »
* Voyez tome XXVII, page 425.