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VALEUR THÉOLOGIQUE DE LA DÉCLARATION GALLICANE

Lettre pastorale à son clergé^ par Henry Edward^ archevêque de Westminster.

« Les mêmes faits sont en outre confirmés par l'allocation d'Innocent XII et les brefs de Clément XI ^ en date du 15 juin et du 31 août 1706. Mais j'en ai assez dit et ne veux ajouter que les trois faits suivants :

« En premier lieu^ dans la constitution Amtorem fidei. Pie VI condamne le synode de Pistoie pour avoir incorporé dans ses décrets les quatre articles gallicans^ spécialement parce qu'ils avaient déjà été condamnés par l'autorité pontificale; il déclare que l'insertion de ces articles dans le synode était « téméraire^ scandaleuse et tout à fait injurieuse pour le Saint- Siège *. »

» En second lieu^ H est certain que l'illustre évéque de Meaux n'a évité une censure explicite^ pour la part qu'il a prise aux quatre propositions de i 682^ que grâce à l'indulgence bénigne et paternelle du Saint-Siège^ comme nous le verrons bientôt.

» Troisièmement^ on doit se rappeler que^ loin de considérer le gallicanisme comme une opinion ouvertement reconnue^ et qu'il fût permis aux catholiques et aux théologiens de professer et d'enseigner^ il a été question de savoir si ceux qui défendaient les quatre articles après les condamnations répétées des Pontifes, étaient en état de recevoir l'absolution sacramentelle. « N.^ confesseur en France, demande s'il peut et s'il doit absoudre les ecclésiastiques qui refusent de se soimiettre aux condamnations prononcées par le Saint-Siège des quatre fameuses propositions du clergé gallican. » Voici la réponse : «Après avoir mûrement pesé la question, la sainte Pènitencehe se décide à déclarer que, bien que les propositions adoptées par l'assemblée gallicane en 1682 aient été réellemeut condamnées par le Saint-Siège, qu'elles aient été ensuite abrogées et déclarées nulles et non avenues, comme aucune note de censure théolo-

* Multo fortius exigit a nobis pastoralis sollicitiLdo recentem horum factam in Synodo tôt vitiis affectam adoptionem, velut temerariam, scandalosatrij ac prœsertim post édita TprœdÎBcesgorum nostrorum décréta, huic ApostoUcœ Sedi summo opère tn* Juriosam, reprobare ac damnare. — Gonst. Pie VI. Atutorem Fidei, s. L. xxxy.

gigue ne les a frappées, rien n'empêche de donner l'absolution sacramentelle aux prêtres qui^ de bonne foi et dans la persuasioîi de leur esprit, adhèrent aux doctrines contenues dans cette déclaration. — Rome^ 27 septembre 1825 *. »

» On peut en conclure deux choses. La première est que si une note de censure avait frappé ces propositions^ on ne pourrait les professer sans commettre de péché. La seconde est que la bonne foi est exigée pour absoudre une personne de la faute d'avoir des opinions condamnées par le Saint-Siège, bien qu'elle n'ait pas encouru la censure théologique.

» Telle est l'histoire de l'origine et de la condanmation immédiate des opinions gallicanes. Elles n'avaient aucune tradition antérieure, aucune racine dans la théologie de la grande Eglise de France. Le cardinal d'Àguirre a surabondamment démontré que les saints, les docteurs, les évêques et les écoles de France avaient toujours enseigné une doctrine identique à celle de l'Eglise des autres pays relativement à la suprématie et à l'infaillibilité de la chaire et du successeur de saint Pierre.

» Le gallicanisme de 1682 était une faible imitation du préambule de la vingt-quatrième année du règne de Henri YI1I, époque à laquelle s'est accompli le schisme anglican. Les quatre articles furent imposés par décret royal aux universités et aux écoles, et ils continuèrent à infecter l'enseignement en France jusqu'à la un du siècle dernier, imitant en cela ces humeurs malsaines qui circulent lentement dans le sang. Mais le terrible ch&timent de la grande Révolution les expulsa définitivement, ainsi que d'autres maladies engendrées par la comiption royale et séculaire de la vieille monarchie française. Les actes de 1682 furent remplacés par les articles organiques, et la hiérarchie et le clergé de France ont appris, par un terrible et glorieux conflit, à s'appuyer sur le seul rocher de la vérité et de l'unité ecclésiastique.

)» Çà et là, de temps en temps, l'esprit gallican a pu se montrer de nouveau, mais sous une forme mitigée et plus tempérée. La Révolution de 1830 passa encore sur l'Eglise de France. Rejetée par l'Etat, eUe s'appuya définitivement sur le Saint-Siège; et, bien que des influences royales ou impériales aient parfois tenté d'égarer l'esprit de quelques prélats distingués^ la hiérarchie françabe a la première rendu un noble témoignage à la suprématie, à l'infaillibilité et à la souveraineté de la chaire et du successeur de saint Pierre. L'EgUse actuelle de France est en harmonie parfaite avec la théologie de ses anciens conciles et docteurs *, avec celle de

A Scmini, Theol. moral, univ., tom. IV, p. 297-8, éd. Milan, 1865.

' Pierre de Marca, archevêque de Paris, parlant des Jésuites qui avaient publiquement défendu l'infaillibilité du Pontife romain, s'exprime ainsi : « Telle est la seule opinion enseignée en Espagne , en Italie et dans toutes les autres provinces de la

NOTES Et PIÈCES JUSTIFICATIVES. 4Ô3

saint Bernard^ de saint Anselme, de saint Thomas et de saint Bonaventure, qui avaient fait leurs études dans ses écoles, et surtout de l'ancienne Université de Paris, où le gallicanisme était inconnu, jusqu'à ce que Gerson en eût répandu les premières semences, au quinzième siècle.

j> Le courant de la tradition catholique est trop profond et trop fort chez ce grand peuple pour être détourné par un obstacle aussi faible. Sa marche a été troublée pour un moment; mais le gallicanisme a disparu, englouti par le retour à Tancienne et droite croyance. Les prélats français sont aujourd'hui aussi peu soucieux de retourner aux quatre propositions de Bossuet que les astronomes ne le sont d'en revenir au système de Ptolomée. Le monde a marché en avant, et l'Eglise s'est affranchie de la servitude d'un patronage royal. La voix qui avait répondu au nom de tout Tépiscopat français quand Pie IX l'a appelé à lutter avec lui pour les

chrétienté ; en sorte que l'autre, désignée sous le nom d'opinion de l'Ecole de Paris, doit être rangée dans les catégories des opinions tolérées... L'autorité, pour prononcer une sentence infaillible dans toutes les questions de foi, est réservée au Pontife suprême, du consentement de toutes les Universités, à l'exception de l'ancienne Sorbonne, » c'est-à-dire à l'époque où Gerson commença à répandre les semences de la doctrine contraire. De Marca ajoute : « La majorité des docteurs , non-seulement en théologie, mais encore en jurisprudence, adhère à l'opinion commune, comme s'appuyant sur des fondements plus difficiles à détruire et tourne en ridicule l'opinion de la Sorbonne. » Gonzalez , De Infall. Roman. Pontif., disp. XVII , § 2. Aguirre, Defensio Gath. S. Pétri, disp. YII, § 1,2, 3. La même thèse est surabondamment prouvée par Soardi, De supremâ Rom. Pont. Auct. Prœf. VIII, IX.

Neque quemquam alium e Theologis Parisiensibus alicujus nominis allegatum invenio pro eadem opinione, saltem ex iis qui scripserunt usque ad initium hujus saeculi , quin et Theophilus ipse loco citato , puncto II initio . testatur, demptis iis pœuciê, nimirura, Gersone, Petro Ailiacensi, et Jacobo Almaino, caeteros pêne omnes dicere, definitiones Pontificum in iis quaestionibus esse fide divina certas. — Aguirre, Def. Cathed. S. Pétri., Tracl. I, Disp. VII, § 9.

Nullus enim eousque, nisi forte heterodoxus aut schismatîcus, invenitur, qui auctoritatem infallibilem negaverit Romano Pontifici, quoties ex cathedra sedis Apostolicse définit aliquid, tanquam credendum ab omnibus fidelibus circa fidem aut mores, ut diserte ostendit Ruardus Tapper, Orat. 3. Theologica Golumna 8, pag. mihi 339, ubi testatur opinionem contrariam fuisse noviter introductam a quibusdam Parisiensium, contra doctrinam veterum omnium scriptorum, qui Romani Pontificis judicium in quœstionibus fldei esse prorsus infallibile concorditer ex Scripturis tradunt. Itaque allegatione praedictorum , sive Patrum Galliae, sive Gonciliorum, sive Theologorum Parisiensium, et quorumlibet aliorum antiquiorum Concilio Constantiensi supersedeo, ne actum agam. — Ibid. § 13, ad fin.

« Cette idée nouvelle, qui représente un ordre de choses diamétralement contraire à ce que le mot exprime, puisque, en réalité, sous le nom pompeux des libertés de TEglise gallicane se cachait l'oppression la plus tyrannique de cette même Eglise par le pouvoir civil, est éclose en France dans le seizième siècle. Le véritable noyau de ces prétendues libertés , c'étaient ces mêmes tendances schismatiques que nous avons déjà signalées, formulées en maximes législatives, auxquelles on avait ajouté quelques particularités réelles ou imaginaires de la discipline ecclésiastique de France . — Phillips, Du Droit Eccl.^ tom. III, p. 194.

droits et les libertés de la chaire de Pierre^ et quand il a. de nouveau adressé au monde l'Encyclique et le Syllabus de 1864^ est une preuve de l'adhésion profonde des évêques de France aux suprêmes prérogatives du Vicaire de Jésus-Christ^ que le monde désigne sous le nom d'ultramontanisme.

» Et maintenant^ pour que Ton ne croie pas que ce qui précède ne touche pas à nos besoins actuels et à notre devoir^ je dois ajouter les motifs qui m'ont engagé à traiter ce sujet. Le premier est qu'une croyance pleine et entière à l'autorité de la foi est essentielle à la mission de l'Eglise, surtout en Angleterre; l'autre^ que la convocation d'un concile général fait de ce sujet une actualité^ pour des raisons que j'essaierai plus loin de vous développer.

» Il est certain que l'action de la vérité catholique sur l'Angleterre a ètè affaiblie par les opinions gallicanes. Bien qu'il soit yrai et évident que les gallicans soutiennent l'infaillibilité de l'Eglise^ néanmoins l'inconsistance de leurs théories, leur incompatibilité avec l'action complète et l'attitude du Saint-Siège, et les divisions qu'elles ont introduites parmi les catholiques, ont diminué l'efficacité de la théologie catholique sur l'opinion publique de ce pays. Malgré sa fausseté, l'argument : « Quelle est l'utilité de l'infaillibilité, si tous ne savez pas où elle réside? » a suffi pendant deux siècles pour amoindrir la force d'un argument sur lequel ultramontains et gallicans étaient d'accord. Il j a un an, nous en avons eu une preuve : on arguait de la position de Bossuet pour justifier le rejet de l'unité et de Tinfaillibilité de l'Eglise universelle. Tant qu'on laissera passer sans les censurer ces restes de la théologie de quelques courtisans français, nous nous exposerons à cette réplique mal fondée, mais populaire.

» Je sais bien que le gallicanisme n'a point trouvé place parmi nous. Il n'existe dans aucun de nos collèges, ni dans notre clergé séculier ou régulier. Les fidèles d'Angleterre sont unis au Saint-Siège de cœur et d'âme. Il n'y a entre lui et eux aucun droit national ou mondain qui puisse rompre ces liens. La foi qui gouverne l'Eglise cathohque d'Angleterre se compose explicitement ou implicitement de la conception la plus haute, la plus pure, la plus vraie, de l'office de l'Eglise et de son Chef, comme étant le canal de la foi désigné par la main divine pour diriger tous les hommes dans la voie du salut. La Réforme lui a dérobé une multitude d'âmes qui devraient être ses enfants ; mais elle l'a du moins délivrée des traditions personnelles, locales, nationales et séculières qui infectent et aflFaiblissent le ton et l'esprit de plusieurs pays catholiques. L'Angleterre et l'Irlande doivent surtout porter devant tous témoignage en faveur de la vérité cathohque, la plus pure et la plus vraie.

» Plus nous agirons dans ce sens^ mieux le peuple anglais nous écoutera, n n'a aucune sympathie pour les accommodements ou les compromis. La Térité franche , droite et ferme comme une barre de fer peut seule gagner sa confiance. Si nous croyons que l'Esprit saint de Dieu nous guide et nous parle par Tintermêdiaire de l'Eglise^ qui donc nous fera entendre sa voix, si ce n'est le Chef de l'Eglise, en qui repose la plénitude de l'autorité ? On peut donc juger de la relation intime de cette question avec les parties les plus profondes et les plus vitales de la religion, par ce fait qu'elle appartient au sujet de la foi divine. L'infaillibilité de l'Eglise est le médium ordinaire par lequel nous connaissons l'objet matériel, c'està-dire la doctrine de la foi divine. Il est donc de la plus haute importance que nous comprenions clairement quel est le médium choisi par Dieu pour la promulgation et la perpétuité de sa révélation. Les droits de l'Eglise et les prérogatives de son chef chargé de l'enseigner entrent donc directement dans le sujet de la foi. Ce ne sont pas seulement des questions ecclésiastiques ni, comme on le dit souvent, des questions coni^ titutionnelles ou externes. Elles embrassent la certitude avec laquelle nous savons ce que Dieu a révélé ; il en résulte que si, sous un rapport, elles peuvent faire partie du traité Le Ecclesia, elles appartiennent intrinsèquement au traité Le Pide Bivina.

y> C'est la violation de cette économie divine qui a permis au flot de l'erreur d'envahir notre pays. C'est le rétablissement de cette économie divine dans l'intelligence et la conscience des hommes qui le remettra dans le sentier de la vérité. Ne nous imaginons donc point que ce sujet soit en dehors de notre œuvre pastorale, ni que nous puissions prêcher la vérité ou guider les âmes avant d'avoir clairement et fermement compris la conduite divine pour la révélation et la perpétuité de la foi en Jésus-Christ.

» J'ai d'autant plus jugé utile dem'étendre à ce sujet, que la condamnation du gallicanisme par l'autorité, bien que connue de ceux qui étudient publiquement notoire à l'époque de l'événement , parait oubliée de nos jours. On croit que c'est une opinion probable et très-honorée à un certain moment, remontant à une haute antiquité et protégée par des noms illustres. L'esprit épiscopalien du protestantisme anglais a fait accepter cette opinion dans ce pays et il a avec elle beaucoup d'af&nité. L'opinion qui limite la prérogative d'infaillibilité à saint Pierre et la refuse à ses successeurs est, comme le fait observer Orsi ^, sœur de celle qui admet la primauté de saint Pierre et nie celle de ses successeurs. La conséquence de cette dernière opinion est d'introduire l'anarchie au lieu de

1 De Rom. Pont. Auctoritate, tom. II, 337*

l'ordre. La conséquence de la première est de remplacer la certitude par le doute. L'ordre divin a réuni sur la même personne la suprématie de la yérité et celle de la juridiction et de la tradition des Pères et des conciles ; il est évident que l'Eglise entière a cru le successeur et le siège de Pierre non- seulement suprême en puissance^ mais encore infaillible en matière de foi.

y> C'est sur cette base que les décrets et déclarations des Pontifes, enseignant ex cathedra, obligent l'Eglise universelle, non-seulement à une soumission extérieure, mais encore à un assentiment intérieur. Sfondratus exprime ainsi cette vérité :

<i Le Pontife agit tantôt comme homme , tantôt comme prince , tantôt comme docteur , tantôt comme pape, c'est-à-dire comme chef et fondement de TEglise ; et c'est seulement à ces derniers actes que nous attribuons le don d'infaillibilité. Les autres, nous les laissons à sa condition humaine. Ainsi donc, comme tous les actes du Pape ne sont point pontificaux, tous les actes du Pape ne jouissent pas du privilège pontifical.

» Or c'est agir pontificalement que de parler ex cathedra y ce qui n'est dans la compétence d'aucun autre docteur ou évêque *. »

» Grégoire de Valence nous enseigne que : « Aussi souvent que ^e Pontife romain se sert, dans la définition des questions de foi , de l'autorité dont il est investi, le jugement qu'il rend comme article de foi doit être, par précepte divin, reçu comme tel par tous les fidèles. Et l'on doit croire qu'il emploie cette autorité toutes les fois que dans les controverses religieuses il émet une opinion de manière à obliger TEglise entière à la recevoir '.

» On doit dire précisément la même chose du Pontife romain , toutes les fois qu'il parle de la chaire de Pierre à toute l'Eglise et lui exphque, comme suprême docteur, ce qui doit être cru comme doctrine catho- j lique et ce qui doit être rejeté conmie fausseté hérétique ; quel ensei-

i Quid sit Pontificem e Cathedra docere.

Pontifex aliqua facit ut home, aliqua ut Princeps, aliqua ut Doctor, aliqua ut Papa, hoc est, ut caput et fundamentum Ecclesise : et his solis actionibus privilegium iafallibilitatis adscribimus : alias humanae conditloni relinquimus : sicut ergo non omnis actio Papae est Papalis, ita non omnis actio Papae Papali privilegio gaudet.

« Hoc ergo est, pontificem agere, et e Cathedra loqui, quod nulli doctorum aut episcoporum convenit. »— Sfondrati Regale Sacerdotium, lib. III, sec. I.

s Quotiescumque Romanus Pontifex in Fidei qusestionibus definiendis, illa qua est prseditus auctoritate utitur, ab omnibus fidelibus tanquam doctrina Fidei recipi divino prœcepto débet ea sententia, quam ille decernit esse sententiam Fidei. Toties aulem eum ipsa auctoritate uti credendum est, quoties in controversia Fidei, sic alterutram sententiam déterminât, ut ad eam recipiendam obligare velit universalem Ecclesiam. — Grec, de Val., disp. V. q. I. De Qbjectia Fidei, p. vu. q. 6. .

gnement doit être accepté comme sain , que Ton doit rejeter conmie pernicieux; et toutes les fois qu'en sa qualité de pasteur universel^ U désigne au troupeau qui lui a été conûé par le Christ , d'une main les champs où fleurissent les vertus qui doivent les conduire à la vie éternelle^ et de l'autre les champs empoisonnés parles vices qu'il suffirait seulement de goûter pour être plongé dans la mort étemelle.

» Nous allons donc dans ce traité démontrer et prouver par divers arguments, comme un fait certain^ que le Pontife romain ne peut errer quand il s'adresse de la chaire de saiut Pierre à l'Eglise universelle connue maître commun et juge suprême de questions appartenant à la foi et à la morale. Car pour nous^ il parait évident ou qu'une assemblée ne possède pas de juge suprême^ ou que cet offlce revient de droit à son président; de sorte^ qu'en fait^ il n'est pas moins certain 'pour nous que le Pontife parlant ex cathedra à l'Eglise entière ne peut pas errer^ que nous sonunes certain de la suprématie du Pontife sur toute l'EgUse *. »

» Suarez n'est pas moins explicite :« Toutefois c'est une vérité catholique que ce qui est défini par le Pontife ex cathedra est la règle de la foi^ quand il propose avec autorité à toute l'Eglise quelque chose, comme devant être cru de la foi divine ; tel est l'enseignement de tous les docteurs catholiques à cette époque, et c'est, je crois, un article certain de foi. Mais ledit Roger s'est avisé de répondre soit à cette définition ( celle de Boniface VUI, in Extrav. Vnam $anctam De Major, etc. ) soit aux autres décrets pontificaux, qu'il n'est pas certain de fide que le Pontife ne puisse errer dans ses définitions sans un Concile général. Sa réponse est nonseulement téméraire à l'excès, mab encore erronée; car, bien qu'autrefois quelques docteurs catholiques aient pu douter ou errer en ceci sans opiniâtreté, il y a aujourd'hui dans l'Eglise un accord si constant et

1 Idem prorsus de Romano Pontifice dicendum est, quoties è Cathedra Pétri totam Ëcclesiam alloquitur, eique ceu supremus Doctor exponit, quid tanquam Gatholicum dogma credere debeat, quid tanquam hsretjcum figmentum vitare : quam doctrinam amplecti ceu sanam, quam cavere ceu noxiam : et quoties, pro universalis Pastoris officio, commissis a Ghristo sibi ovibus salubria bine demonstrat pascua virtutum, ut ad immortalem iis vitam alantur; venenifera inde vitiorum, ne ils degustandis sempiternam sibi mortem conciscant.

Juxta hune itaque sensum probandum statuendumque nobis in. hac Tractatione omni argumentorum génère est, tanquam omnino cerdum, Romanum Pontificem, dum ë Cathedra Pétri universam Ecclesiam , ceu communis Magister, et supremus quaestionum ad mores atque fldem spectantium Judex alloquitur, errare neutiquam posse. Evidens namque nobis apparet, vel nullum in aliquo cœtu supremum Judicem esse, vel hoc munus ad eum, qui toti praeest cœtui, pertinere; ut sane non certum minus nobis est, Pontificem è Cathedra toti Ecclesi» loquentem sacrare non posse, ac certum sit, Pontificem toti Ecclesiœprasesse.— Gonzalez, de /n/alIi5iIitote/{om.Pon^, Disp. I. sect. I.

un sentiment si unanime des écmains catholiques sur cette vérité, qu'il n'est nullement permis de la mettre en doute ^ »

^ Nihilominus veritas Gatholica est, Pontificem definientem ex Cathedra esse regulam fldei, qu» errare non potest^ quando aliquid authenticè proponit univers» Ecclesise, tanquam de fide divinâ credendum; ita docent hoc tempore omnes Gatholici doctores, et censeo, esse rem de fide certam. — Scàrez, Disp.Y. de Fide, sect 8, n. 4.

At vero tam de hac definitione (Bonifacii VlII, in Extravag. « Unam Sanctam, » « De Major, » etc.) quam de alils decretis Pontificum ausus est dictus Rogerus respondere, non esse de fide certam, Pontificem definientem sine Concilie Generali non posse errare. Sed est responsio, non solum nimis temeraria, sed etiam erronea : nam licet olim fortasse aliqui Doctores Gatholici sine pertinacia in hoc dubitaverint, vel erraverint, jam vero tam est constans Ecclesis consensus, et Gatholicorum scriptorum concors de hac veritate sententia, ut eam in dubium revocare, nullo modo licat. — SuÀREz, De Fide, disp. XX, s. 3. num. 22.

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