‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 81 sur 260 · LIVRE VII. » GHAPITBB X · texte numérisé non relu

LIVRE VII. » GHAPITBB X

Voici comment M. de Maistre résume ses appréciations sur la matière :

a Les quatre articles présentent, sans contredit, l'un des plus tristes monuments de l'histoire ecclésiastique. Ils furent l'ouvrage de l'orgueil, du ressentiment, de l'esprit de parti, et, par dessus tout, de la faiblesse, pour parler avec indulgence. C'est une pierre d'achoppement jetée sur la route du fidèle simple et docile : ils ne sont propres qu'à rendre le pasteur suspect à ses ouailles, à semer le trouble et la division dans l'Eglise , à déchaîner l'orgueil des novateurs, à rendre le gouvernement de l'Eglise difficile ou impossible ; aussi vicieux par la forme que par le fond , ils ne présentent que des énigmes perfides , dont chaque mot prête à des discussions interminables et à des explications dangereuses ; il n'y a pas de rebelle qui ne les porte dans ses drapeaux. Pour achever de les caractériser, il suffit de rappeler combien ils furent chers au terrible geôlier de Pie Yll, qui mit naguère en péril toutes les libertés de l'Europe, et qui se signala surtout par une haine implacable contre la hiérarchie catholique, a Avec le u* article , » disait-il (ceci est parfaitement sûr), a je puis me passer du Pape. » 11 ne se trompait pas; et tout en blâmant ses fureurs, il faut admirer sa perspicacité.

a La défense de ces articles ne saurait être meilleure que les articles mêmes. Qu'un grand prince l'ait commandée comme une montre ou un carrosse, c'est un malheur. Qu'un homme fameux ait dit : a Me voici! » c'est un autre malheur plus grand que le premier. Mais peu importe à la vérité qui n'a point de souverain * »

* De VEglise galHcane, Ut. II^ chap. ix.

152 HISTOnUB DE B0S80BT.

Page 1