‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 83 sur 260 · UYRE VU. -- CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

UYRE VU. -- CHAPITRE XI

Le cardinal PignateUi ayant succédé à Alexandre YIII, sous le nom de Innocent XII, parut, a dès le commencement de son pontificat, dans les dispositions que la France pouvait souhaiter ; et il en assura le roi par un bref de sa main.

» On reprit la négociation sur les termes qui devaient former le projet de la lettre qui devait être écrite à Sa Sainteté par les évèques nommés qui s'étaient trouvés à l'assemblée de 1682. Le roi voulut bien que ceux qui n'y avaient pas assisté , reçussent dès lors leurs bulles; et Ton convint qu'elles ne seraient plus refusées aux autres, après qu'ils auraient écrit à Sa Sainteté la lettre dont il s'agissait de concerter le projet.

B Toutefois plusieurs discussions prolongèrent encore cette négociation, malgré le désir égal que l'on avait des deux côtés de la conduire promptement à sa fin ; mais tous les points de la lettre des évêques se trouvèrent enfin réglés au mois d'août 1693; et elle fut envoyée à Sa Sainteté, le 14 septembre, signée de tous les prélats nommés qui avaient assisté à l'assemblée de

x> Les termes de cette lettre étaient ménagés de manière qu'elle ne pouv£dt être considérée que comme un témoignage de la douleur que ces évêques avaient ressentie , en apprenant les préventions où le Pape était entré à leur égard , à l'occasion de ce qui s'était passé dans l'assemblée tenue à Paris en 1682. Ils n' avouaient pas que ces préventions fussent bieq fondées , et ils se bornaient à marquer a que tout ce qui avait pu être censé décrété sur la puissance ecclésiastique dans ladite assemblée, devait être tenu pour non décrété , et qu'ils le tenaient pour tel ; que de plus, ils tenaient pour non délibéré tout ce qui avait pu être censé y avoir été délibéré au préjudice des droits des Ëglises, leur intention n'ayant pas été de faire aucun décret, ni de porter préjudice aux autres Ëglises. j>

Ce récit du cbancelier d'Aguesseau est digne d'un fervent disciple de Jansénius et de Talon. Pour juger de son exactitude, il

qui sont à Saint-Germain ou à Fontainebleau , et qui aboyent ou se taisent, selon que le roy donne du cor.

est nécessaire de rapporter la lettre des évâciueS; qui avait été l'objet de plusieurs conférences.

» Les notes manuscrites de Tabbé Fleury nous apprennent que trois projets de la lettre des évêques au Pape furent présentés et soumis à Texamen des archevêques de Paris, de Reims^ du coadjuteur de Rouen (Colbert) et de Bossuet. Un de ces projets fat adopté , et ce fut à peu de chose près celui que Bossuet avait approuvé et corrigé.

0 II eût été à désirer que Tabbé Fleury eût fait connaître avec plus de précision ce qui appartient véritablement à Bossuet dans le projet de la lettre des évêques au Pape. Il est vraisemblable qu'il ne s'attacha qu'aux expressions les plus essentielles^ et qa'il se montra assez indifférent sur les formules de respect et de soumission^ que les circonstances , Tamour de la paix et les sentiments que l'Eglise de France a toujours professés , demandaient pour le Saint-Siège ^ d

Voici cette pièce que Bossuet interprétera d'une façon assez étrange :

<t Au milieu de la joie que ressent toute l'Eglise^ et pendant que tous les chrétiens ressentent les heureux fruits de l'ayénement de Votre Sainteté, et trouvent dans le sein de sa clémence un accès facile, rieu ne pouvait nous être plus amer, dans Tétat où nous nous trouvons, que de nous voir fermé jusqu'à présent l'accès 'auprès de Votre Sainteté et notre rentrée en grâce. Ayant parfaitement connu (pie la raison en était de ce que nous avions pris part aux assemblées du clergé de France, tenues à Paris en i682, prosternés aux pieds de votre béatitude, nous 'grQfe%m'n& et déclarons que, du fond du casur , et avec une douleur qui surpasse toute expression , nous sommes affligés de tout ce qui a pu déplaire à Votre Sainteté et à ses prédécesseurs, dans les délibérations de cette assemblée. Ensuite nous déclarons tenir pour non décrété et non avenu tout ce qui a pu être décidé contre la puissance ecclésiastique et l'autorité des Pontifes romains. De plus, nous tenons comme non délibéré tout ce qui a pu l'être, an préjudice des droits des Eglises. Car notre intention n'a jamais été de rien décider de ce qui pouvait porter préjudice aux dites Eglises. En sus, comme gage de la profonde soumission et de la parfaite révérence que nous professons envers Votre Sainteté , nous nous empresserons de nous

> Bausset.

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