LIVRE Vn. — CaËÀPlTRE n
lége de Navarre une pareille > conçue en mêmes termes^ le 44 du mois de juin dernier.
Pour la troisième^ gui donnait a cette infaillibilité tant pour les questions de fait que celles de droit , » le P. Annat prétendait qu'elle ne devait s'entendre que des faits impliqués dans le droite comme l'expliquait l'évêque d'Àleth, qui, avant que d'être janséniste, obligeait à signer le formulaire en conscience^ assurant que, a quoique la constitution d'Alexandre tombât autant sur le fait que sur le droite on pouvait dire néanmoins que cette question de fait est tellement jointe à celle du droit qu'il semble dangereux d'en faire la séparation. » 11 déclarait que c'était le sentiment du clergé en l'assemblée de 4655 et 4660^ où , pour retran* cher les évasions des jansénistes sur le formulaire , il fut arrêté que cette maxime n'avait pas de lien aux questions de fait qui sont inséparables des matières de la foi. Ainsi ce fracas que firent les jansénistes sur la thèse fut arrêté par Texplication du P. Annat.
Il est vrai qu'ils avaient raison d'en faire du bruit , car leur parti était détruit par ces deux maximes y dont la conséquence était évidente^ que la décision de l'Eglise sur leur condamnation était de foi pa^ le fait inséparable du droit en cette controverse. Que ne remuèrent -ils point aussi pour rendre cette thèse odieuse? et que ne fit point ce nouveau converti, l'abbé de Bourseys, pour aigrir l'esprit de son nouveau patron^ le contrôleur général des finances, sur l'explication du P. Annat, lui disant que tout serait perdu si, dans les propositions suspectes d'erreur, on écoutait des explications, car tout pouvait s'expliquer , et qu'il n'y avait point de proposition mauvaise qui ne pût être susceptible d'un bon sens par le tour qu'on pourrait lui donner. Ce que cet abbé dit au ministre son patron, on dit le même aux deux autres et peut-être davantage. Les jansénistes, sous le nom des curés de Paris, ou les curés joints aux jansénistes, firent courir un écrit qui portait pour titre : Factum des curés de Paris contre la thèse des Jésuites. Il en parut peu après un autre contre l'explication du P. Annat à
de Sorbonne en 1645 ^ un des premiers séminaristes de M. Ollier^ succéda à M. de BretoQvilliers dans la cure de Saint-Sulpice en février 1658 et mourut le 8 juillet 1680^ à cinq heures du soir.
18 HISTOIRE DE BOSSIJET,
la thèse^ qu'on appelait : Les illusions des Jésuites dans leur explication de la thèse pour empêcher la condamnation de leur nouvelle hérésie , gui fut suivi d'un troisième , contenant les Pernicieuses conséquences de la nouvelle hérésie des Jésuites contre le roi et l'Etat. EnQn il en parut un quatrième, qu'on appelait : La défense des libertés de l'Eglise gallicane contre la thèse des Jésuites; à tous les parlements de France ; et tous ces écrits étaient si envenimés, si remplis de calomnies atroces^ d'impostures et de faussetés, qu'on remarquait assez qu'il fallait nécessairement qu'il y eût un grand intérêt caché sous une si grande passion , et que rien n'était plus faux que le zèle imaginaire qu'ils faisaient paraître avec tant de faste et tant d'ostentation pour l'intérêt de l'Etat par les prétendues conséquences de cette thèse^ qui n'avait rien que de sain et d'orthodoxe. Ce ne sont que des faussetés et des injures, qui ne roulent que sur des accusations frivoles de pernicieuses conséquences contre l'Etat et d'hérésie , qui ne méritent pas d'être réfutées ; car , comme il n'est pas de la foi de croire le Pape infaillible , il n'est pas contre la foi de l'assurer ; c'est une question problématique dans l'école; on le croit infaillible en Italie et en Espagne , on l'a cru en France ; le cardinal de Richelieu 9 si habile dans les controverses , en était persuadé et n'était pas pour cela ennemi de l'Etat ; à l'assemblée du clergé de l'année 4625 cela fut réglé comme conforme à la foi. C'était le sentiment de Pierre de Marca^ archevêque de Toulouse^ le plus savant du clergé en ces matières-là ; ayant été consulté à l'occasion de cette thèse , il répondit que nier Tinfaillibilité du Pape pour les choses spirituelles , c'était se déclarer calviniste. Et il fut trouver le roi pour lui ôter ces frayeurs qu'on avait voulu lui donner sur son Etat et sur le temporel de ses affaires par cette infaillibilité qui n'appartenait qu'aux matières de foi ; en quoi il n'entra pas dans le sentiment de Le Tellier, secrétaire d'Etat, son ami, parce que ce sentiment fut inspiré alors à celui-ci par son ûls l'abbé, cajolé par Coquelin; mais ce que ce prélat se crut obligé de faire pour ne; pas renverser ce que les deux Papes avaient fait par leurs bulles contre le livre de Jansénius et ce qui avait été réglé par les deux dernières assemblées du clergé pour le formulaire^ qui ne pouvait