UVRE VII. — CHAPITRE XIV
Le Gallia orthodoxa devait-il servir de préliminaire au livre de la Défense ?
Ici nous en sommes réduits aux conjectures et nous nous contenterons d'exposer sans conclure :
V II est certain que Bossuet renvoie^ une fois ou deux^ à sa dissertation préliminaire. Est-ce au Gallia orthodoxa? est-ce à un autre travail ? Rien ne prouve dans un sens ou dans Tautre ;
^ Le manuscrit porte bien les mots : Dissertatio prœvia, après ceux de Gallia orthodoxa y mais ils ne sont pas de la main de Bossuet.
Si nous raisonnons dans le sens négatif: 1*" Nous demanderons pourquoi les éditeurs ont conservé le titré de Défense de la déclaration du clergé de France^ puisque, de leur sentiment aussi bien que du texte de l'abbé Ledieu^ tout l'ouvrage devait porter le titre de Gallia orthodoxa! Les mois Gallia orthodoxa ont bien été écrits , mais non de la main de Bossuet , et de plus ils y sont efTacés.
^ Comment Bossuet, dont les habitudes étaient si méthodiques, n'a-t-il pas divisé le travail dont nous parlons eu trois livres, pour préparer au quatrième, ouvrant le manuscrit que nous avons consulté? Car le Gallia orthodoxa se divise uniquement par chapitres et non par livres. Sans doute^ en parcourant le manuscrit du Defensio , on retrouve rigoureusement un numérotage qui fait du livre IV le livre I, mais tout cela reste plein d'obscurité.
df" Le Gallia orthodoxa se trouve faire double emploi avec le premier travail , donné sous le titre d^appendice. Si l'auteur ne voulait que répondre à Scheelstrate et Roccaberti , rien ne iili était plus facile que d'intercaler quelques feuillets dans l'un des trois livres qui ouvraient la Défeiise.
4/* Les auteurs se montrent peu d'accord avec eux-mêmes.
a Ce fut en 1696^ dit M. de Bausset, slnspirant de l'abbé Le*^ dieu, que Bossuet fit de grands changements au premier travail qu'il avait préparé en 1684 et 1685 ; et c'est de là que viennent les différences qu'on observe entre les copies originales de l'ouvrage de Bossuet , dont les unes n'offrent que sa composition
de 1684 et 1685, et les autres le dernier état où il Ta laissée^ lorsqu'il commença à lui donner une nouvelle forme en 1696, et ensuite en 1700, 1701 et 1702.
» Le changement des circonstances politiques détermina ces changements. Louis XIY était convenu avec Innocent XII de ne plus rappeler les quatre articles; et Bossuet reçut probablement ordre de se confornaer à cette disposition, sans abandonner toutefois la doctrine de ces articles.
p D'ailleurs, dans l'intervalle de 1685 à 1695, les cardinaux d'Aguirre et Stondrate, Tarchevêque de Valence, Roccaberti, et le père Thyrsus Gonzalès avaient publié des ouvrages importants contre les qtmtre articles; et il était nécessaire de leur répondre^ de les combattre et de les réfuter.
p Ainsi la première différence qui se fait remarquer, se trouve dans le titre même de l'ouvrage. Ce n'est plus la Défense de la déclaration du clergé de France : Defensio declarationis cleri Gallicani; Bossuet substitua aux trois premiers livres de son premier travail une Dissertation préliminaire qu'il intitula : De la France orthodoxe, ou Apologie de V école de Paris et de tout le clergé de France : Gallia orthodoxa, seu vindiciœ scholœ Paririensis, totiusque cleri Gallicani. p ( Bausset. )
Les contradictions qui abondent dans ce récit n'échapperont à personne. De deux choses l'une, ou Bossuet ne renonçait point au livre de la Défense^ et dès lors toutes vos suppositions s'évanouissent ; ou bien il y renonçait, selon votre propre sentiment; et alors comment imaginer qu'un esprit de cette trempe ait conçu l'étrange dessein de faire une préface à un livre abandonné^ c'est-à-dire d'accoler la vie à la mort , et de travailler pendant trois ans à une combinaison aussi étrange ?
Bossuet a-t-il au contraire abandonné le livre de la Défense?
Des personnes graves ont conclu que tel était son dessein, en s'appuyant sur ces paroles : Abeat quo libuerit declaratio ; que la déclaration s'en aille où elle voudra. La raison nous semble peu décisive. Si l'on veut bien se reporter au chapitre X« du Gallia orthodoxa^ d'où est tiré le fameux Abeat, on sera convaincu qu'une