‹ Histoire de Jean de Calais [microforme]Chapitre 10 sur 19 · LE ROI DE PORTUGAL ACCEPTE JEAN DE CALAIS POUR SON GENDRE · texte numérisé non relu

LE ROI DE PORTUGAL ACCEPTE JEAN DE CALAIS POUR SON GENDRE

Oui, lui dit le Roi en l’embrassant, ta vertu a trouvé le chemin de mon cœur ;et pour reconnaître t# sincérité par une pareille franchise, apprends que cette épouse qui t’est si chère, est la Princesse ma fille, unique héritière de cet empire, et que sa compagne Isabelle est celle du Duc de Cascaes.

Oh Ciel ! s’écria JEAN DE CaLais, qu’il m'est glorieux, Seigneur, de vous avoir conservé ce précieux trésor ; mais hélas ! dans quel abîme de maux cette aventure va-t-elle me plonger ? (

Non, non ; lui répondit le Roi, rassure tes esprits eur ce que tu peux craindre ; je suis aussi généreux quetoi. Sans connaître ma fille que pour une esclave, tu n’as pas dédaigné de l’attacher à toi par des

nœuds légitimes, tu n’as pas attaqué sa vertu par des

feux criminels, tu l’as tirée d’un esclavage où cette vertu n’aurait peut-être pu triompher de la violence d’un amour odieux. Tu l’aimes, tu iuies cher, le secret qu’elle t’à fait de sa naissance me le prouvé, puisque sans doute, elle craignait, en le déclarant, que je n’empêchasse un hymen que je n'aurais pu trouver inégal, ne te connaissant pas. Elle t’a conjuré d’aborder en ces lieux avec son portrait, sûre que je le reconnaîtrais, et que ton mérite toucherait mon âme comme il a touché la sienne : de plus elle

reins ein senirrcimi nr ioiinéinaislnerentinnteart arcs ation otetnntrcnt St eg PT ME at

)UVÉ;, rant, 8 pu con sûre erait

elle

t’a donné un fils, et sa gloire aujourd’hui demande autant que tu sois son époux qu’il lui eut été défendu autrefois de faire une semblable alliance. Je t’ac-

cepte donc pour pus continua ce grand Prince, et

je reconnais ton fils pour le mién.

Jean DE CaLaïs ne put s’empêcher de l’interrompre ; il se jeta à ses pieds ; les termes les plus touchants prouvèrent sa reconnaissance pour ses bontés, et son amour pou: la Princesse. Le Roi le releva avec tendresse. Ce n’est pas assez, continua ce Prince, mon cher Jean DE CaLaïs, de mon eonsente-

ment, i! faut que mon conseil l’approuve : mais je :

parlerai de façon à lui faire connaître que c’est ma volonté, et la joie que mon peuple aura de voir sa Princesse lui fera tout accorder.

Alors ce monarque lui conta qu’environ au temps qu’il avait marqué dans son récit, Constance et Isabelle furent enlevées par des corsaires qui les trouvérent se promenant au bord de la mer où leur jeunesse imprudente les avait fait venir sans gardes et sans secours ; qu’il n’avait rien négligé depuis cinq ans pour savoir ce qu’elles étaient devenues : mais que toutes les recherches ayant été inutiles, il avait langui jusqu’à ce jour dans une morne tristesse ; qu’il avait fallu l’éclat de son arrivée pour exciter.sa curiosité . Je rends grâces au Ciel, continua-t-il, de Pavoir écoutée, puisqu’elle m°a rendu partes mains ce que j’ai de plus cher.

Page 1