DE LA MANIÈRE QUE CONSTANCE A VÉCU EN L’ABSENCE DE SON ÉPOUX
Cette belle Princesse avait vécu dans une grande retraite, depuis qu’elle était séparée de son époux ; son fils et luhaite étaient sa seule compagnie. Elie s’entretenait souvent avec elle de l’étonnement qu’elle s’imaginait bien que le Roi son père aurait eu, [sabelle qui n’avait su son dessein qu’après le départ de Jean de Calais, tremblait dans son âme que le Roi ne lui fit un mauvais traitement ; elle en marqua quel-
ues fois sa crainte à Constance, mais en cherchant
es détours, pour ne la pas alarmer mal à propos. La Princesse qui pénétrait tout ce qu’elle n’ôsait lui dire, la rassurait.
Le Roi mon père, lui disait-elle, a de la tendresse
ur moi; il sera charmé de me revoir; la vertu de . de Calais le touchera; enfin je suis persuadée que mon bonheur sera parfait.—Mais, Madame, lui répondit Isabelle, puisque vous aviez cette pensée, pourquoi l’avoir exécutée si tard ? Qui peut vous avoir empêché d’instruire le Roi de votre aventure ?—C?est un effet de mon amour, lui disait la Princesse. Je voulais attendre que le Ciel remplit mes désirs en me rendant mère, afin que le Roi mon père trouvât ma gloire intéressée à cimenter les nœuds que jai formés ; et si mon époux ne fût point parti, je l’yau- Fais engagé moi-même. pour effectuer ce que 1nente.
ni0i-Mmemce, pour CHCCIUNEr CE QUE j'avais Q , projete.
€ | : Cependant, Madame, ajoutait Isabelle, si le Roi Em vos feux, s’il ne veux pas reconnaître Jean de Calais pour votre époux ?—J’aurai, disait la Princesse, la satisfaction d’avoir prouvé mon amour à,ce'que j’aime, en lui sacrifiant le Trône où j'étais née ; j’aurai le plaisir de faire voir à son père que celle qu’il regarde comme une vile esclave, aurait été Reine'si elle eût moins estimé son fils.
C’était avec de tels discours qu’elles coulèrent le temps de l’absence.