‹ Histoire de Jean de Calais [microforme]Chapitre 14 sur 19 · CONSTANCE MONTRE LA JOIE QU'ELLE A DE PARTIR · texte numérisé non relu

CONSTANCE MONTRE LA JOIE QU'ELLE A DE PARTIR

Constance lui dit qu’elle était prête, et que rien, ne pouvait la retenir dans Pimpatience qu’elle avait d'aller rendre grâce au Roi de toutes ses bontés. Après tous ces compliments pleins d’une cérémonie

ui génait également ces heureux époux, l'infortuné

on Juan se retira dans l’appartement qu’on lui avait préparé et laissa Jean de Calais et sa belle Princesse en liberté.

Que ne se dirent point ces tendres époux! avec combien d’ardeur n’expliqua-t-il pas la vive reconnaissance que lui inspirait le sacrifice que Constance avait prétendu lui faire en lui cachant sa naissance et son rang ; et quelle joie ne fit-elle pas paraître de pouvoir partager avec lui les honneurs qui y étaient attachés. Je ne finirais jamais si je prétendais écrire tout ce qu’ils se dirent.

Ainsi, pour abréger une histoire dont la suite a des

LA

événements encore plus surprenants que ce que je

viens de vous apprendre, je vous dirai que Constance et Jean de Calais récompensèrent magnifiquement le zèle des habitants de cette ville et que voyant le temps favorable à leur navigation, ils résolurent de s’embarquer pour profiter de la belle saison. Cette charmante famille, composée de Constance, de son époux, de leur fils et de la fidèle Isabelle, abandonnèrent Calais, pour aller voir Lisbonne. Toute la ville les accompagna jusqu’à leur bord en leur souhaïitant un bonheur constant et durable.

Don Juan fit mettre à la voile en détestant dans son ârne les faveurs dont le Ciel comblait son rival, en rendant le temps et les vents propices à ses désirs. Mais, hélas ! il n’eut pas longtemps à se plaindre du sort ; le troisième jour de leur navigation, les cieux ge couvrirent d’épais nuages, le vent devint furieux, et la mer agitée annonça le plus terrible orage qu’on

uisse voir: les éclairs, la foudre, la tempête et ’impétuosité des flots étaient prêts d’engloutir à tout moment cette escadre malheureuse.

Jean de Calais mit en œuvre toute son expérience pr garantir le navire qui portait tout ce qu’il avait e plus cher.

L’amour qui l’animait paraissait seconder ses soins pour un bien si précieux ; mais le traître Don Juan qui l’obsérvait sans cesse et dont la rage et la jalousie troublaient également le cœur et la raison, le voyant occupé dans le fort de la tempête à observer le temps, prit le sien si justement, que sans pouvoir être vu de personne il vint derrière lui, et le poussa si rudement, qu’il le précipita dans la mer, dont les vagues gonflées l’une sur l’autre le firent bientôt perdre de vue à son barbare homicide.

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