‹ Histoire de Jean de Calais [microforme]Chapitre 8 sur 19 · JEAN DE CALAIS ARRIVE A LISBONNE · texte numérisé non relu

JEAN DE CALAIS ARRIVE A LISBONNE

Quoique Jean de Calais ne put comprendre le sens dun pareil discours, il lui promit d’exécuter ce qu’elle souhaitait ; ils s’embrsssèrent et s’étant séparés avec peine, il fit mettre à la voile, et l’âme remplie d’espoir, d’amour et de douleur, il tint parole à Constance. Sa navigation ayant été heureuse, 1l vint aborder directement sous le château de Lisbonne.

L'arrivée et la beauté de son vaisseau aitirérent presque toute la ville sur son bord. Le Roi de Por-

tugal même sentit exciter sa curiosité par ce qu’on

lui en dit, et voulut en juger par ses yeux. Il descendit de son château, suivi d’une nombreuse cour. Jean de Calais le reçut avec les honneurs dûs à la Majesté Royale. Ce prince fut charmé de sa bonne

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Il examina avec soin la construction de son vaisseau, mais lorsqu'il eut jeté les yeux sur le tableau qui ornait la poupe, il ne put s’empêcher de marquer son étonnement par un cri qui attira les regards de toute sa cour sur les mêmes objets. (Chacun parut être agité du même trouble que le Roi ; mais voyant qu’il gardait le silence, personne .n’osa le rompre, et renferma ses pensées dans le fond de son cœur.

Jean de Calais surpris des divers changements que remarquait sur le visage du Roi, lui en deman-

a respectueusement la cause, et le supplia de lui dire s’il était assez malheureux pour qu’il eût trouvé dans son vaisseau quelque chose qui lui déplût.— Non, répondit le Roi, en faisant un effort pour se remettre, je suis charmé que vous soyez abordé en ces lieux ; je veux que vous y s0yez reçu comme vous le méritez ; mais je vous défends d’en sortir sans mon ordre.

A ces mots il se retira, et sa cour le suivit sans avoir la hardiesse d’ouvrir la bouche sur ce qu’elle venait de voir. Le Roi entra dans son cabinet, l’àme agitée de différents mouvements, qu’il eut peine à déméêler lui-même.

Il s’était bien aperçu que ceux qui étaient avec lui avaient eu la même idée, ce qui le détermina à s’instruire au plus tôt de la vérité, pour ne pas donner le temps à ses courtisans de divulguer des choses

ue lui seul devait savoir. (Cette résolution prise, il fit dire à Jean de Calais de le venir trouver.

Ce jeune grarrier n’était pas plus tranquille que le Roi ;ilne po.vait comprendre ce qui avait causé son trouble à la vue du portrait de Constance. Les dernières paroles de cette chère épouse lui revenaient

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dans la mémoire, et les rassemblant avec les actions du Roi, il cherchait à pénétrer le mystère qu’elles renfermaient, lorsqu’il reçut l’ordre de ce Prince,

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