LETTRE X
A Paris, ce vendredi au soir d avril 1697.
Si par hasard vous voyez l'abbé de Goislin, dites-lui qu'on m'a apporté de sa part une très belle Semaine sainte , et que j'ai beaucoup d'impatience d'être à Versailles pour lui en faire mes très humbles remerciements. Il est tous les jours à la messe du roi , et vous pourrez le voir à la sortie de la chapelle.
J'ai vu votre sœur, dont on est très content aux Carmélites, et qui témoigne toujours une grande envie de s'y consacrer à Dieu. Votre sœur Nanette nous accable tous les jours de lettres, pour nous obliger de consentir à la laisser entrer au noviciat. J'ai bien des grâces à rendre à Dieu d'avoir inspiré à vos sœurs tant de ferveur pour son service et un si grand désir de se sauver. Je voudrais de tout mon cœur que de tels exemples vous touchassent assez pour vous donner envie d'être bon chrétien.
Voici un temps ^ où vous voulez bien que je vous exhorte, par toute la tendresse que j'ai pour vous, à faire quelques réflexions un peu sérieuses sur la nécessité qu'il y a de travailler à son salut, à quelque état que Ton soit appelé. Votre mère, aussi bien que vos sœurs et votre petit frère, aurait beaucoup de joie de vous revoir. Bonsoir, mon cher fils.