‹ Histoire de Jean RacineChapitre 9 sur 60 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Justification de Racine au sujet d'une accusation portée contre lui par Valincourt, relativement à l'histoire du roi. — Regrets que doit causer la perte des manuscrits de cette histoire, et surtout que Racine ne se soit pas occupé d'une histoire générale de France. — Lectures faites au roi par Racine et Boileau des morceaux de son histoire. — Commencement de la faveur de M™^ de Maintenon et de ses liaisons avec Racine. — Désir de Racine de voir entrer Boileau à l'Académie française. — Le même désir est manifesté par le roi , et Boileau est élu . — Mort de Corneille. — Contestations entre Racine et l'ancien directeur de l'Académie pour rendre les honneurs funèbres à l'auteur du Cid. — Mort de Benserade. — Réception de Thomas Corneille à la place de son frère. — Remarquable discours de Racine. — Observations au sujet des éloges académiques. — Retentissement du discours de Racine. — Fragments de ce discours. — Le roi se le fait lire par l'auteur.

Nous avons vu dans le chapitre qu'on vient de lire avec quel soin Racine s'occupait de Thistoire du roi. Boileau, dont la prose assez négligée se serait élevée difficilement peut-être à la dignité historique, eut sans doute une très petite part à la rédaction de cette histoire : Racine , qui y travailla beaucoup, ne put la terminer. On sait que Touvrage, interrompu à sa mort, périt à Saint-

Cloud, dans l'incendie de la maison de Valincourt, son successeur. C'est donc à tort que ce même Valincourt 1 accuse Racine et Boileau de s'être contentés du titre et des appointements, sans s'embarrasser d'en remplir les fonctions : successeur de Racine dans cet emploi honorable, il savait mieux que personne à quel point celui-ci surtout s'en était occupé, puisqu'il était dépositaire de ses manuscrits. Valincourt, n'ayant jamais rien composé lui-même en ce genre, quoique seul chargé de ce travail après la mort de Racine et de Boileau, a voulu sans doute se justifier en accusant ces deux grands écrivains d'une négligence dont il était seul coupable : supercherie très indigne d'un homme

* Jean- Baptiste du Trousset de Valincourt était entré par le crédit de Racine et sous les auspices de Bossuet, en qualité de gentilhomme, dans la maison du comte de Toulouse , prince du sang et grand amiral. 11 remplaça Racine à l'Académie française en 1699. « Valincourt, dit un biographe, était un de ces demi -seigneurs, demi -gens de lettres, qui, n'étant pas assez titrés pour frayer avec les Montmorency, les Mortemart, les la Rochefoucauld, et n'ayant pas assez de talent pour rivaliser avec les Corneille, les Boileau, les Racine, les Molière, voulaient jouer le rôle d'auteurs auprès des gens de qualité, et celui d'hommes de qualité auprès des auteurs. 11 prospéra cependant dans le commerce de Racine et de Boileau, gagna leur amitié, devint leur collègue dans les académies, dans la place d'historiographe, et acquit par de petits vers, et des morceaux de prose de courte haleine, la réputation d'homme de goût. C'est à lui que Boileau adressa sa satire XI sur le vrai et le faux honneur. Un événement qui le servit au mieux dans l'esprit du public, fut l'incendie qui consuma , en 172o , sa maison de Saint-Cloud , sa bibliothèque et ses manuscrits ; on eut la bonté de croire que des ouvrages importants que l'académicien tenait en réserve, et notamment son histoire de Louis XIV, avaient péri dans ce désastre. Ce fut une excellente excuse pour rhumeur paresseuse de Valincourt. »

qui avait eu l'honneur d'utre lié si étroitement avec eux*.

Il était assurément difficile que Thistoire du roi, lue au roi lui-même à mesure qu'elle avançait , ne ressemblât pas un peu à un panégyrique; mais nous avouerons que cette réflexion ne nous paraît point, comme à Laharpe, devoir diminuer nos regrets, à en juger uniquement par le Précis historique des campagnes de 1672 à 1678 , seule partie de l'ouvrage qui, ayant été confiée par Valincourt à l'abbé de Vatry, n'ait pas été la proie des flammes. Le style de ce précis est élégant et simple ; la narration en est claire, rapide et animée, et la louange n'y est point donnée aux dépens de la vérité. Nous en pouvons dire autant de la Relation du siège de Namur (en 1692), imprimée la même année par ordre du roi et qui est un modèle d'exactitude et de précision. Ces deux morceaux inspirent à Geoffroy le regret que Racine se soit borné au récit des actions du roi, et n'ait pas entrepris une histoire générale de la France : « C'est . dit-il , un malheur pour notre littérature; car lui seul était capable d'égaler les anciens dans ce genre , et de donner à la nation un Tite-Live , après lui avoir donné un Euripide. Son jugement exquis, son imagination brillante, son goût délicat, cette élégance, cette

^ Geoffrov, Vie de Jean Racine.

grâce, cette harmonie qu'on remarque dans sa prose, la profondeur et Ténergique précision qu'on admire dans les imitations de Tacite dont il enrichit sa tragédie de Britannicus, promettaient un historien tel que nous n'en avons point encore, tel peut-être que nous n'en aurons jamais. » Le Mercure de 1677 nous apprend que c'était l'attente générale du public. Quand il ne fut plus possible de douter que Racine renonçait au théâtre, les amateurs se consolèrent par l'espoir de trouver un historien en perdant un poète; et, ce qui est assez singulier, le journaliste éleva la voix, et sembla vouloir emprunter le style poétique pour annoncer la perte que faisait la poésie : « C'est un bruit, « dit-il, qui se confirme, qu'un de nos plus cé- « lèbres auteurs renonce au théâtre pour travailce 1er à l'histoire. Il semble qu'il ne se soit attaché « quelque temps à faire les portraits des héros de « l'antiquité que pour essayer son pinceau, prépa- « rer les couleurs, et peindre ceux d'aujourd'hui « avec une plus vive ressemblance. . . Heureux celui « qui doit y travailler avec lui (Boileau)! Heureux « les froids écrivains, les méchants poètes et les « ridicules dont ce redoutable et fameux auteur « n'aura plus le loisir d'attaquer les défauts dans « ses charmantes satires! «

Nous avons dit que Racine et Boileau lisaient au roi les morceaux de son histoire au fur et à mesure

qu'ils récrivaient. Ces lectures surtout doivent être ren:iarquées, parce qu'elles sont Tépoque où commence la faveur de M"^^ de Maintenon.

C'était chez M"^^ de Montespan qu'on se réunissait pour ces lectures. Les deux historiographes avaient leur entrée chez cette dame, aux heures où le roi y venait jouer. M°^®de Maintenon y assistait, quoique sa faveur fût encore secrète. Racine était celui des deux auteurs qui lui plaisait le plus : elle aimait sa douceur, sa circonspection, sa sensibilité, sa dévotion tendre et sa simplicité enfantine surtout ce qui concernait la religion. M°^^ de Montespan, plus vive et plus franche, préférait Boileau, peut-être parce qu'il était moins courtisan et d'un caractère plus libre.

Le crédit de M™^ de Montespan commençait à décliner. C'était cependant chez elle qu'on lisait; c'était elle qui avait donné au roi l'idée de faire écrire son histoire; c'était elle qui avait proposé ces lectures: mais l'attention que le roi témoignait pour M™^ de Maintenon déplut bientôt à la favorite; elle en témoignait quelquefois son dépit par des paroles un peu aigres. Le roi, sans lui répondre, regardait en riant M°^Me Maintenon assise vis-à-vis de lui sur un tabouret. Il n'en fallut pas davantage pour faire exclure ^1"°^ de Maintenon de ces réunions. Boileau et Racine, la rencontrant un jour dans la galerie, et lui témoignant leurs

regrets de ne plus l'avoir pour juge de leurs productions: « Je ne suis plus, leur dit-elle, admise à ces mystères. » Mais ces regrets firent bientôt place à Tétonnement : quelque temps après, appelés pour lire dans la chambre du roi , retenu au lit par une indisposition, ils trouvèrent M^® de Maintenon dans un fauteuil auprès du chevet du lit, et s'entretenant familièrement avec lui! La lecture allait commencer, et M°^® de Montespan à son tour ne devait probablement pas assister à ce mystère, lorsqu'elle arrive tout à coup, et, pour cacher son embarras, adresse quelques compliments au roi, et en accable M^° de Maintenon. « Asseyez-vous, « Madame, lui dit le roi pour mettre fin à toutes « ces cérémonies, il n'est pas juste qu'on lise sans « vous un ouvrage que vous avez vous-même com- « mandé. » Malgré cet ordre, son premier mouvement fut de prendre une bougie pour éclairer le lecteur : elle fit ensuite réflexion qu'il était plus convenable de s'asseoir et de faire tous ses efforts pour paraître attentive à la lecture. « Depuis ce jour, ajoute Louis Racine, le crédit de M""® de Maintenon alla en augmentant d'une manière si visible , que les deux historiens lui firent leur cour, autant qu'ils la savaient faire. »

Quoique Racine fût confrère de Boileau dans l'honorable emploi d'écrire l'histoire du roi et

dans la petite Académie (qui n'avait pas encore reçu le titre d'Académie des inscriptions et belleslettres), il ne Tavait point encore pour confrère dans l'Académie française; « et comme il souhaitait, dit Louis Racine, de le voir dans cette compagnie, il l'avait sans doute en vue lorsqu'il fit valoir l'empressement de l'Académie à chercher des sujets, dans le discours qu'il prononça, le 30 octobre de l'année 1678, à la réception de M. l'abbé Colbert, depuis archevêque de Rouen. « Oui, Monsieur, lui disait-il, l'Académie vous a « choisi; car, nous voulons bien qu'on le sache, « ce n'est pas la brigue, ce ne sont point les solli- « citations qui ouvrent les portes de l'Académie; « elle va elle-même au-devant du mérite, elle lui « épargne l'embarras de se venir offrir, elle cherche « les sujets qui lui sont propres, etc. »

« J'ignore si l'Académie , ajoute naïvement Louis Racine, était alors dans l'usage, comme le disait son directeur, de choisir et de chercher elle-même les sujets (ce qui probablement n'avait plus lieu de son temps, pas plus que du nôtre). Je sais seulement que tous les académiciens ne songeaient pas à chercher Boileau; et il y en avait plusieurs qu'il ne songeait pas non plus à solliciter. Le roi lui demanda un jour pendant son souper s'il était de l'Académie; Boileau répondit avec un air modeste qu'il n'était pas digne d'en être. « Je veux

que vous en soyez, » répondit le roi. Quelque temps après, une place vient à vaquer, et la Fontaine, qui la voulait solliciter, alla lui demander s'il serait son concurrent. Boileau l'assura que non, et ne fit aucune démarche. Il eut cependant quelques voix, mais la pluralité fut pour la Fontaine; et lorsque, selon l'usage, on alla demander au roi son agrément pour cette nomination, le roi répondit seulement: « Je verrai. » De manière que la Fontaine, quoique nommé, ne fut point reçu, et resta très longtemps, ainsi que l'Académie, dans rincertitude. Enfin une nouvelle place devint vacante, et l'Académie aussitôt nomma Boileau. Le roi, lorsqu'on lui demanda son agrément, l'accorda en ajoutant : « Maintenant vous « pouvez recevoir la Fontaine. » Boileau fut reçu le 3 juillet 1684.

« A la fm de cette m.ême année. Corneille mourut. Racine, qui le lendemain de cette mort entrait dans les fonctions de directeur, prétendait que c'était à lui à faire faire, pour l'académicien qui venait de mourir, un service selon la coutume. Mais Corneille était mort pendant la nuit; et l'académicien qui était encore directeur la veille prétendit que, n'étant sorti de place que le lendemain matin , il était encore dans ses fonctions au moment de la mort de Corneille, et que par conséquent c'était à lui de présider aux obsèques de l'illustre

défunt. Cette contestation, qui n'avait pour motif qu'une généreuse émulation, fut soumise à TAcadémie, qui décida en faveur de Tancien directeur. Cette décision donna lieu au mot fameux que Benserade dit à Racine : « Nul autre que vous ne « pouvait prétendre à enterrer Corneille; cepen- « dant vous n'avez pu y parvenir. »

Mais si Racine n'avait pu, à Toccasion des obsèques de Corneille, lui rendre hommage comme il le désirait, il s'en dédommagea d'une manière admirable, quelque temps après, dans le discours qu'il prononça à la réception de Thomas Corneille à l'Académie française en remplacement de son frère Pierre, surnommé le Grand Corneille. Ce discours, tout en assignant à Racine un rang distingué parmi les orateurs, montre que son grand génie comprenait toute la grandeur de celui de Corneille, et qu'il l'a loué trop éloquemment pour qu'on pût l'accuser de n'être pas sincère. Du reste , Racine était trop judicieux pour ne pas sentir que toute restriction en ce moment eût choqué les convenances, et que lui seul n'avait pas le droit de voir alors dansCorneille autre chose queles beautés. — Il ne faut pas , dira-t-on peut-être , prendre toujours au mot des éloges académiques: soit; mais si l'on peut croire que Racine , ayant à louer publiquement Pierre Corneille mort , le jour de la réception, et par conséquent en présence de Thomas

Corneille son frère, ne pouvait, sans manquer à toutes les convenances, se dispenser d'exalter son mérite; du moins ne saurait- on récuser l'éloge volontaire qu'il faisait de lui en particulier, dans sa conversation intime avec son fils, où, développant à celui-ci les beautés du Cid et des Horaces, il lui disait : « Corneille fait des vers cent fois plus beaux que les miens. » Louis Racine nous a conservé une de ces leçons qui mérite d'être citée. « Quelque crainte qu'il eût, dit-il, de parler de vers à mon frère, quand il le vit en âge de pouvoir discerner le bon du mauvais, il lui fit apprendre par cœur des endroits de Cinna; et lorsqu'il lui entendait réciter ce beau vers :

Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre,

« Remarquez bien cette expression, lui disait-il « avec enthousiasme. On dit aspirer à monter; « mais il faut connaître le cœur humain aussi bien « que Corneille l'a connu, pour avoir su dire de « l'ambitieux qu'il aspire à descendre. » On ne croira point, ajoute Louis, qu'il ait affecté de la modestie lorsqu'il parlait ainsi en particulier à son fils : il lui disait bien ce qu'il pensait. »

Sans doute, il n'y a rien là qui ne ressemble à la bonne foi; mais ce n'est pas une raison pour prendre Racine au mot quand il dit que les vers de

Corneille sont cent fois plus beaux que les siens. Ces saillies d'enthousiasme sont de l'artiste qui se passionne pour l'art, dans la personne de son rival, avec plus d'abandon qu'il n'oserait le faire dans la sienne propre, ou même qu'il ne le pourrait, parce qu'il ne voit alors en lui-même que ce qui lui manque, et dans un autre que ce qui brille. La vérité est que rien n'est plus beau que les vers de Corneille quand ils sont beaux ; que ceux de Racine ne le sont pas moins, quoique d'une autre espèce de beauté; mais qu'ils le sont beaucoup plus souvent ^

Revenons au discours de Racine, qui eut un grand retentissement. Il se divisait en deux parties. La première , en réponse au discours de Thomas Corneille, contenait, comme nous l'avons dit, un éloquent et magnifique éloge du grand Corneille; la seconde, adressée à M. Bergeret, autre récipiendaire, alors premier commis de M. de Croissy, frère du grand Colbert, ministre des affaires étrangères, ne renfermait guère que l'éloge de Louis XIV. Nous citerons des fragments de la première partie, afin de donner à nos lecteurs un échantillon de ce discours que Geoffroy appela « un chef-d'œuvre de raison et de style, et un modèle de cette éloquence sage et sévère qui doit régner

* Laharpe, Cours de littérature.

dans les assemblées publiques d'une académie qui règle la langue et le goût ».

« Vous, Monsieur, dit-il en s'adressant à Thomas « Corneille, vous qui non seulement étiez son frère, « mais qui avez couru longtemps une même carte rière avec lui, vous savez les obligations que lui « a notre poésie; vous savez en quel état se trou- « vait la scène française lorsqu'il commença à tra- « vailler. Quel désordre! quelle irrégularité! Nul « goût, nulle connaissance des véritables beautés « du théâtre; les acteurs aussi ignorants que les « spectateurs; la plupart des sujets extravagants « et dénués de vraisemblance; point de mœurs, « point de caractères; la diction encore plus vi- « cieuse que l'action, et dont les pointes et de « misérables jeux de mots faisaient le principal « ornement; en un mot, toutes les règles de Tart, « celles même de l'honnêteté et de la bienséance, « partout violées.

« Dans cette enfance , ou , pour mieux dire , dana « ce chaos du poème dramatique parmi nous, « votre illustre frère, après avoir quelque temps « cherché le bon chemin , et lutté, si je l'ose ainsi « dire, contre le mauvais goût de son siècle, enfin « inspiré d'un génie extraordinaire, et aidé de la « lecture des anciens, fit voir sur la scène la rai- « son, mais la raison accompagnée de toute la « pompe , de tous les ornements dont notre langue

« est capable, accorda heureusement la vraisem- « blance et le merveilleux, et laissa bien loin der- « rière lui tout ce qu'il avait de rivaux, dont la « plupart , désespérant de l'atteindre , et n'osant « plus entreprendre de lui disputer le prix, se « bornèrent à combattre la voix publique déclarée « pour lui, et essayèrent en vain , par leurs dis- « cours et par leurs frivoles critiques, de rabais- « ser un mérite qu'ils ne pouvaient égaler.

« La scène retentit encore des acclamations « qu'excitèrent à leur naissance le Cid , Horace, « Cinna, Pompée, tous les chefs-d'œuvre repré- « sentes depuis sur tant de théâtres, traduits en « tant de langues, et qui vivront à jamais dans « la bouche des hommes... Cooribien de rois, de « princes, de héros de toutes nations nous a-t-il « représentés toujours tels qu'ils doivent être , tou- « jours uniformes avec eux-mêmes, et jamais ne « se ressemblant les uns aux autres! Parmi tout « cela, une magnificence d'expression propor- « tionnée aux maîtres du monde qu'il fait souvent « parler, capable néanmoins de s'abaisser quand « il veut, et de descendre jusqu'aux simples naï- « vetés du comique, où il est encore inimitable; « enfin, ce qui lui est surtout particulier, une « certaine élévation qui surprend, qui enlève, et « qui rend jusqu'à ses défauts, si on lui en peut « reprocher quelques-uns, plus estimables que les

« vertus des autres : personnage véritablement né « pour la gloire de son pays; comparable, je ne « dis pas à tout ce que l'ancienne Rome a eu « d'excellents tragiques, puisqu'elle confesse elle- « même qu'en ce genre elle n'a pas été fort heu- « reuse, mais aux Eschyle, aux Sophocle, aux « Euripide, dont la fameuse Athènes ne s'honore « pas moins que des Thémistocle, des Périclès, « des Alcibiade , qui vivaient en même temps « qu'eux... »

Louis XIV, informé du succès de ce discours, voulut l'entendre. L'auteur fut invité par le roi à lui en faire la lecture. Après l'avoir écouté attentivement, le monarque dit à Racine : « Je suis (( très content de votre discours; seulement je c( vous louerais davantage si vous m'aviez moins « loué. »

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