CINQUIÈME PARTIE
remarquable de ces quatre femmes, aucune ne prolongea loin sa vie. Comme Catherine de Bourbon l'avait ordonné par son testament, ses restes furent portég à Vendôme, pour être réunis aux dépouilles des siens. Elle avait fermé les yeux quand arrivèrent les dispenses que le pape, sur l'intervention de Henri IV, avait enfui accordées.
Telle fut cette princesse, douce figure qui n'a laissé après elle que le parfum de la vertu modeste, qui ne fut pas une grande femme politique comme sa mère, et qui n'eut pas, d'ailleurs, l'occasion de l'être; mais qui rappelle sa sagesse éclairée, l'heureuse culture de son esprit, et qui ne faillit à aucun des exemples où il lui fut donné de l'imiter.
NOTA. —Des lecteurs très attentifs remarqueront peut-être que, dans ces détails sur Catherine de Bourbon, par lesquels nous terminons notre cinquième partie, cette princesse se trouve rajeunie d'un an, eu égard à la date de février I008 que nous avons assignée à sa naissance (page 84). Cette indication est d'accord avec tous les dictionnaires biographiques, avec le Bulletin de VHistoire du Protestantisme, avec la France protestante. Partout où l'ancienne et la nouvelle manière de commencer l'année ont besoin d'être comparées, il est de règle tacite et générale que, à défaut de mention contraire, les dates sont données conformément à la
m fflSTOlRE DE JEANNE D'ALBRET.
réforme de 1365. On a vu que les auteurs de la France protestante n'ont pas omis cette mention pour la naissance de Coligny, qu'ils placent en 1518, ancien style, autrement dit 1519. Or, ils n'en ajoutent aucune à la date de 1558, pour ce qui regarde Catherine de Bourbon. Cependant M^^ Vauvilliers [Histoire de Jeanne d'Albret) indique 1558, vieux style, et, tout en nous conformant au millésime généralement adopté, cet unique désaccord nous laissait un doute. 11 n'était qu'un moyen de l'éclaircir, le même qui sert à ûxar la date de la naissance de Coligny. Jeanne étant accouchée d'un autre enfant en 1557, il fallait que ce fût tout au commencement de cette année, pour rendre possible une nouvelle maternité dès le mois de février de l'année suivante. Nous avons repris nos recherches, et nous sommes arrivé, pour cette naissance de 1557, à la date précise du 11 avril. Par là, il est bien acquis que Catlierine ne dut pas naître le 7 février suivant, et que la date du 7 février 1559, style jiouveau, est celle qu'il faut adopter. Nos savants devanciers, que nous sommes obligé de rectifier pour cette fois en nous rectifiant nous-mômeavec eux, jugeront sansdoute la preuve péremptoire.
Nous ignorons si nos lecteurs nous sauront beaucoup de gré d'une recherche faite à peu près pour le seul acquit de notre conscience ; car personne probablement n'aurait soulevé la question que nous avons tenu à résoudre; mais nous espérons au moins qu'on verra dans ce scrupule d'investigateur un témoignage du soin que nous avons porté dans tout notre ouvrage.