‹ Histoire de Jeanne d'Albret, Reine de NavarreChapitre 134 sur 140 · EPISTRE · texte numérisé non relu

EPISTRE

Envoyée par la Royne de Navarre, avec un David, au Roy François, son Frère, pour ses estreines.

(fragment).

David, voyant que par Mer et par Terre, Les Philistins vous veulent faire guerre, M'a dit qu'il veut secourir par sa fonde (fronde) Le Roy, qui est digne de tout le Monde. Mais le voyant désarmé et tout nud, Je l'ai enquis d'où luy estoit venu Ce desir-là, que j'estimois peu sage, Luy remonstrant que selon le courage L'homme ne doit mesurer sa puissance ; Qui eust de luy premier la congnoissance,

Qu'il se veit nud et seul, sans nulles armes; \

Il m'a soudain dit : Vospaoureux alarmes i

Ne me feront du service arrester, j

Où corps et biens j'ay voulu apprester; 1

Si j'ay detfait un Lion de mes mains, i

Peu je eraindray Lyepards inhumains. '

J'ay detïait l'Ours, qui est cruelle beste, i

Sans espieu, espée ou arbaleste;

Moins n'en feray de ceux qui se tiendront \

En ses haults montz, quand contre moy viendront. ;

Ce Goliath, géant espouventable '!

D'un tout seul coup, cela est véritable.

Je mis à mort, au temps de mon enfance, !

Estant tout nud ; et n'avais pour défense ]

* Qu'un tel chaillou (caillou), qu'en ma fonde je tiens :

Et le vilain qui ne m'estimoit riens, ;

Je mis à mort : moius donques n'en feray I

Du grand Géant, lequel je defferay. \

Je dis Géant, tout homme qui veult estre y

Du Roy François ou ennemy ou maistre. ;

W4 HISTOIRE DE JEANNE D'AiBRET.

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