‹ Histoire de Jeanne d'Albret, Reine de NavarreChapitre 138 sur 140 · DES LETTRES DE CATHERINE DE BOURBON · texte numérisé non relu

DES LETTRES DE CATHERINE DE BOURBON

A Monsieur de Besze (1).

Monsieur de Besze, le désir que j'ay non seulement de persévérer en la saincte congnoissance oîi j'ay esté eslevée dès mon bas aage en l'Eglise de Dieu, mais aussy que tous les gens de bien et fidèles de ladUe Eglise sachent et s'asseurent qu'avec la grâce de Dieu je ne chan-

(1) Cette lettre, les suivantes et plusieurs autres, adressées par Catherine de Bourbon à Théodore de Bèze, « ministre de la parole de Dieu » à Genève, ont été publiées dans le second volume du Bulletin de l'Histoire du Protestantisme fra7içais. Le même recueil a inséré, dans son tome V, des extraits fort intéressants de l'espèce de journal tenu pour le culte particulier qui se célébrait dans la maison de Catherine, à Paris et en Lorraine.

156 iilSTOiUl!; DiL JEAxN.NE D ALBHET.

geray jamais ceste belle résolution, j'ay bien voulu vous escrire mesme par une si bonne commodité comme à celuy que je tiens des plus anciens amis et serviteurs de nostre maison, et aux prières de qui je désire me recommander, car je tiens qu'elles me prouffiteront en ce temps mesme où les efforts du monde ont le plus de vigueur pour traverser le repos de ceux qui craingnent Dieu. Vous debvez croire que j'en ay ma part à bon escient, et en tant de sortes que j'ay bien besoin de l'assistance de l'esprit qui n'abandonne point ceux qui espèrent en luy. Parmy mes douleurs, je m'esbats quelquefois à parler à Dieu avec ma plume, non en vers si bien faits comme ceux qui font profession de longue main de bien escrire , mais chrestiennement pour ma consolation, comme vous verrez par ceux que je vous envoyé pour en estre juge et modérateur de ce qui s'y peult trouver à redire, vous priant de toute mon affection d'y passer librement la plume, et me tesmoigner en cela ce que j'espère de vostre bonne amitié, et croire qu'en tout aultre endroit je vous rendray preuve de la mienne, avec autant de volonté que j'enay à prier Dieu qu'il veuille, Monsieur de Besze , vous mainctenir sous sa saincte garde.

De Fontambre, le 26^ jour de janvier 1598.

Vostre bien affectionnée amye Catherine.

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