‹ Histoire de Jeanne d'Albret, Reine de NavarreChapitre 3 sur 140 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

l'aide d'une échelle de corde, Henri descendit du haut de la tour et trouva en bas un excellent cheval. Deux pages, fidèles compagnons de sa captivité (l'un s'appelait François de Rochefort, on a perdu le nom de l'autre), parvinrent à tromper le commandant, qui vint, le matin, pour constater la présence de son prisonnier. L'un d'eux était couché dans le lit du roi, les rideaux bien fermés; l'autre, occupé à nettoyer les habits de son maître, accourut au-devant du commandant, le priant de respecter le repos du prince, qui, dit-il, était malade et avait passé une très mauvaise nuit. Pendant ce temps, Henri mettait entre sa prison et lui une distance qui ne permettait plus de l'atteindre quand on s'aperçut de sa fuite ; et bientôt il eut gagné Lyon, où il trouva la reine-mère, Louise de Savoie, régente en l'absence de son fils. Le commandant fut sévèrement puni. On ne sait ce que devinrent les deux pages, mais on aime à croire que leur fidélité généreuse fut respectée.

Pour prix de la valeur et du dévouement dont Henri d'Albret avait fait preuve au service de la France, une alliance de famille allait resserrer encore, entre elle et lui, les nœuds de l'alliance politique.

MARGUERITE DE YALOIS

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