TROISIEME PARTIE
n'avait pu manquer d'ajouter quelques fâcheux enseignements, malgré les sages instituteurs que Jeanne avait placés près de son fils absent. Il convient toutefois d'ajouter que l'ardeur de ses penchants n'altéra jamais chez lui la déférence filiale.
On n'a de Henri IV qu'une seule lettre à sa mère. Elle n'est pas datée, mais elle appartient évidemment à l'année 1365, lorsqu'il accompagna Charles IX dans le long voyage que le roi fit à travers ses provhices. Henri avait alors environ douze ans. Deux fois, on se le rappelle, Jeanne vint, pendant ce voyage, rejoindre la cour de France et retrouver son fils. C'est dans l'intervalle que cette lettre paraît écrite. Voici ces quelques lignes, fort intéressantes dans leur brièveté :
« A la Roy ne ma mère.
» Ma mère, je vous retourne Ferrand, avec Testât des livres qu'il faut pour le seurplus. Je vous prie y vouloir joindre quelque argent qu'il vous plaira, n'ayant plus que bien peu de cellui que vous m'avez laissé; et remerciez la bonne Tignonville de son présent, mais ne m'en peus servir ici, se deuvant effaroucher les romains (cathohques) à telle artillerie. Et me recommandant à vostre bonne grâce et amour, je prie pieu, ma mère, qu'il vous tienne en telle bonne santé et conlantement qu'est présantement
» Vostre très-humble, obéissant et affectionné filz,