TROISIÈME PARTIE, 1562-1368. î
à la France et le rétablissement du Catholicisme, amenèrent la suppression de l'Académie protestante, déjà en décadence depuis l'ahjuration du vainqueur d'ivry. Elle avait duré cinquante-quatre ans, qui se trouvent partagés d une manière égale entre Orthez et Lescar. Néanmoins, c'est à la première de ces deux villes que son souvenir est resté particulièrement attaché.
L'enseignement comprenait les études classiques complètes, la théologie, la philosophie, les mathématiques, le chant religieux pour le culte réformé. Dans l'ordonnance de fondation, il est dit : « Pour ce que nous désirons infiniment donner tous les moyens que nous pourrons à ce que la jeunesse de notre dict pays soit mieux instruite qu'elle n'a été par le passé, afin qu'elle puisse mieux servira l'advenir au public... » Et plus loin : « Il sera cherché par les universités de Paris, Bourges et auires lieux que faire se pourra, ung personnage qui puisse prudemment s'acquitter de la charge de principal chief et économe du collège de notre dicte ville d'Orthès, auquel la dicte charge sera baillée; ensemble des régents... pour enseigner aux enfans les lettres, bonnes mœurs et discipline, lesquels nous voulons être examinés par les ministres de notre dict pays, de leur foi et doctrine. » On voit que les progrès de l'instruction et le point de vue religieux s'unissaient intimement dans la pensée qui avait guidé la reine.
L'Académie, qui dut être d'abord entretenue « aux dépens du public, » le fut au moyen des biens du clergé catholique, après que les graves événements dont nous aurons à faire le récit eurent déterminé la reine à les saisir. L'administration en était remise à un
conseil appelé sénat ecclësiasd'que. Outre le traitement des professeurs, cette dotation fournissait à « Tentretien de cent places d'escoliers, tant auditeurs que proposants (candidats au ministère sacré). » Dix étaient nommés par la reine, trente par les colloques el soixante par le sénat dirigeant, sur la présentation de patrons laïques. Malgré les vicissitudes et les changements de résidence (|ue l'Académie béarnaise eut à subir, elle compta des jours brillants et prospères. Dans ses ordonnances du 26 novembre 1571, Jeanne dit, en parlant des professeurs : « .... Lesquels Dieu, par sa sainte grâce, a tellement bénis, que, par leur labeur el vigilance, le dict collège a tellement creu et augmenté, que la jeunesse en a retiré un grand fruit. »
Parmi les hommes qui se consacrèrent à cette œuvre, on peut citer, d'après divers documents : M. de Mesmes. qui, dans les premiers temps, occupa les fonctions de principal; —- Jean de La Rivière, d'Orléans {Rïvitus, selon l'usage commun alors de latiniser les noms), qui était docteur en médecine ; l'illustre réformateur Pierre Viret, honoré d'une sépulture presque royale dans le caveau qui recevait à Orthez les cendres des princes de Béarn : Nicolas Des Galars, seigneur de Saule, ministre du saint Évangile et professeur de théologie ; Barry de Gimat, principal et professeur: Bernard, sieur de Melet. ministre de l'Évangile et recteur: Claude Lri Grange, professeur de grec; Gratien de Saint-Goadains, professeur es lettres hébraïques; François de Moncaup ; Pierre Sossi. Provençal ; Pierre Puyol, Aniaiid Sanceytz, régents de diverses classes; Garrault, « escripvain; » Pierre de Laage, du Périgord «musicien,» cVst-à-dire.s^i'!'=i douto. nirittr»^ de cbirnl sni^iv: Duprat.