CHAPITRE XXVI
savouraionlles vins m<^lés de miel , elle aimait mieux boire de l'eau (t); clic s'clail allachcc aux biens futurs pendant que d'autres s'acharnaient à posséder cl à dévorer les Liens d'icî-bas. Si Mélanie était allée chercher les parfums et les ' voluptés de Baïa, les Homaius Tauraienl eoloiirée de rea> pecls et d'hommages (a).
Àvani de se rendre à Jérusalem, Mélanie, en 5G8, chercha • au pays d'Égypie les traces du divin Enfant, et visita les aDaichorèies du désert de Nilrie. Elle vendit à Alexandrie des meubles apportés de Rome afin de secourir les amiâ de Dieu dans le besoin. Durant trois jours, dit Paulin, elle nourrit on lilgypte cinq mille solitaires cachés pour échapper aux coups des ariens. Après dix ans de séjour en * %ypte, Mélanie prit le chemin de la Palestine avec des évéques, des prêtres, des moines que les hérétiques persécutaient, et dont elle était la providence. Emprisonnée par ordre du gouverneur de la Palestine, elle le fit trembler en lui déclarant son nom et son origine, t II faut, disait-elle à ce sujet , se servir de Téclat de son rang ou de sa renommée comme d*un chien vigilant ou d*un oiseau d« proie qu'on lâche sur un ennemi. > Après le retour en Égypte de tous ces confesseurs de la foi , elle fonda à Jérusalem un monastère où cinquante religieuses trouvèrent place. Rufin d'Aquilce , connu par ses querelles avec saint Jérôme « passait alors ses jours avec Mélanie* Paulin rappelle le compagnon de son chemin et de sa vie spirituelle.
Ses longues années passées dans la ville sainte furent consacrées aux pauvres, aux malades et aux pèlerins. Saint Jérôme disait que Mélanie élait une véritabU nobkuâ cMtwnn», et plus d*une fois dans ses lettres, il prononça son nom avec une vénération profonde.
Saint Paulin admirait la force d*en haut dans cette colombe du Seigneur. Mélanie avait pour délices Toraison,'
(I) Saint JérOme, lettre XXVill.
(2j Ibid.
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pour bauquel la parolo de Dieu, pour habil une étoffe grossière, pour lit un cilice étendu à terre. Sa charité était prodigieuse ; ses panégyristes parlaient de la robe d'i m mortalité qu*elle s*éiait ainsi tissée pour son âme, et de rincorroptible couronne qu*clle s'était faite avec son or et SCS largesses. Elle rendit la santé à Évagre , diacre de Gonstantinople, k condition qu*il embrasserait la vie monastique; le diacre guéri sVn alla au désert de Nitrie avec la robe de solitaire dont Hélanie eUe^méme voulut le revêtir. En 385 , voyageant en Égypte pour des intérêts de perfection religiease, elle arrive à Hilrie auprès du solitaire Pambon qu^elle avait dé^ vu à son premier passage ; elle s'arrête h U celkile du saint vIeiUaid an moment où il achevait une corbeille : < Recevez celte corbeille, lui dit Pambon, afln que vous vous souvonfet de moi; je n*ai rien autre à vous laisser, t Peu de temps après , le vieillard mourut ; Mêlanie Fensevellt et quilU le désert en emportant la corbeille.
A râge de soixante ans, Mélanie, ayant appris que sa famille avait des projets de vie religieuse, partit de Jérusalem et 8*en alla à Rome pour raffermir des desseins dont elle redoutait la fragilité. Sa femilie était venue 1 sa rencontre dans la voie Appienne* Des chars étincelants, de riches costumes escortaient Mélanie, vêtue d*une tunique d*estamine et n'ayant voulu accepter qu'une humble monture. Elle visita à Nola saint Paulin, à qui elle remit un morceau du bois de la vraie croix de la part de Xean de lérusalem. Elle lira de Rome sa petite-fille Mélanie, Pinien, son mari, fils de Sévère, qui fut préfet d*Afriquc et d'Italie, et Albine,. mère de la jeune Mélanie : on eût dit que la sainte femme pressentait rapproche d'AIaric qui, la même année, saccagea la ville éternelle. En revenant Rome à l^usalem, die apprit i Ilippone, auprès de saint Augustin , la moH de Publicola, le seul fils qui lui fût resté, et se montra forte sous la main de Dieu. Son passage de ce monde à l'autre suivit de très-près son retour dans la ville sainte (411 ou