CHAPITRE II
c noas» ilmarcliera devanl nous , et nous défendra conire € reonemi (i). >
Ce goût pour la royauté était considéré conine une dé« génération; il avait excité le courroux divin, et cependant, dira-tr<oD, le Seigneur avait annoncé, dans le Deutérottome, que les Israélites se donueraient un roi ! t La ff colère de Dieu , répond ici Bfaimonide (i), venait de ce c que les Hébreux avaient demandé un roi , avec des murc mures et comme des séditieux : non pas dans Tintention c d'accomplir le précepte de la loi • mais parce qu'ils s*é* c taient d^ùtés mal à propos du gouvernement du saint I prophète Samuel, à qui Dieu dît formellement : C'est • MOI qu'ils ontbejeté, et kon pas toi. > Celle réponse de Maimonide n'est pas complète, et ne résoudrait pas tout à fait la difficulté; on serait plus vrai en disant que Icsensdu passage du Denléruiiouic (3) élait une prévision et non pas un ordre, et i\uv. le jour où cette prévision vint à s'accomplir, il y eut des eiforls de la pari de renvoyé de Dieu pour détourner les Hébreux d'une résolution féconde en désastres.
Samuel comprit qu'il ne pouvait pas lutter conlro la volonté universelle Israël. Saiil, lils de Cis, de la tribu de lî( njamin , dont la demeure était à Gabaa , 1 homme le ]du> beau des douze tribus , et dépassant de toute la tète les Israélites dc,la plus haute taille, fut désigné au choix de Snmucl par une inspiration céleste. Le prophète rencontra Saiil aux portes de la cilé de Masphal, un jour que celui ci , las de chercher des dncsscs perdues que son père aiiiiaîL Iteaucoup , songeait à recourir ù 1 ami de Dieu, pour être mis sur les traces des bètes égarées. iSamucl, prenant Saùl à part, lui déclara les desseins dn Soigneur, le sacra roi en répandant de l'huile sur sa tête; entre autres signesauxqucls.le iils de Cis devait reconuailre la vérité des paroles
{i) Livre deit Rois, ch. 8.
(2) La HisDa.
(3) Lonqne tu diras : J*élsblirai un roi sur moi| eomme toutes tes nations, etc. Chap» 17.
BISTOIHE DE JÉRUSALEM.
ûn prophète» il lui fut annoncé que les ftnesdes étaient retrouvées : t Aujourd'hui même» lui dit Samuel en le quitt tant , vous rencontrerez à Theure de midi , près du tomc beau de Rachel, sur la frontière de Benjamin, deux t hommes qui tous diront : Les âneueê qu$ wm Hitë aUi t '^ékercker tant retrmniis ; c'est pour vous, et powr tom seul , . ff {fiM votre pif» est inqmet maintenant; on Ventend s^ierkr: t Que ferai*je , pout avoir des nouvelles de mon filst > '
Quelle simplicité pleine de charme dans le choix mer^ veilleux de Thomme de Gabaa ! quel suave souvenir des mœurs primitives dans ce beau Saùl cherchant dans la contrée des dnesscs perdues, et reiicontrant un ami de Dieu qui le fait roi !
Le fils de Cis , qui , jusque-là , avait passé ses jours à conduire les bœufs et à cultiver les champs, prit tout à coup rang parmi les prophètes, et, saisi de Fesprit divin, chanta les saints cantiques. Bientôt tout le peuple fut convoqué à Masphat. Samuel, pour rendre en quelque sorte inattaquable réîoclion de Saiil , voulut la soumettre à la décision du sort : tombe sur la tribu de Denjamin, le sort, jeté (3e nouveau sur les différentes familles de cette tribu , favorisa le fils de Cis.
En passant de la forme républicaine à la forme monarchique, les Hébreux ne changeaient pas de constitution politique; une forme était changée, mais pas un mot ne l'était dans la législation : Jéhovah demeurait toujours le chef suprême des Israélites; et la loi de Moïse, la seule loi de la nation. Pourtant, après Télection d*un roi , Samuel . crut nécessaire de régler les rapports et les droits du monarque et du peuple. Il composa une sorte de code monarchique (i) qui fut déposé devant le Seigneur, probablement dans Tarche d'alliance. Cet ouvrage de Samuel, qui était comme la charte d*Israël» n*est point parvenu jusqu'à nous ; la perte en est regrettable. 11 eût été intéressant d*apprendre comment on entendait la royauté il y
(I) Um des Roi», liv, 1, chap. iO.
CiiAPiTRE IL 3t
t Iroift ttiille ans , dans les pays de Masphat , de Ramalhat et d'Éphralm ; peut<étre le li?re du vieux prophète* nous eûMl offert la iôlutiond*iiDporlantes questions politiques. Samuel avait pu, dans son livre des devoirs du roi, prendre pour texte ce passage du Deutéronome (i) :
c Lorsqu*il sera constitué roi , il ne rassemblera point des chevaux pour ramener le peuple en Égyple; le Seigneur vous a ordonné de ne plus relourner par le même chemin; il n'épousera point plusieurs femmes de peur qu'elles ne gagneul son esprit, cl n'amassera pas de l'or ni de l'argent. Après qu'il sera assis sur son liùne , il prendra, pour son usage, une copie de celte loi , recevant le livre des mains des pi Lires de la Iribn de Lévi ; il la gardera avec lui, la relira tous les jours de sa vie, afin qu'il apprenne à craindre le Seigneur son Dieu, et qu'il demeure fidèle aux préceptes et aux cérémonies qui sont consignés dnns la loi. Que l'orgueil n'élève point son cœur au-dessus de ses frères, qu'il n'incline ni à droite ni à gauche, et il obtiendra, ainsi que ses fils, un long règne sur Israè'l. »
Saiil, élevé au l om oir royal dans toute la force de îa jeunesse, avait niarqiu' les premiers temps do *;a dominalion par des victoires sur les Ammonites et les Amaiéciles; Jonatbas, un de ses trois fils , jeune homme vif, hardi, Xjlein de dévouement et de courage, était un des plus brillants appuis des armes paternelles. Abner, cousin de Saiil, commandait les troupes. Le peuple hébreu se montrait redoutable au dehors. Mais ce n'est point à Saiil et à sa famille que devait rester la couronne ; le fils de Cis est déclaré coupable parce qu'il a offert un sacrifice sans attendre le prophète , parce qu'il a épargné , dans le carnage des Âmalécites» le roi de cette nation; Samuel annonce à 9atil que le Seigneur est irrité contre lui et que la couronne va tomber de sa tète. Ce seraient là d'étranges façons d'agir, si on les jugeait au point de vue de nos mœurs et de nos idées. Pour ce qui est de Taccusalion de miséri-
(I) Chap. 17.
cordo «nyers k roi des Amalécitcs , qii*oii ae rappelle Tobservation faite plas haut sur FinléFét religieux qui ÎDlerdisait tout ménagement Ti84i-Tis des nations dont le Toisinagc ëlait si dangereux pour les Israélites ; n'oublions ' pas aussi que la douceur ne fut jamais le caractère des mœurs politiques de l'Orient. Quant au sacrifice otfert sans le proplicle , oL qui est reproché comme un crime à Saiil, il est bien évident que le dessein de Samuel éuil de séparer solennellement les droits du pontife de ceux du rot , de proclamer que Tautei appartient au prêtre, et que la plus odieuse, la plus impie des usurpations , c'est la royauté prenant la place du sacerdoce.
Le prophète de Ramathat , après avoir fait tuer Ac^ag, çoi des Àmalécites, pour donner au Seigneur un commencement de satisfaction, s*en va à Bethléem chercher celui qui doit régner. Isaî ou Jessé avait huit fils» dont le plus jeune, l'enfant de sa vieillesse, âgé d'environ quinse ou seize ans, gardait les brebis; c'était un bel adolescent à la blonde figure, robuste, courageux, babile à tirer de la barpe de mélodieux accents. Cet enfant de Bethléem, sacré roi par Samuel au milieu de ses frères étonnés, c'était David , David dont la sainte renommée de roi , de guerrier et surtout de poëte , devait retentir jusqu'aux derniers âges du monde*
L'esprit du Seigneur s'était retiré de Saiil , dit l'Écriture (t), etTesprit du mal Tavait saisi ; on le voyait lanloL plongé dans une mélancolie profonde, tantôt livré u de violents accès defrénésie. On sait comment ses amis et ses serviteurs lui proposèrent pour remède les douces harmonies, et comment Saiil envoya des messagers à Isaï pour lui demander son fils David. Celui-ci arriva auprès da roi avec un âne chargé de pain , d'un chevreau et d'une urne de vin : chez les peuples d'Orient on n'aborde jamais les grands les mains vides. Lorsque le père de Jonalhas était en proie à son mal accoutumé, le jeune pâtre deEelbléem
(I) Les Rois^ Uv« I, chap. 16.