CHAPITRE XXVI. m
ce pays de Brie, qui arme à la fin de celte histoire après tes noms d*A]itioc1ie , de lérusalem el du mont des Olives , ajoute pour nous au charme du récit.
CUAI'ipE XXVII.
Jean et Prayle de Jérusalem* — Juvénal, premier pairiafCilie de iétuMOem. — > Héni^e».— PaUade. — Eetf^ine.
En reveDant aux évéqaes de lârasalem qai bientôt porteront le titre de patriarcbe eomme ceux d*Ântioche et de Gésarée, nous trourons, Tera la fin da n* siècle et au com« mencement du t<>, sur le siège de saint Jacques et de saint Cyrille, un prélat soupçonné dliérésie. L'évéque Jean montra trop peu d*élolgnenienl pour les erreurs d*Origèoe ; à rapparition de Pélage » il le soutint a^ee une amitié qui ressemblait à de la complicité. Saint Jéréme, sentinelle de la foi dans sa cdlule de Belbléem, après trois ans de patience silencieuse, écrivit en forme de lettre (i) un traité qui éclata comme la foudre sur la lâte de Févèque de Jérusalem.
Jean , que ses partisans déclaraient plus éloquent que Démosthènes, plus subtil que Chrysippe, plus sage que Platon, dédaignait de répondre à ceux qui le priaient de s'expliquer; ou bien , selon lexpression do saiul Jérôme,
(1) Lettre XXXVUl à Pummaciiius.
16e HISTOIRE DE JÉRUSALEM.
. quand la Palestine rinterrogeait , il répondait à TÉgypto. U voyait des ennemis publics dans celte mnltitade de frères de Judée refusant de communiquer avec lui; il Oubliait que le Fils de Dieu laissa dans la montagne quatreviDgt-dix*nettf brebis pour en cbercher une qui était malade, qu*il endura pour elle les soufflets» les fouets» la croix , quUl la porta jusqu'au ciel sur ses épaules triomphantes» et qu'il souffrit tes langueurs de cette pawrre pécheresse. Lui» Jean, irMuunux pape, didaitpuiixprM, seul ridie , seul sage , seul disivt » il regarde de travers et avec un superbe mépris ses frères» rachetés comme lui du sang de son Seigneur. Épiphanc , évêque de Salamine ou Constance en ChyprQ, appelé pape (i) par saint Jérôme, avait, dans une lettre, accusé Jean d*hérésie; inclinant devant lui une sainte vieillesse, il Tavait supplié de songer à son salut, Jean s'était tu. Un seul discours lui avait suiSi pour approfoiuljr tous les dogmes de TÉglisc. i Où sont, dit Jérôme, les aiieieiis docteurs qui poiivaieiiL à pcino développer une >.eulc qucsUuii dans plusieurs volumes? Où est saint l'aul qui admirait plu loi qu'il n'expliquait un mystère, cl n'osait pas sonder la profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu? Où est ïsaïe qui nous annonce la Vierge, et qui, succombant sous le poids d'une setile question, s*écric : < Qui donc racontera sa génération (i) ? > U s'est rencontré de nos jours, poursuit Jérôme, un petit homme qui a expliqué en un seul tour de langue et d*iine manière plus claire que le soleil, tous les dogme de l'Église!
Épiphanc, parlant contre Origène, dans Tégllse du Saint-Sépulcre, avait reçu de Jean Tordre de se taire. Un jour qu'il se rendait avec Jean du lieu de la résurrection au Calvaire , les flots delà multitude Taccablaient ; on lui présentait des enfants , on lui baisait les pieds, on touchait ses vêtements ; Jean était furieux de jalousie ; i\ ne crai-
(1) Saint Jérôme doune sottwt le titre de pape k dei évoques, (i) Isaïo, 5, 3, fers. 8.