CHAPITRE XXVIII. m
fait connaître Télal de lu Pnk'sUiic' ii celte l'poqoe. Partis de Plaisance, ils vont à Constanlinoplo, s'nrrèlenl en Chy- • pre, à Salamine ou (constance, jolie ciLé oniéc de palmiers et arrivent aux côtes de Syrie. Ils remarquent les femmes juives de iSazarelh qui passaient pour les plus belles de la Palestine; ces femmes doivent leur beauté à Marie, dit naïvement le pieux narrateur; elles étaient bienveillantes et charitables envers les chrétiens. Nos pèlerins appellent la Galilée un paradis cl la comparent à l'Egypte pour Tabondance des fruits et la richesse des moissons, lis trouvent sur la montagne de la Transfiguration trois églises en mémoire des trois lentes de rÉvangile; à ScythopoUs Tayersion des Juifs cpntrc les chrétiens frappe leur atlen- . lion; dans leurs rapports de commerce, les Israélites ne voulaient pas recevoir l'argent de la main des chrétiens; ceux-ci mettaient dans Peau les pièces de monnaie que les ' Juifs prenaient. D*après notre narrateur, à la première heure du lever du soleil, une rosée s'étendait de Pilermon à Jérusalem au-dessus de FéglisedeSainle-Marie; les médecins chrétiens de la ville sainte la recueillaient et s*en servaient pour préparer d'infaillibles remèdes à tous les maux. Célait la rosée dont parle le prophète et qui de»çendait sur la montagne de Sion.
La vallée dû Jourdain était peuplée d*ermites. Aux mois de juillet et d'août, les bords de la mer Morte, dans le voi* siriage de Tembouchure du Jourdain ^ ^ couvraient de lépreux ; après s*élre loute la journée couchés sur la rjimh ils se plongeaient le soir dans la lac asfihaltiqne, ct^rti ffuérktait ceux qu'il vouUtit guérir, selon Texpression «b| pèlerin. S^or était encore debout ^ sept monastères d*hommes et huit monastères de femmes se montraient aux environs. Une croix de bois, plantée dans l'eau, mar* quait Pendroit du Jourdain oh le Sauveur avait reçu le baptême. ï.a veille de PÉpiphanie, on y accourait tous les ans : le célébrant entrait dans le fleuve, le bénissait, et soudain, dit le narrateur, le Jourdain rebroussait li grand bruit cl les flots dcmeuraieiU immobiles. Des fidèles roujouuT. — T. H. i«
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HISTOIRE DE lÉRUSALEM.
d'Alexandrie arrivaient à la solcnnilé avec des vases renfermant des baumes et des aromates qu'ils remplissaient de l'eau du fleuve sacré; ou répandait de celle eau sur les navircSf à chaque nouveau voy$geen mer qu'on entreprefiait; les chrétiens ne quiltaienl point le Jourdain sans avoir plongé dans Teau sainte, revêtus du suaire qui devait les suivre au sépulcre. Après la cérémonie , les flots da Jourdain reprenaient leur cours vers la mer Morta*
Les singularités trouvent place à côté des merveilles dans l'Itinéraire d'Ântonîn et de son coiDpagtiOli. Non loin de Jéricho, dont les murs avaient été renversât par un tremblement de terre; -peut-être par la secousse qui eut • lieu du temps de Prayle» évéque de Jérusalem , on voyait Que caverne où sept vierges vivaient dans la prière ; ces vierges , ayant dtaciine leur cellule séparée au fond de la caverne, étaieU^Amenées là dès leur plus tendre enfance ; lor8<|u*u]ie d'elles mourait, sa cellule lui servait de tom* beau ; oii creusait alors une autre cellule pour une autre vierge qui arrivait II y avait toujours sept vierges dans la caverne. On y possédait le linge qu'on croyait avoir enveloppé la tête de Jésus mort. Les pèlerins d'Italie pénétrèrent avec.èiiiroi dans la funèbre grotte pour y prier, et n'aperçurent rien de vivant. L'imagination ascétique n'a rien inventé de plus étrange et de plus saisissant que la vie de ces sept vierges dans une caverne, se renouvelant toujours è un nombre égal, tandis qu'autour d'elles les cellules se multiplient en devenant des sépulcres.
Il y avait aux rives du Jourdain des serpents dont la éhair servait à faire la thériaque. En allant de Jéricho à Béthanie, on trouvait une cité appelée BaoHde» qui n'existe ^los. Béthanie avait de grands monastères. Un village du nom de Gelhsémani occupait la place où nous ne rencontrons aujourd'hui que le lérébinthect l'olivier.
L'Itinéraire d'Anlontn nous apprend que le saint tombeau resplendissait de riches ornements et de pierres précieuses. On embrassait et on loucliail le bois de noyer qui portait linscriplion ; Jésui de Nazanlh,roi des Juifs, Oa
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coiiMffVlit dans Téglise de Saint-Jacques, sar le mont Sien, iioe pierre qui , remuée et soulevée , retentisMit à roreillê comme le bruit d'une grande ibule* A Rama » sur le chemia d9 Jérusalem à Bethléem, ou trouvait, dans uoe égUs^t une eau délicieuse à boire qui ne diminuait jamais ; cette source » d*après la tradilian , avait jadis jailli pour désal« térer la Mère de Dieu. Les moines étaient nombreux à Bethléem. L'Itinéraire parle du sépulcre que se creusât dit-il , le prêtre Jérdme , habile à parler et surpassant tous les docteurs dans rinterprétation de TÊcriture. Le tom« beau actuel de saint Jérdme, dans le voisinage de la Crèche du Sauveur, est-il le même que ce tombeau dont parle ici ritinéraire d*AntottinT C'est ce que nous n^osons point décider* On montrait les sépuleies de David et de Salomon & un demi-mîlle de Bethléem , mais noua savons que ces deux rois furent ensevelis dans la ville de Jérusalem , sur le mont Sion. Pïos pèlerins trouvèrent à Beth» léemunG église de David, dont il ne rQ$lc aujourd'hui aucune trace. En allant d<j Jérusalem à Gelboé, ils poi Lèi ont leurs troi^ ^iciies au tumuluâ de Goliath, âeluu i u^age reli-* gieux du pays.
ISous ne suivrons point les pieux Italiens à la riche cité de Gaza, dont les haLilanU étaient bons et hospitaliers» au mont Oreb et au mont Sinaï, à la mer Rouge qui, aux heures du flux, laissait voir, disait-on, les débris de Tarmée de Pharaon changés en marbre, au désert de Paul, • à la ville d'Alexandrie , amie des pèlerins. Avant de reprendre le chemin de leur patrie, ils visitèrent la haute Syrie et la Mésopotamie, et leur intrépidité de yo) ageur fut aussi admirable que leur piété de pèlerin. Cet Itinéraire méritait une analyse étendue; le souvenir des trois pèlerins d'Italie ferme pour nous le Ti" siècle.
Pendant le tu* siècle, nous rencontrons peine queU ques pèlerins sur la route du divin tombeau ; les désastres delà Palestine empécbaientles saints voyages«.Iie remords pouvait seul de temps en temps braver les calamités de la guerre ; c'est ainsi que yers te milieu du sièclet
M UlSTOtRË m JÉRUSALEMr
un prèire* du diocèse d*Aaiiens, qiti fui depuis saint WU* ]^liiage s'étani marié, exeiia la réprobalion da peuple, ék« saisi par le repentir, alla chereher son pardon au pied du Calvaire. A son retour , se jngeant encore indigne da saint ministère , il ensevelit ses jours dans les profondeurs d'une forêt. La guerre de Kbosrou ou KfaosroCs II contre Fempire romain, commencée poiir venger la mort de Mau« lice son bienfaiteur, était devenue une immense dévastation. En 61tt, Schabarbarz , gendre du monarque persan, marchant à la tète d*une armée considérable, s'empara de Jérusalem, livra à la mort des milliers de moines, de vierges et de prêtres, brûla les églises et même la iKisilique élevée par Constantin , emporla les vases sacrés et les ornements» dont plusieurs avaient appartenu au temple de Salomon , et que Bélîsaire , vainqueur de l'Afrique, avait rendus à la ville sainte. Il emmena les solitaires en captivité. Les Juifs de la Palestine furent assea riches pour I aduler quatre-vingt-dix mille prisonniers chrétiens qu'ils avaienL d avance destinés à la mort. Zadiarie, patriarche de Jérusalem , partagea l'exil de son troupeau. Le boisde ' la vraie croix lit partie du butin de Schabarbarz; il fut déposé dans la vilie de Kandsag ou Tauriz. Les proscrits de Jérusalem demeurèrent treize ans au pouvoir des Persans; pendant ce temps Modeste gouvernail l'Église en l'absence de Zacharie; les pieuses libéralités de suiut Jean 1 Aumônier , patriarche d'Alexandrie, i aidaient à réparer les maux que la guerre avait faits.
' L'empoicnr Héraclius, après idiisicurs années de combats victorieux, conclut une glorieuse paix avec Siroës , lefils et le successeur de Kbosrou ; la population captive, le patriarche et le bois sacré de la rédemption lui furent rendus. En 629, il acheva les fèlcs de son triomphe par une cérémonie religieuse à Jérusalem ; au milieu de la multitude accourue à la solennité, l'empereur chargea ses épaules de la croix et la porta au Calvaire. L^exalta*
* (I) BectieH des BoUanéisles^ tome Il«
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