CHAPITRE XXVUL
lioA de la^craiz, le .44 septenllM^, est ii& souvenir de ce.
• iprand joor. Les Viem auteurs udus' disettt que le bois sacré étail resté dans son étui ate&lêir.scèaux nçu rompus;'les' Berscs' n'y ayaient poiut tôàdié; lé patriarelie
.Zachafrie cfuTrit* Tétui avec sa- clef pour la cérémonie.
, Héraclius chassa les JaiCa deléruâilem et remit aux catholiques le sanctuaire que ies Perses avaient donné- aux nestoriens. Modeste avait relevé la basilique dn Saint- Sépulcre , gréce aux secours d^Héraclins.
. Le temps approche où Jérusalem chrétienne rencontrera ses plus redoutables et ses plus constants ennemis. En frappant Jérusalem » cette haute image de la foi de Jésus ; rislamisme attaquera les plus belles , les plus salutaires et les plus fécondes Idées que Dieu ait placées au cour de rhomme.
En 609, un homme de ia Mecque * marchand de chameaux, fils d'Abdallah et d'Amina, de là noble tribu des Koreischites , âgé de quarante ans, annonce à ses proch^ et à ses amis que Tange Gabriel, le visitant dans une •apparition nocturne, Ta salué du nom d'apôtre de Dieu. 11 y ayait déjà longtemps que , chaque année, au mois de ramadan, il avait coutume de médilcr cl de prier dans nue caverne du Mont-Hara, auprès de la Mecque; il rêvait à Fespoir de fonder une nationalité au milieu des tribus d'Arabie séparées entre elles par des liaines profondes, et de rangera runilé religieuse ces tribus partagées entre les docliiues de Zoroastre et celles du sabéisrae, se subdivisant en sectes uonilneuses. Lorsque Mahomet se donna pour prophète , on \n- le erut point ; on lui demanda des miracles comme en as aierit fait Muise et Jésus-Christ ; ses compatriotes étaiciit [uèLs à proclamer sa missiou sui naiurelle , si , à sa parole , le sable du désert se changeait en jardins embaumés, si son pouvoir les transportait en un clin d*œil, eux et leurs marchandises, aux foires de Syrie. L'imposteur dédaignait les miracles comme un moyen trop peu eflicace pour appuyer l'autorité d'uu envoyé de Dieu -, il se i^orna à tirer de sou imagination un
182 UlSTOiRË OË JËaUâALËU.
eoBte merveilleux» aon rapide Toyage nootatne ét la Mocqiae à JénisAlem , monté sur une béte blinclie, pies petite qu'une mole* plus grande qu*an Ane, et aon eseoiiiott Jaiqo*eu t^tième ciel; en franohiasant les hantes demeures» il avait saloé li mesure les patrîarelies, les prophàtee et lessnges» et» par delà les dernières limites. Dieu lai ayant touelié T^nle, un frisson i^acé était entré dans son ottur« Puis il était redescendu à Jérasalem sur sa blanche monture, et avait repris le chemin de la Heeqpie, En moins d*ane heure, le prophète avait traversé tous ces espaces infinis. Chassé de la Meeqne par sa pro< pre tribu (613), il fit une entrée triomphale à liédîne, assis sar un chameau, avec un parasol de palmier déployé en guise de tabernacle, et un turban déroulé qui flottait en manière de drapeau. L'énergie , la dignité et le charme doses paroles, les prodiges qu'il racontait au nom du «iel, les pâtures de son imagination , les richesses qu'il promettait en ce monde et le paradis voluptueux qu'il promettait dans Tautre , multiplièrent en peu d*années le nombre de ses disciples ; monté à la puissance , Mahomet garda la simplicité du marchand de chameaux; raaitre de rHeiijaz, de rYcmen, de toute la péninsule arabique, on le voyait raccommoder sa chaussure, son manlcna de laine, traire les brebis, allumer son feu ; les dalles et reau ]Rire ctaicni sa nourriliire ordinaire ; le luxe de ses repas n'allait pûuil au delà. du lait et du miel; mais il avouait qu'il aimait beaucoup les femmes et les par-
Les traditions arabes (i) nous ont laissé un fort curieux portrait du prophète de la Mecque : il avait le teint coloré, presque blanc ; la tcle grosse et développée , les sourcils bien tracés et fins, l'œil grand , vif et noir, les cils saillants, la main potelée et bien faite, le pied bien dessiné, la démarche facile et aisée comme celle d'an homme qui
(! ) Leurc XXX de M. FetroD, dam le Foyoife de VAH» Minewe, de iuoa frère.
.CHAPiTAE XXVlii. . m
dMcend «ne pente légère» TalUire imposanle et fértte» S*U regardai! à ses côtés » il se tournait gravement et de tout le moavement de son corps. Ses choTeux n'étaient ni plats , ni crépus, ni serrés ; ils tombaient en bondes jusqu'au bas de TorelUe. Sa taille n'était ni courte ni élevée. 11 portait entre les deux épaules le scean des pirophètes : une marque grosse à peu près, comme un OMif de pigeon. Il ne riait jamais qu'au degré du sourire. Il avait sous la lèvre inférieure nn léger pinceau de ba^be blanche qui paraissait à peine. Du reste , ajoute Anak, fiis de Malck , le prophète n*eut pas plus de vingt poils ou cheveiLv biaiics. Mahomet mangeait à terre, se promenait dans les marchés» visitait les pauvres. 11 s'asseyuil à terre en s*accroupissant, las genoux rclcvt's dcvaul lui et les mains posées devant les jambes. Pour dormir il se faisait un oreiller de sa main qu'il tenait avec les doigts étendus. Quand il mangeait , il ne s'appuyait jamais sur le coude.
Voici comment Mahomet parlait de lui-même : c Dieu a créé tous les homaies, et m'a fait le meilleur des hommes ; il a partagé les hommes eu nations et m'a placé dans la meilleure des nattons ; il a partagé chaque nation en trihus et m'a placé dans la meilleure des tribus; il a divisé les trihus en familles et m'a fait naître dans la meilr leure des familles; oui, ma famille est meilleure que les ' vôtres , et mes aïeux sont meilleurs que vos aïeoji. Je suis le chef cl le modèle des hommes et je n'en tire pas vanité; je suis le plus éloquent des Arabes ; e*est moi qui frapperai le premier à la porte du paradis f car c'est moi le premier dont le tombeau s'ouvrira an grand jour, Abraham m*a demandé à Dieu, Jésus m*a annonoé au monde; et ma mère , quand elle m*a enfuilé« a tu une grande iumièie ' de Vorienl à roccident. >
est rhomme dont renthovsiasme fanatique entreprit de elmBger TAsie et rnnifers , en exeitant Ions les sentinenls violents ; il mit le fon aux passions pour aceomplir ses vastes dessins. La guerre était, po«r les tribus d'Arabie, un jeu , un instinct ; un ardent besoin vû Allait des
184 HISTOIHË DE JÉRUSALEM.
loltes atix brûlaotes éucrgies ,da désert : Mahomet leur donna le monde à conquérir. Il n^cùl pas été compris en parlant de charité et de miséricorde ; le signe de sa doc<» tri ne fui Tépée qu^il appelait la clef du ciel et de Tenfer* Missionnaire barbare* il ne s^emparait point dosâmes, mais des corps ; bourrean des consciences « on devait s'incliner devant ses révélations fabuleuses , on choisir entre la mort et la servitude. Ses disciples ne songeaient jamais aux périls ; il leur avail dit qu'une goutte de sang pour sa cause, qu*il appelait celle de Dieu, une nuit passée sous les armes , valaient mieux que deux mois de jeûne et de prière; il loin avait annoncé qu'an jour du jugement les blessures rpTiLs auraient reçues rayonneraient d'un cclesle éclal, exhaleraient des parfums, et que des ailes d'anges remplaceraient les membres perdus dans les batailles. Quand Mahomet mourut cmpoisoiiné à Médine, en 632, il avait pu faire un pèlerinage à la Mecque à la tête de cent quatorze mille prosélytes. On s'est trop étonné, selon nous, delà rapidilé de rétablissement du mahomélisme; la prédication du dogme de Tunité de J>ieu , emprunté aux doctrines judaïques et chrétiennes, arriva au milieu du cahos des croyances d'Arabie comme la lumière dans la nuit ; le ralliement des belliqueuses tribus de l'Hedjaz cl de l'Yémen autour d'un même intérêt politique, sous un drapeau a qui l'empire de l'univers était promis , avait tout à coup coiisiiLué une force terrible; et enfin, les royaumes <rOrienl allaiblis , divisés , livrés à la corrnption et aux langueurs, étaient une proie facile pour des armées s'avançant comme un seul homme, intrépides, sobres , accoutumées à tout braver, embrasées da fen da fanatisme, courant à la victoire ou au paradis, el imposant leur foi à coups d*épée.
. Nous n'avons point encore prononcé lenom^ du Coran que Mahomet feignit de recevoir du ciel , souratépar 80«t-> rate , durant un espace de vingt-trois ans. Dans ce recueil de préceptes de moralo et de religion , écrit avec tonte la richesse, tout- le chame et l'éclat de la langue arabe» il