‹ Histoire de JérusalemChapitre 116 sur 149 · CHAPITRE XXVIIl. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIIl. m

n'y a guère de neuf pour un chrétien que les bizarres et souvent ridicules inventions de Mahomet. On renconlro aujourd'hui des penseurs qui se sont pris de passion pour Tislamisme ; ils nous diraient volûuLioi s ijuc le livre sacré des mubulmans peut suffire à la gloire et au bonheur du genre humain. Définissons duac en deux mois l'œuvre de Mahomet.

Le Coran, imilaiion plus ou moins confuse de nos saintes Écritures, offre, dans son caractère général, quelque chose de local , de mesquin , de puéril; il n'est pas comme rÉvangile qui embrasse les intérêts universels de l'humanité et peut recevoir une application magnifi([uc chez Ions los peuples et dans tous les leiiip^. L'unité de Dieu domine dans le Coran, mais le spiritualisme en est absent; le Coran ne fait rien pour Thomme, il le bisse comme il le prend et ne l'invite point à s*élever à ia recherche de la vérité; il immobilise la pensée, qu'on nous passe l'expression , il en fait une esclave à la manière des esclaves d'Orinnt. L'F.vangîle, au contiaiin, nous dit: Cherchez et vous Irourcrcz ; il nous invite à étudier , l\ méditer, à travailler pour n lulre les sociétés plus parfaites, rendre l'homme plus digne du Dieu qui l'a créé. Le Corni), quand il cesse do pousser au glaive , ne laisse plus rien à faire ici-bas , et nous montre au delà de la tombe un para» dis pour les sens ; il matérialise ainsi Thomme dans le temps et dans rélernilé. L'Évangile fait de la vie un laborieux voyage vers un avenir meilleur ; dans sa compréhen<> sion profonde de notre noble nature, tourmentée da besoin d*aimer et du besoin de comprendre , il promet aux amis de Dieu la double réalisation de tous leurs révcs d*amour et de science. Uyadansrbomme le côté anima! et le cèté di?iQ : le Coran ya au-devant de la béte , l'Kvangile audevant du Dieu!

Voilà pourquoi nous avons toujours regardé Tislainisnie comme une grossière et lyrannique loi» 8*opposant au développement de Tesprit humain et à la perfection de« * sociétés. De nos jours , des publicistes, voulant prouver

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que le Conn ii*enipéclie point le progrès inteUectuel et social» ofit cité en témoignage la civîlisatîoa arabe et les monuments musulmans encore delioot à Cornue, à Grenade* à Séville.

- Établissons d*àbord un fait» c*est la supcriorilë de la race arabe sur la race des osmanlis; TArabe est plus vif » plus intelligent que le Turc; il a plus de coriosilé , plus de iDOu?ement dans Tesprit , plus d*imagiaalioD ; il est plus capable d*imiler et d'emprunter.

Ainsi donc , malgré le despotisme du Coran , rintelHgence arabe devait marcher et prendre son élan; c'est ce qu'elle a fait. Elle a paru avoc éclat dans la carrière des sciences et de la littéralure; elle a culUvc la médecine, les mathématiques, Taslronomie, la poésie et les arts; d'un scal bond elle a atteint un certain progrès, une splen-* deur véritable, et puis tout à coup elle s'est arrêtée.

La civilisation arabe a rapidement pris place parmi les civilisations historiques pour retomber ensuite dans la barbarie primiLive du désert. Le génie oriental, dans les siècles de l'islamisme, a passé comme un brillant météore qui est suivi de ténèbres profondes. Une telle destinée • serait un mystère si le Coran n'était pas là pour nous l'expliquer. Lp Coran isole les n:ilions mnsiilninnes au milieu de ia grande famille humaine, il ne leur prrmel aucun échange dans Tordre intellectuel et moral, et leur interdit tout ce qu*il n'a pas lui-même établi ou prévu. Il -y a dans la science et les arts beaucoup de choses auxquelles il faut renoncer, sous peine de transgresser la loi de Mahomet. Le livre du prophète arabe met la violence à la place de la liberté de l'esprit; il fait de la civilisation musulmane une sorte de cage étroite oii le génie expire faute d'air et d'horizon.

SUITE

DU GUAPlïfiË PRÉCÉDENT.

Les scclateurs de la religion nouvelle s'étaieul lilaneés vors les riches contrées de la Syrie. La balaillo de l'Yer- Diouk avait brisé les forces impériales daiis ce pays. En 636 , Abou-Obeidah , Anirou et Serdjyl , généraux, du calife Omar, qui avait succédé à Abou-Beker, beau-père de Mahomet , se présentèrent devant Jérusalem (El-Kouds, la Sainteté), dont la possession tendait beaucoup la piété belliqueuse des moslems. Us invitèrent les habitants à reconnaître qu'il n'y avait qu'un Dieu et que Mahomet était son propiiète; à cette condition, ils ne verseraient point le sang et respecieraieiiL leurs enfants et leurs biens : € En cas de refus, leur disaient-ils, payez le tribut el soumettez-vous aussitôt; sîuoq nous lâcherons contre vous des soldats qui aiment niieii\ la mort que vous n'aimez ia vie et la chair de porc, et nous ne partirons d*ici qu'après avoir fait périr ceux qui vous défendent , el rendu vos enfants esclaves. î L'espoir d'être secourus par Héraclius soutint le courage des habitants de la ville sainte; leur résistance dura quatre mois. Sophronius, successeur da palriarctiellodMte, fui Ténede celte héroïque rosis^*

m HisToiai:; dë Jérusalem.

lance. Loraqiie le désespoir eitl amené les assièges à la pensée d*ttne capilalation, Sophronius déclara que la Tille ne serait livrée qii*au calife ; le caractère d'Omar était doux et compatissant ; sa présence pouYaît épargner des désastres à Jérusalem. La condition de Sophr^nius fut le sujet d*une conférence dans la mosquée de Médine. Le calife se rendi t à Jérusalem*dans le plus humble appareil ; il était monté sur un chameau rouge, chargé de deux sacs de provisions, d*un sac de cuir pour contenir l*eau à boire et d*on grand plat de bois. « Allah ! achbar ! s*écriat-il à respect de Jérusalem, que Dieu nous donne une conquête facile! > Il s'assit par* terre sous une tente de cuir qu'il avait apportée.

Le traité de capitulation respecta la vie des habitants, mais non point leur liberté. Il fut défendu aux chrétiens de porter des armes , de mettre des selles sur leurs chevaux , de placer des croix sur leurs églises, de carillon* ner , dè prendre des serviteurs ayant appartenu aux musulmans ,-èt d'employer la langue arabe; cette dernière interdrclion "ne subsista pas longtemps , car toulcs les communions chrétiennes d'Orient finireiit par Iruduirccii arabe leurs livres saints. On imposa aux vaincus uti costume de teinte brune et une ciiiulure de cuir. Ainsi périssait l'œuvre de Constantin ; Topprcssioa musulmauu remplaçait la protection impériale. La servitude commençait pour Jérusalem et les chrétiens d'Orient ; celte servitude a duré jusqu'à présent , si on excejitcles quatrevingt-dix ans de domination latine, fondée par les armes des croisés. Les auteurs ecclésiastiques disent que la violente nîU'inle portée à la liberté des chrétiens de la ville sainte ne s'accomjiiil qu'après la mort d Omar. QuelqiK s historiens assurent que le calife ne voulut point faii(3 sa prière dans Tép^lise du Saint-Sépulcre, de peur que les croyants , pour honorer ce souv* nir , ne changeassent la basilique en mosquée. Il se CûtiUnta de faire déblayer l'emplactiiiLiit du temple de Salomon , et d'y marquer l'espace OÙ. devait s'élever une mosquée que h vojfageur

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CHAPiTRË XXYUi. m

relrouYt tneote (4}^ let qvi flt tnoorir jde dottloir le pa- ' trlardie Sôphroniiis»

Les traditions arabes qui nous ont laissé le portrait du fondateor de rislamisme , nous peignent aussi les quatre grands continuateurs de Mafaomct. Elles nous apprennent qu*Oinar était Vigoureux et d'une haute taille» qu*il avait le teint bronié» les yeux louches » r ouges et ardente , le devant et les côtés de la tète chauves ; la barbe et les niousiaches légères'; une touffe de cheveux lui avançait sur les tempes ; il' allait souvent dans les rues et sur les places publiques • revêtu d*nn manteau qui avait plusieurs morceaux recousus sur le dos; il portait alors un bâton on un fouet pour châtier ceux qu*il irouvait en faute* Les musulmans ont vanté Timmensité des connaissances d*Omar;ilsdisentqu*il possédait à lui seul les neuf dixièmes de la science humaine.

Dans les premières anuées du viu* siècle (705), la relation du pèlerinage d*Ârculphc, évéque des Gaules, relation rédigcepar Adamnanus, abbé du mouaslèred*Hii» en Écosse (s), nous parle de Tétat de Jérusalem et des lieux saints. La ville sacrcQ avait qualre-vingt-qualre tours et six portes; il s'y leuail tous les ans , au io septembre", une foire où accouraieiu les pojiulalioas des contrées voisines , et qui laissaient dévastes ordures accuiiiulécs par les chameaux, les cbevaiix et les bœufs; une grande pluie, au dire des pèlerins , ne manquait jamais de balayer ces amas d*imroondicc5; , et les eaux s'écoulnicnl dans les vallées de Josaphatet toniljaiciiUJaiis le [oi i cnldeCédron. Saint Arculphe ne vil qu'une cousli ucUon grossière et vile dans la mosquée d'Omar, assrz étendue pour contenir trois mille hommes. L'église du Saint-Sépulcre, qui n'était déjà plus la même qu'au temps de Constantin , avait une forme ronde , un grand dôme , huit portes, trois autels , l'un au midi, l'autre: au nord, le troisième à Toccidenl ; douze grandes coiounes.la soutenaient. .

(i) Correspondance d*Orient» tome Y.

' <2)Asia.BêBed«/plm8ec«Dda.

biyiiizea by GoOglc

190 HISTOIRE hiù JERUSALEM.

Âu milieu de la rotonde s*éievait le saint tombera ; c*était un monument où six hommes poaTuent prier debout; il s*en fallait d'un pied et demi pour qoeTliomme de U plus haute taille louchât le plafond da sanctuaire sépulcral. L'entréedu divio tombeau faisait face à l'orient; un beau marbre le reeou?rait à Textérieur; à son sommet brillait une grande croix d'or. La sépulture» taillée dans le roc où le Sauveur avait passé trois jours , se trontatt ao célé septentrional du monument; elle amt sept pieds de longueur ; on avait voulu y reconnaître une double tombe; Arculphe, après Tavoir attentivement considérée, ne pat y voir qo*un seul lit funèbre dont il prit la mesuré de la téte aux pieds. Donae lampes veillaient nuit et jour dans le monument ; quatre étaient suq^endues dans le réduit du divin sépulcre ; ce réduit avait trois fols la longueur du lit Nous avons reproduit ces précieux détails, donnés par ces pèlerins du viu* siècle , parce qu'ils sont conformes à la disposition actuelle du saint monument après mille ans de révoluLlons cL de guerres, l.cs grandes traditions des lieux saints sonl une merveille de fidélité historique 1

Une croix d'argent sur la roche du Calvaire, occupait la même place oùTinstrument de la rédemption avait été planté. Arculphe vit la lance, le suaire, l'éponge de la Passion, et la coupe qui servit à la scène; celte coupe était en argent, avait deux anses, et sa mesure elait celle d'un Miier ik France. Sur la cime du mont des Olives, une église sans toit enfermait l'espace où le pied du Sauveur s'était posé pour la dernière fois avant de remonter au ciel ; l'église avait huit fenêtres vitrées, laissant voir chacune une lampe allumée ; et quand la nuit amvait, ces huit lampes inondaient de lumière le mont sacré. 11 y avait, comme à Tépoque de saint Ânloniu , une grande croix à l'endroit du Jourdain où Jésus reçut le baptême; de plus» un pont de pierre était jeté sur les deux rives; un sanctuaire marquait le lieu où se trouvaient les vêtements du Christ pendant que Jean le baptisait. Un monastère et une église de saint Jean s'élevaient dm h voisiiui8«» Ifona

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