‹ Histoire de JérusalemChapitre 123 sur 149 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

kii auraient attirés ses torts envers Tancrède , impatient aassi d*avoir sa part des (résors de TAsie^ s^aventura du e6té de TËaphrate avec mille guerriers entraînes par ses promesses, et fonda la principauté d'Édesse dans le riche pays de Mésopotamie.

Les annales des nations n'ont jamais eu à raconter un siège d*an intérêt aussi dramatique, d*un caractère aussi frappant que le si^e d*Antioçhe (t) par les six cent mille chrétiens enrôlés sous les drapeaux de la croisade. Il y a dix anSt quand nous cherchions à nous rendre compte (i), les chroniques à la main, des travaux de nos guerriers francs autour de Tancienne capitale de la Syrie, Taspect des lieux ajoutait à la vivacité de tant dliéroïques et tristes souvenirs. Les murs de Nicée n'avaient connu que Téclat et la gloire de nos croisés; les murs d'Antioche virent se développer toutes les grandeurs, toutes les passions, toutes les misères de la croisade , durant un campement de près de huit mois. Antiocbe, avec ses remparts de trois lieues de circuit, ses cent trente tours, son fleuve au nord et ses montagnes au midi, redoutait peu les attaques. Les deux victoires remportées sur le sultan Kiiîg-Arslan avaient rempli rOricnt de la terreur des armes latines; les croisés espéraiciiL (lue Teirroi leur ouvrirai l les porlois d'Autioche; dès qu'il leur fut prouvé que les niu^ulnians avaient résolu de se défendre, le manque de machines de guerre révéla aux esprits prévoyants uije sombre perspective. L abondance et les plaisirs de Tautomne sur les bords de TOronte écartèrent d'abord Timage des malheurs lulurs; mais quand les jours de l'hiver eurent amené la disette et les pluies, quand cette multitude d'hommes se trouva placée entre la famine et les hautes murailles immobiles et les portes qui ne s'ouvraient point, le vallon d'Antiochc lut témoin d'effroyables misères et d'un immense désespoir. L'espace manqua aux sépultures que la faim et les maladies creu-

(1) Histoire des Croisades, livre III.

(2) Correspondance d'Orient, leUre CLXXI. ÉUiile locale du siège et de la prise d'Antioche inr les croisés.

HÎSTOIRB DB ijSRVSALEH.

gaieuL sans cesse. SoixaiUo huil mille chevaux de bataille périrent faute de nourriture. Un grand deuil, une silencieuse désolation s'étendaient sur le camp; les contrastes vinrent accroître l'horreur de ce spectacle : la débauche coudoyait la mort daus les tentes pourries par les pluiet de l'hiver.

Des ambassadeurs du calife du Caire se présentèrent au camp des chrélieus qui» voulant cacher aux enoeraîs leur misère, les reçurent avec des airs de maguiOeence et de joie. Les députés égyptiens promettaient Tappui de leur maître, si Tarmée des Francs consentait à se borner à un simple pèlerinage à la ville sainte ; les chefs d'Occident avaient gardé toute leur fierté ; ils répondirent tiu'ils n'avaient point passé d'Europe en Asie pour recevoir des conditions et que leur bot était la délivrance de lérosa* lem. Au moment où les ambassadears du calife» retournant en Égyple» 8*embarquaient au port Seint^Siméon , aujourd'hui 8mudià,k Tembouebure de TOronte, ils virent arriver quatre chameaux chargés de deux cents tètes de guerriers musulmans; nos princes leur envoyaient ce message pour leur donner des nouvelles du courage des chrétiens.

L'Arménien Phirous, fila d*un fibricant de cuirasses » renégat ambitieux qui s'était emparé de la confiance d'Ao-^ cien, gouverneur d'Atttiocbe, livra la ville à Bohémond. Nous avons reconnu sur la rive gauche de l'Oronte^ à Toccidenl de la cité, la tour des Trois-Sœurs» oè les croisés s'élancèrent la nuit par une échelle de cuir, et d*oi^ ils ' se précipitèrent dans Antioohe qu'ils remplirent de car* nage. Nous avons vu sur le troisième mamelon de la montagne d'Antioche , à l'orient, la citadelle , dans laquelle la garnison musulmane put se maintenir après la prise de* la ville. Les croisés avaient été de nouveau assiégés par l'armée de Kcrbogâ, prince de Massoul (l'ancienne Nittive), et de nouveau réduits à toutes les extrémités de la famine. Les triomphateurs de la capitale de la Syrie formaient une pâle légion de s^teclres. La découverte dans Téglise de

GIUPITBBIX3L M

fiaint-Picrre, d'uu fer qu'on croyait être la sainte lance, embrasa soudain d'une ardeur puissante toutes ces âmes abattues. Des hommes, auparavant ( xLénués, moribonds, portent la main à leurs armes et demandent à corabaltre un ennemi dix fois supérieur en nombre. Sortis par la porte du Pont, précédés par la sainle lance et partagés en douze corps, ils attaquent les bataillons de Monssoul, et eeul mille cadavres de musulmans couvrent les deux rives de rOronleetle vallon d'Anlioche. Jamais l e Uhousiasine religieux n'avait enfanté un pareil miracle. La immense bulin fut le prix de celle victoire inouïe.

Bohémond , génie entreprenant , rusé , fécond en ressources, était allé en Orient, bien moins pour servir la cause de Jésus-Christ que pour agrandir sa propre fortune polUiqae. En IrâiUnl secrètement avec Phirous , il 8*éUU réservé la possession d*Antioche, et TArménieii mii attaché cette conditioa à ses importanU services. Tous les princes, excepté Raymond de Toulouse, fatigués de travaux Inutiles et de longues misères, y avaient consenti. U nuit de rentrée des chrétiens à Antiocbe faisait à peine place à Taube naissante, et déjà le drapeau rouge du ais de Robert Guiscard flolUit sur la plus haute tour de la ville. Après la défolte de Kerbogà, la bannière de Raymond avait été pUntée sur la citadelle. De violenU (lëlats éclatèrent ; la prise de Marrab, située entre Uama el Âkp , donna lieu à des discordes nouvelles. Les profanée ambitions occupaient les casurs des princes. Godefroid et la multitude des pèlerins songeaient seuls è Jérusalem. La foule demandait qu'on la conduisit à la ville sainte ; il fallut laisser passer les ardeurs de Tété , puis, lorsqu'ar* riva l automne, il parut bon de ne pas entrer en campagne à l'approche des pluies de ITilver. La mcrt de cinquante mille pèlerins enlevés dans un mois par une maladie épidémique, fut le premier fruit de la prolongation de séjour à Anliochc. Enfin on fixa le départ au mois de mars de Vannée suivante (1099). A cette époque, l'armée chrétienne, à Texceplion de lioUémond resté dans sa nouvelle

na HISTOIBB DE ilSBUSALEM.

principauté, se Iroava réunie sous les murs d'Archas, à quelques lieues de Tripoli. Sur six centinille croisés, on en comptait trois cent mille en état de comballrc à leur arrivée à Anttoche; la mort et la désertion avaient réduit ce nombre à cinquante mille. Ce fut à Archas que le pauvre prélre Barthélémy de Marseille se vit dans la nécessité d*altestcr par Tépreuve du feu la vérité de ses visions jjur la sainte lance. Ce fui là aussi que les croisés reçurcnl une seconde ambassade du calife d'Égyple qui vuiia.iL d'enlever Jérusalem aux Turcs divisés.

Les cinquante mille pèlerins, rangés comme un seul homme sous les lois de la disciplitie, formaient encore une armée imposante. Tortose et Gibelet avaient ouvert leurs portes à Guderroid et à Hoberl de Flandre. L*émir de Tripoli, ballu par les croisés, se soumel au tribut; Bcrythe, Sidon et Tyr leur donnent des vivres ; Plolémaïs promet de reconuailre leur domination après qu'ils auront conquis Jérusalem; Caïfa, Césarée , Anlij)alride , Ramla, Lydda ne lente ni aucune résistance. Cette marche de l'armée de la croix dopuis Tripoli jusqu'à Ramla fut comme une brillante et pieuse fête. Les pays dont les noms appartiennent aux souvenirs bibliques se montraient aux pèlerins francs dans tout Téclal d'une parure prinlannière. Ils contemplaient le Liban avec son manteau de cèdres, ci cherchaient sur les cimes azurées les grands aigles de l'Écriture; les nombreux ruisseaux ou rivières produits par les sources delà montagne et les fontes des oei^^es les faisaient songer aux tourments de la soif, qu'ils avaient éprouvés dans les arides solitudes de laPhrygie. Les jardins d'orangers, de jujubiers et de grenadiers qui environnent les cités de la côte de Phénicie, les cannes à miel, la magniGcence delà Tégélation et le parfum des Heurs annonçaient la terre de promission à ce nouvel Israël sorti du désert d'un long et difficile pèlerinage. L'armée do la croix salua le Carmel, à qui Dieu a donné la beauté comme il a donné au Lilnn la gloire; chaque pas la mettait en possession des sainles merveilles de la Judée ; elle 8*avançail dans une

CHAPITRG XXX. m

Borle de inonde ineifiiblc qui redoublait son enthousiasme et sa foi.

Enlisant les chroniques de la première croisade, nous avons toujours été surpris de l'hésitation qui saisit tout à coup Tarmée chrétienne I dix lieues de Jérusalem. On tinl conseil à Ramla pour savoir si on irait attaquer Damas ou le Caire. La croisade avait élé comme une longue pas* sion pour la délivrance de la ville de Jésus-Christ ; à l'approche de raccomplisseiiieiiL du dernier acte de ceLle passion douloureuse, sous les pâles oliviers de ce Gelhsémani où devait passer le courage, l'armée chrélieauc détourna un moment la lèle; mais la pensée de tant de travaux glorieux et les inspirations du Calvaire et du saint lo.mbeau l'aidèrent à remplir jusqu'au boni son destin.

Depuis rr nd éc des raoalagues de la Judée, à deux lieues de Ramla, jusqu'à Jérusalem, il n'y a d'aulres chemins que les Mis des torrents, les sentiers pierreux, les pentes escarpées; des amas de sable, des rocs détachés par les pluies orageuses arrêtent les pas du voyageur ; on marohe péniblement dans une suite de défilés, entourés d'horizons étroits. Les figuiers, les caroul)iers et les oliviers croissent au penchant des monts; des arbustes el de longues herbes couvrent les bords des sentiers el des précipices. Une armée ne pouvait franchir ces rudes collinesqu'avec une ex Irôme lenteur, surtout au milieu des dévorantes ardeurs d'un soleil d'été en Judée. Aussi les croisés partis de Ramla au lever du jour, purent à peine arriver avant la nuit dans la vallée d'Analhot, à trois lieues de la ville sainte. Le lendemain, dans la matinée (7 juin 1099) , l'armée qui avait trouvé si lente la nuit passée à Ànalhot, Iressaillail d'enthousiasme et tombait à genoux à la vue de Jérusalem. Un frémissement religieux pénétrait dans tous les rangs ; des pleurs ruisselaient sur les visages ; les cris de ; Jérusalem, Dieu le veut! retentissaient au loin à travers les montagnes. Voilà la ville, dont le nom avait arraché de leurs contrées natales les nations de l'Occident 1 Voilà ce lieu pour lequel on avait tant souffert t tant combattu 1 Depuis plus de qualro

m HISTOIRB D£ JÉRUSALEM. '

ttècleSt Jérasalm captive attendait dos libéntoan; cha* que pèlerîii d*Earope qui était allé la TÎsiter avait été pour elle comme tioe espérance , et maintenant cette espérance s'accomplissait! Rois et prophète» des jeofe antiques, sop> tes de vos sépolcres pour y recevoir les saovenrs venus des loIntaliMS rives dn couchant ; David , prenex votre harpe poer redire que U Seigimar ëim$ Im portm 4$ Sûm pht$ gm Umtu (e$ Untaiô Jacob (i), et vous, fils d*Amos, annonces à Jérusalem que Theure est venue où elle doit sortir de la poussière et rompre les chaînes de son cou (t)l

(l)PMniBeLXXX?l.

(S) balt, SI.

Digrtizeij Ly <jOOgIe

SUITE

DU CHAPITRE PRÉCÈDENT

Nos lecteurs connaissent Jérasalem que Gaitkame de

Tyr (i) appelle la Cité servante de Dieu, et Jacques de Vilry (2) , la Cité des cités , la Sain le des sainte», la Nourrice des prophètes , Tlnslitatrice des apôtres, la Patrie du Seigneur, la Mère de la foi comme Rome est la Mère des fidèles. A l'époque de l'arrivée des croisés, elle avait ^ardé rrlL'iuIue que loi doiioa l'empereur Adrien en la rebàtissaiiLi cette élerulue, formant ua carré long, est restée la ménic aujourd'hui, sauf uu léger agrandissement du côté du nord-est qui date de Soliman. On peut faire le lour des murailles dans une heure. L'archevêque de Tyr a dit avec vérité que Jérusalem est plus petite que les grandes villes et plus grande que les villes ordinaires. Les croisés Irouvèrcnt les fortifications en bon état; les luttes des Turcs et des Égyptiens pour sa possession n'avaient fait qu\iccroître ses moyens de délcnse. Tous les musulmans des environs s'étaient n fagiés à Jci usalem; la ville renfermait quarante mille guerriers égyptiens, commandés par un

(1) Livre VIIL

(2) Livre I.

HISTOms DE iemiSALEH.

chef nommé iflikhar-Etldaulo {la gloire de Vempire). Le nombre des croisés on élat de coniballre, diminué (]o[>ais le dépari d'Ârchas, n'élalL plus (|uc de vingt mille; le reste des pèlerins se composait d hommes malades ou sans armes.

L<^ patriarche Siméon , le même dont les gémissements avait iil remué Tâme de Pierre l'Ermite, élail allé demander des secours d'argent aux chrétiens de 1 île de Chypre; on ignornit aux pays de Famagouste , d'AniathoiUe et de Paphos ce qui se passait alors aux portes de la ville sainte ; en l'absence de Siméon , les outrages et les menaces ne laissaient aucun repos aux fidèles de Jérusalem , et beaucoup d'entre eux avaient cherché un asile dans les rangs des guerriers francs. Gérard Tune, le pieux fondateur de Tordre de Saint-Jean, originaire de Martigues, en Provence , avait été emprisonné pour que sa charilé ne pÀI venir en aide à Tarmée chrétienne.

La précision et Texactitude loci4es manquent fréquemment aux vieilles chroniques ; il y a presque toujours des ténèbres dans leurs récits. On a souvent parlé de Thisloire comme d'un flambeau ; la vue des lieux est elle-même un brillant flambeau pour éclairer les récits du passé. Vingt-deux ans d'étude n'avaient pn expliquera M. Micbaud par quel point et comment Gedefroid et ses compagnons avaient pénétré dans Jérusalem, le U'oublierai jamais les heures où nous cherchions ensemble, sous les murs de la ville sainte, la solution des problèmes historiques qui Favaient si longtemps occupé. Au premier aspect du profond ravin de Josaphat , entre la ville et le mont des Olives, et des escarpements du vallon de Gébennon ou de Gton, au midi et au sud-est, -nous avions compris TimpoS'* sibiUlé d'établir un camp ailleurs que sur Tesplanade qui s*étend au nord de Jérusalem, Nous marquions de ce cûté'là, entre la grotte de Jérémie et le Sépulcre des rois» les positions de Godefroid, de Robert de Normandie et de Robert de Flandre, en face de la porte actuelie de Damas et de la petite porte dWrode, aujourd'hui murée; m

CIIAMTBE ICXX. m

leur droite, nous apparaisse ienl les Icnlcs de Tanorède, à Tangle nord-ouest des murnilles, surmonté à celle époque truiie lour, appelée tour Angulaire, et qui plus lard prit le nom de Tillustre chevalier. Le comle de Toulouse, entouré de ses pèlerins du Midi, couvrait les haur leurs, appelées maintenant colline de Saint-George ; il avait devant lui la porte du Couchant et la citadelle de David ; un enfoncement de terrain et une vaste piscipe le séparaient des mms de Jérusalem, et cet éloignemenl Tobligea de transporter une partie de ses forces au midi sur le mont Sien , dont une moitié, comme on sait, est Testée en dehors de la ville depuis la reconstruction de Tcmpereur Adrien ; ce dernier poste était devenu le pluç périlleux par Textréme voisinage des remparts. L^attaque ne portait donc que sur les lignes du nord , du nord-ouest ei de Touest. L*aulre cdté de la ville, depuis le nord-ouest jQsqu*au sud-est , était forcément demeuré à découvert. Le si^e est admira|fement raconté dans VHUtmre des crokadei (i), et nous n*avons rien a y ajouler.

Aujourd'hui « comme il y a sept siècles , les murailles du côté du nord-est sont la partie la plus faible de Ten* ceinte de Jérusalem ; c*est par ce point que les croisés entrèrent dans la ville. La porte de Saint-Étienne fut la première qa*on enfonça* Les guerriers francs étaien t restés * trente-huit jours sous les murs de Jérusalem. Le fléau de la soif « au milieu de ces montagnes sans eau , et dans la plus brûlante saison de Tannée, fut aussi effroyible dans Tarmée chrétienne que Tavait étéia famine au siégod*An* tiochc. Nous ne répéterons point les horribles scènes de carnage qui suivirent la prise de Jérusalem , et firent de la ville sainte une vaste boucherie. Un plateau, formé de quatre portes , flanquées chacune d*une tour servant de minaret, environnait la haute enceinte au milieu de laquelle s'élevait la mosquée d'Omar ; le temple s'était offert aux musulmans éperdus comme un refuge , maib les vain-

(1) Sixième édition.

POU400UT. — T. n. 15

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quciirs iréiironl pas de pt-iiio à forcer col asîlo qui n*aVâit plus les formidables moyens de défense de Fancien templô de Salomon. ï.eur furieuse vent^cnnce duuigca en mer de

- sang lit en montagne de cadavres la mosquée d'Oinar et son double parvis. Dans ce lieu où le sang des animaux coula si longtemps sous le couteau des prêtres de Jéhovah, répée chrétienne , emportée par une atfreuse ivresse de lâTÎctoirCt voulut faire expier à Tislamisme la longue oppression dont il avait frappé les adorateurs du Fils de Marie. Ces hommes qu'on venait de voir cruels et terribles comme les bétes des forêts , devinrent tout à coup comme autant de moines doux et fervents, fondant en larmes et ^e frappant la |N>itrine dans la basilique du Saint-Sépul* tre. Des étrangers se mettant à la place d'un peuple anéanti, un roi donné à Tempire chrétien naissant « aH patriarche latin placé à la tète de TÉgUse de Jérasalem el des pasteurs choisis pour le gouTernement des diverses cités soumises aux armes chrétienne ^ toute cette révolu-^ tion qui changeait la face politique et religieuse de Ji^tt- SHUm fut ToBUTre de peu de jours. La bataille d'Âsiiàlon (i), rétaporiée sur trois cent mille ennemis, fat lin dernier coup qui épouvanta TAsie musulmane, et la poésie arabe, Interprète des sentiments des disciples de Ibhomet , pot

* s*écHer alora avec une funèbre vérité :

I Nous avons mêlé le sang à Fabondancejle nos brmea. I 11 ne nous reste pas d*abri contl*e les ïnâlheors qui nous t menaient. 0 enfants de rislaroisitae, bien des com- 1 bats TOUS restent à soutenir, dans lesquels vos létes k rouleront à vos pieds!... Vos frères dans la Syrie I ii*ont pour se reposer que le dos de leurs chameaux et I lès entrailles des vautours (i). >

Après la prise d'Ântioche , les pri nces chrétiens avaient atinoncé à FEurope les victoires dé Tarmée de la croU;

(1) Histoire des croisades, line IV. Gorretpondanoe dX)rleiit|

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