CHAPITRE XXXI
I les aulres lui faisaient appuyer la tète sur leur poili inc ; • d*aotres pleuraient et s'affligeaient en le voyant soulii ir, t eraignant de perdre ce prince illustre dans un exil . t aussi lointaio» i Tous les chrétiens qui se trou?aient dana la Tîlle^ appmant la maladie du roi, s'empressaient autour de sa demeure pour recueillir les nouvelles, et de lifiuts pèlerins Yénitieas» introduits auprès da prince , lui effraient des vases d*or et d'argent , de la pourpre et précieuses étoffes. Godefroid leur promit de se montrer le lendenain daes la Tille^ pour peu que son mal lui en laissât la force; mais les douleurs augmentant toujours» il se fit transporter la nuit suivante, en litière, à Jérusalem. Godefroid, sentant sa fin prochaine, c confessa ses péchés, < dit Albert d*Aix,aTec unevéritable componction de cœur I et en versantdes larmes ; il reçut la communion du corps I et du sAng du Seigneur, et, couvert du bouclier spiri« c tud, il fut enlevé à la lumière de ce monde. Après la c mort de cet illustre duo et très-noble athlète du Christ* c tous lés chrétiens, Firançais, Italiens, Syriens, Armé* c nîens , Grecs , la plupart des gentils eux-mêmes, Arabes, f Sarrasins et Turcs, se livrèrent aux larmes pendant t cinq jours , et finent entendre de douloureuses lamenta-* c tiens. •
Le libéirateor de Jérusalem eut la gloire d*étre enseveli aou8 le CalTuire, è trente pas du tombeau de son IMeu. D*après GuillauMe de Tyr (t), avant Tarrivée des Latins , le Golgotha était en dehors de Téglise du Saint-Sépulcre, et n*avaii que d'humbles oratoires; les nouveaux maîtres de Jérusalem, agrandissant la basilique, avaient enfermé dans l'enceinte la portion de la montagne sacrée, ou se dressa la croix du Sauveur. A la mort de Godefroid, oa acquitta ses délies, et on fil des atnnônca (■>) avec le peu q\i'il avait laisse : sa courte royauté n'avait été qu'une laliorieuse lutte et une immolation. Godefroid, TAgamemnon
Alh^n U'Aix, livre VII.
des croisades , mais Agamemnou chrélicn , est toujours admirable , sur le champ de balaiUe comnie dans les conseils, à la léle des princes du pèlerinage comme eu oraison dans la poussière de Thu milité ; lorsque « dans les bois d*ÂDtiochellc de Pisidie, U expose sa vie pour triompher d*un ours qui allait dévorer un pauvre pèlerin, ou» lorsqu'au siège d'Arsnr, il reçoit assis sur un sac de paille, une dép^latiou des émirs de Samarie, il ennoblit l'héroisme par une charité inconnue au monde paSen, et complète sa gloire par une simplicité digne des jours primitifs de VOrient. Nos mains ont touché sa forte épée , conservée aujourd*hui encore dans Téglise do Saint-Sépnlcre, et ce souvenir nous charme, pendant que nous cherchons ses illustres traces dans les vieux récits de ses contemporains.
Des œuvres de législation achèvent de placer Godefroid au premier rang, parmi les grands hommes du moyen dge. Ce nouveau royaum<j de Jérusalem, où se rencontraient mille ambilions, mille passions diverses, des aven- Inriers de tous les pays, avait besoin d'un code qui traçât à chacun sou devoir et maintint la justice. Baudouin, prince d'Édcsse, et Bohémond, prince d'AïUioche, éhnt venus à Jérusalem accomplir leur vœu , GodelVoid proiila de leur passage pour travailler à établir le droit fi'odal, civil et criminel. \)v doctes hommes qu*il réfinit dans sou palais, sur le mont Sion , furent charges de rédiger une grande partie des lois et usages connus sous le nom d\isnses du royaum d$ Jérusalim, Les successeurs de Godefroid ajoutèrent à ce code, à mesure que Texpérience et la réflexion leur inspiraient des améliorations législatives; mais ce fut Godefroid qui jeta les grandes bases de ce monument, et la colonie latine lui dut rinstilulion de la kisuteeùur, et de la wur du bovofeoU, Les droits du roi qui ne tenûit ton rwfol fief ^auewu barom, de personne far Dieu, les rapports de dépendance que lui devaient les barons et tous les seigneorsy Torganlsalion judiciaire pour les nobles et les bourgeois » el pour les chrétiens i^di-*