CHAPITRE XXXI. t
de Daîmbert. Gibelin , archevêque d*Arle9 , envoyé comme Icgat de la cour de Rome , pour arranger les affaires ecclé* Mastiques de Jérusalem, déposa Ëbremar et fui Ini-méme nommé patriarche : il était d*un âge avancé. ArnoaU resté archidiacre de Téglisedu Saint-Sépulcre, favorisa son élection dans Vespoir de recueillir promptébent son héritage. En effet, quatre ans après (1111), cet Arnoul, que le vulgaire appelait mauvaUe couronne {\) (ce qui veut probablement dire mauvaise léle), remplaça Gibelin, H maria sa nièce à Eustachc Grenier, seigneur dv. Sidon el de Césarce , en lui lionnatil pour doL les meilleures portions du paUinioine de 1 Eglise : Jéricho el toutes ses dépendances, dont le revenu annuel s'élevait à cinq mille pièces d'or. Déposé en 1115 par l'évêque d'Orange, légat du pape l'ascal, Arnoul s'en alla à Rome, rétablit son crédit dans Tespril du souverain pontife et revint occuper î5on siège de Jérusalem.
Les courses guerrières du roi Baudouin sont marquées d'un grand caractère de poésie. L'inconnu sourit à son génie, il lui faut d'héroïques aventures et des terres nouvelles : il aime à tenter le destin , et le péril a , pour son âme, une irrésistible séduction. Si tu ai peur, va-Ven d Bourges, dit-il à Harpin, comte de Bourges, qui lui donne des conseils de prudence au moment de livrer bataille avec des forces inégales contre une armée égyptienne sortie d' Ascaloo ; dans un précédent combat, aux environs de Hamla, Baudouin, monté sur une jument que sa légè* reté à la course a fait appeler la Gazelle, s'était élancé k travers les rangs ennemis avec sa bannière blanche attachée à sa lance. Pour exciter ses compagnons à la victoire, il leur disait que l'Orient n'offrait aucun asile aux vaincus, et que la France était bien lolnl Les expéditions du roi, au delà de la mer Morte, au port d'Hellîs, THelath des Hébreux (aujourd'hui Âden) et sur les rivages de la mer Rouge, avaient charmé la curiobité de 6qu esprit ; la con-
(1) Guillaume de Tyr, livre XI.
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struction On cbàteau de Monlréal (Cbaubek) , dans celle portion de TArabie que nos chroniques (i) nomment Syrie dê Sobal, avait établi la menaçante domination de Baudottio au milieu de peuplades étonnées de sa puissance. Arsur, Césarée, Sainl-Jean-d'Acre, Tripoli, Biblos, Sarepla , Sidon , se rendirent à ses armes. Nous avons parlé , dans la Curretpohdanced^Orient, de toutes ces places et de leur occupation parles.croîsés. Baudouin soumettait ainsi des cités de Syrie que n'avaient jamais possédées les Hébreux» et sa courageuse activité agrandissait son royaume.
Pendant le siège de Tripoli, il vit mourir le vieux Raymond que rOrient n*avait point consolé de tout ce qo*il avait quitté en France ; le comté de Tripoli , devenu un héritage pour sa famille» paya les sacrifices et les exploits du prince de Toulouse. La nouvelle de la mort de Tancrède (1112) retentit comme une calamité au milieu des joies de la conquête de l'ancien pays phénicien. Tancrède^ durant la caj^tivité dé Bohémood , laissant à Hugues de Saint-Omer la principauté de Tibcriade\ s^ctait établi prince aux bords de TOronte, d'après le vœu des chrétiens. Le jeune Pûus, iils du seigncui' BerLrand , comte de Tripoli, sei'vait sous son drapeau ; à sa dernière heure, Tancrède fit appeler sa femme Cécile , fille de Philippe, roi des Français, ainsi que le jeune Pons, et Icui conseilla de s'unir, après sa nior l , par les liens du luariage : on le lui proniiL et on lint parole. Quelque temps auparavant, Bohémond avait fini ses jours dans la Ponille au milieu de ses ardents efforts pour frapper reni[)ir(' l^vcc.
L'argent manquait au roi Bauduuin , il avait à peine de quoi suffire à ses besoins de tous les jours et à la solde de ses frères d'armes ; il songea à faire un mariage qui lui donnât des trésors. La femme qu*il avait épousée à Édesse était soupçonnée de légèreté dans ses mœurs , il Icnfcrma dans le monastère de Sainte-Anne , situé près de la porte de Josaphat, à peu de distance de la piscine Probatique;
(i) Gnillaume ée Tyr, livre XL