‹ Histoire de JérusalemChapitre 131 sur 149 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

puis* comme eût élë veuf, il fit demander en mariage la comtesse de Sicile , veuf de Roger, frère de Rol»ert Guiscard. Les inspirations irréligieuseè d*Amottl poussaient Baudouin. Dans Tannée il43 , la puissante et riche comtesse de Sicile, ne se doutant point qu*il y avait une reine de Jérusalem encore vivante, débar^à SaintJeand*Âcre avec de grandes sommes d'argent et des navires chargés de provisions et d'armes. Trois ans plus tard, Baudouin , saisi de remords dans une grave maladie^ renvoya sa seconde femme; Roger, fila de la princesse sicilienne, ne pardonna point cet afRront au royaume de lérusalem.

La ville sainte manquait dliahitants : il n'était point permis aux musulmans d'y établir leur demeure ; les Latins étaient en si petit nombre qu'ils occupaient à peine une rue de la ville (i) ; les Syriens, décimés par les lou-

gues persécutions, n'offraient que de pauvres débris; le manque dépeuple, celle cause par laquelle devaient périr un jour les colonies chrétiennes, préoccupait déjà Baudouin. Il y a^ail au delà du Jourdain une multitude de chrétiens qui payaient encore tribut aux anciens oppresseurs de la terre sainte; Baudouin leur fit proposer de venir habiter Jérusalem ; bientôt ils arrivèrent avec leurs femmes et leurs enfants, leur gros et leur menu bétail; un quartier leur fut assigné, des campagnes abandonnées leur échurent en partage, et la cité sacrée eut de nouveaux défenseurs.

Le génie de Baudouin était trop a rétroît en Syrie : îl méditait d'ajouter à son royaume ce pays d'Égypte d où, tauL (1p fois, lui étaient arrivés des ennemis, et dont la conquête eut été un si grand bien pour les Étals latins. Le mal qui conduisit Baudouin n la mort surprit vers les bords du Nil ses pas viclorieux ; un cippe de pierres à El- Arich marque la place où les entrailles du roi furent ensevelies, et longtemps on donna le nom de Sablu BM'

(l)Lifre)U.

éouin (i) m |oUiad^ sablonneuses qui mènent de Sj^rû» en Ëgypte.

Baudouin du Bourg qui avail remplacé le frère de Godefroid dans le comte d'Édessc, leremplaça aussi sur le trône de Jérusalem ; durant ses douze ans de règne « il fut bit deux fois prisonnier et demeura sept ans dans les fers des musulmans. Tandis que Baudouin 11 gémissait devoir sa bravoure enchainée dans la forteresse de Gbaran , en Mésopotamie, la prise de Tyr vint ajouter à Téclat fit à U force de Tempire des Francs; Eustache Grenier, nommé végent du royaume en Tabsence du prince captif, avait tenu tète aux attaques des Égyptiens. Baudouin II paya le prix de sa rançon avec le butin d*une victoire qull rem* porta sur le térritoire de Damas ; lorsqu'on 1151 , il acquitta sa diite encin h mortf comme parlent nos chroniques, quelques bruits degloire s'étaient mêlés au souvenir de ses malheurs. Ce prince, dont les genoux et les niains s'étaient endurcis par les pratiques de la piété » s'occupa utilement de Tadministration intérieure du royaume; voulant assurer rapprovisionnement de lérusalem, il avait permis par une charte aux Arméniens, aux Syriens, aux Grecs cl même aux Sarrasins de porter à la ville sainte, en franchise de tous droits, le vin , le blé et toute espèce de grains.

Le patriarche Arnoul , dont les jours s^étaient achevés en 1118 , avait eu pour successeur Gormond, né à Péquigny, dans le diocèse d'Amiens, qui était mort en Sidon , poiiiUint qu'il dirigeait le siège d'un clifiieau du voisinage; à sa place avait élé nommé Étienne, d'abord chevalier, puis abbé de Saint-Jean de la Vallée , monastère situé près de Chartres. Ressuscitant les prétentions de Daimbert, peut-être parce qn il savait manier l'épée , Étienne voulait qu'on lui cédât Jtm salem et Joppé après la prise d'Ascalon ; mais «on patriarcal ne dura pas deux ans. Ou rapporte que

(\) Aboulféda, quatrième volume de la Bibliothèque des croi* sades.

Page 1