‹ Histoire de JérusalemChapitre 132 sur 149 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

EaudoiTÎn II étant allé lui demander comment il se trou* vait, Étienne mourant lui répondit : t Nous sommes, c seigneur roi, dans Tétat que vous avez voulu, i Rien de positif ne put appuyer le soupçon d'empoisonnement. Guillaume, prieur de Téglisedu Saint-Sépulcre, homme de vie pieuse, beau de sa personne, mais peu lettré, succéda au patriarcbe Étienne, et ce fut lui qui couronna, dans la basilique de la Résurrection, Foulque d'Anjou, cboisi pour recueillir le royal héritage de Baudouin II, son beau-père. Quoique Téglise de Bethléem eût été érigée en église épiscopale depuis Baudouin P', on n'y sacrait plus les rois de Jérusalem ; le voisinage du Calvaire avait cessé d*étre un scrupule pour les princes latins appelés à la couronne d'or.

Foulque d'Anjou, parvenu au trôné dans un âge avancé, n'avait pins assez d'énergie pour entretenir Tactivité militaire des cill é Liens ; la "Soumission de Panéas» aux sources du Jourdain , iuL le seul événement de son règne. Pains , son graiel échanson, bàliL lu forLeresso de Carac , dans le pays d'Arabie, non loin de Rabbalh , où réjiuux de Belhsabée était tombé victime de la passion de David. Nos chroniqueurs ont confondu Carac avec l'ancienne l?( lra, aujoard'hui Ouad^-^foum, dont les voyageurs modernes ont admiré les tombeaux, le grand temple et le théâtre. Sous le faible Foulque d'Anjou , 1 oisiveté de l'épée avait enfanté la discorde des esprits. Mais, avant de suivre les colonies dans leur décadence, arrêtons-nous devant le spectacle de la conqnéte latine, contemplons dans toute son étendue celte œuvre où sont entrés tant de sacriiices et tant de gloire.

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SUITE

DU CHAPITRE PRÉCÉDENT

Les Élals chrélieiis s'étendaient depuis le Taiirus cl les rivages de l'Euphrale jusqu'aux terres é^yplienncs de Thanis et de Péluse; ils se composaient de Uois principautés indépoiidantes (i) et du royaume de Jérusalem. La principauté d'Édesse, maintenant Orfa, comprenait une partie de la Cilicie et de la Mésopotamie, des régions fi^condes , des forêts , des pâturages , de nombreuses rivières» les deux rives de l'Euphrate, qui est pour la Mésopotamie ce que le Nil est pour l'Égypte, et dont la possession représente à elle seule une immense richesse; cette principauté avait trois archevêques relevant du patriarche d'Anliocho : ceux d'Édesse, d'Hierapolis et de Corycus. La principauté d'Anlioche avait pour lîînite septentrionale la ville de Tarse et pour limite méridionale la petite rivière qui coule entre Valcnia et Méraclce. La juridiotioFi du patriarche d'Anlioche s'élcndciil sur viiii;t. cantons , dont quatorze avaient chacun un métropolitain avec des évcqueâ suffragants; les six autres cantons étaient

(I) Lm pays qui formaient ces troto principautés sont décrils dans t Gomspondanoe d*Orient.

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. HlSTOlfiE DE iËRUSALEM.

placés sous Tautorité des primats de Bagdad et de Perse» appelés «afAoUgiMs. Quoique ces deux principautés fussent indépendantes de Jérusalem , les rois latins allèrent sou* vent y rétablir Tordre ou leur porter secours aux jours de péril; c*est en combattant pour les États d*Antioche et d*Ëdesse que Baudouin II rencontra la captivité* Le comté de Tripoli , que Jacques deVitry appelle une principauté» commençait k la limite de celle d'Ânttocbe et 8*arrétait à la rivière entre Bibles (Gibelet) et Berytbe; une portion do Liban lui appartenait. Le comte ou le prince de Tripoli était bomme lige du roi. L^anctenne Émesse, appelée au temps des croisades Camela on ChameU, aujourd'hui Homs, rancienne Épiphania« qui maintenant porte le nom de Hama, et Balbek ne furent point soumises aux croisés, mais leur payaient tribut.

Enfin le royaume de Jérusalem formait la première colonie latine par sa priorité religieuse et politique, par son étendue et le nombre des places qui lui étaient soumises. 11 commençait à Tantique frontière des Hébreux, à Dan, appelée tour à tour Césarée de Philippe, Paiiéade et Bélinas; sans aller du côté du midi jusqu'à El-Arisch, Pharamia, Péluse où les possessions lalincs n'élaieiit point , fixes, nous verrons flotter le vieux drapeau Je noire pairie à Bersabée, appelée alors Gibelin , a dix milles d'Âscalon, et sur les murs de Daroum, à quatre vSlades an delà de Gaza. La forteresse de Daroum, de forme circulaire et flanquée de qnalre tours , était ainsi nommée d'un inouaslère Gfroc dont elle avait pris la place (tla-Roum , couvent des Grecs). Sidon, Tyr, Saint-Jean-d'Âorc, Césarée, Jafla , les cinq villes des Philistins, toutes les cilcs de la Judée et de la Galilée, cliani^ées en baron nies ou en seigneuries, et, au delà du Jourdain et de la mer Morte, les pays de Carac et de Montréal obéissaient aux successeurs de Gode^ froid. Une France féodale s'était établie dans ces contrées où avaient passé les dominations Israélite , macédonienne, romaine , grecque et musulmane , et les fortes traces de notre génie, de notre bravoure et de nos vertus s'impri-

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