‹ Histoire de JérusalemChapitre 133 sur 149 · CHAPITRE XXXI. 2ol · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. 2ol

tuaient sur le sol le plus vénérable et plus historique de Tunivers. Les Latins avaient semé des citadelles i travers la Palestine ; Thoroo , à dix milles de Tyr, entre la mer et le Liban; Scandalion, aujourd'hui Scandroun, à cinq milles au midi de Tyr , Ncphin, du côté de Tripoli ; Belvoiri près du Thahor ; Ibelin » bâti avec des ruines de Vancienne Geth ; Blanche-Vue ou Blanche-Garde , destinée à réprimer les Âscalonites; SainUÂbrafaam , dans le voisinage d'Ëngaddi ; les châteaux des Plans, de Maé, de Mirabel , aux abords de Jérusalem ; toutes ces forteresses et une foule d^autres, dont nous avons marqué remplacement daps nos récits de voyageur, étaient comme une vaste organisation de défense au milieu de celle terre oii nos aïeux ne subsistaient que par la victoire.

Le patriarche de Jérusalem , de qui relevaient immédiatement les évéques de Bethléem , d*Hébron (i) et de Lydda, avait de plus sous son autorité quatre mélropolitaios : ceux de Tyr, de Gésarée, de Nazareth, de Garac. Le métropolitain de Tyr avait pour suffragants lés évéques d*Âcre, de Stdon, de Bérithe et de Panéade. L'Église de Gésarée qui, avant les croisades, était Tcgale de celle de Jérusalem et quelquefois la première de Palestine. n*avait qu*un seul suflTragant, Tévôque de Sébasle ou Samarîe. M suffragant de Nazareth était le pasteur de Tibériade. L*évé(iue grec du mont Sinaï, gardien de Téglise de Sainte- Catherine, dépendait du métropolitain de Carae. L'Église de Jatta était soumise au prieur et aux chanoines du Saint- Sépulcre. Des abbés et des prieurs assistaient à l'autel le patriarche de Jérusalem; ils portaient les insignes de l'épiscopat : la crosse, la miUe, l'anneau et les sandales.

Jacques de Vitry , évêque de Plolémaïs , qui a trace une curieuse peinture de l'état religieux de la Palestine sous la domination des Francs, nous montre TÉglise d'Orient

(1) UËglise d'Hébron ne fui érigée en évècbë que tous Amaury en f 1C7, nmis nous parlons ici du royaume de Jérusalem tel qa*ll fut dan» tout «ou développement.

S52 HISTOIRE DË JÉRUSALliaf.

eommmcani à rmrdir et â fiewrir, et la vi|^e da Seigneur pou$$ant da howrgeont nouveaux. De tous côlës , les plas beaui sites étaient choisis pour la coostraction de sanc* tuaires et de couvents :,les libéralités des princes et les aumônes des fidèles multipliaient les maisons de Dieu. Le mont de la Quarantaine, à peu de distance de Jéricho, et le Garmel avaient leurs h^tes austères qui, retirés dans de petites cellules, compotaient, abeilles du Seigneur, un miel d'une douceur toute spirituelle (i). < Un grand nombre d'au- € 1res, dit le chroniqueur, morts au monde afin do vivre €-en Dieu, se choisirent des sépulcres tranquilles dans le € désert du Jourdain, où le bienheureux Jeaii-Baplisle, € fuyant les hommes pour s'occuper de Dieu avec plus f de liberté, se cacha dès les années de son enfance. »

L'évèque d'Acre nous rapporte ici une observation que nous ne passerons point sous silence. Il ne lui avail jamais semblé que le précurseur se fût nourri de la chair des sauterelles, lui qui refusait de manger du pain. Jai jur-s de Vilry interrogea donc sur ce point un moine s\nen des rives du Jourdain ; le moine lui répondit qu'on trouvait autour de son monastère une liei he dont les cénobites mangeaient, et qui se nommait (.nujusfa; il ajouta que ce mot était la même chose que locusta i sauterelle) , et que la ressemblance des (i( u\ mots avait produit Terreur sur la nourriture de saint Jean. Le cénobite des solitudes du Jourdain affirmait que le précurseur avait mangé de l'herbe a^qtelée luîigusta et non point de ces grasses sauterelles recherchées par beaucoup d'habitants du pays qui les prennent à l'époque de leur apparition et les melleut en réserve. L'opinion du moine syrien pourrait bien ne pas rester tout à fait sans réponse, mais elle est, à coup sûr, d'une grand autorité dans la question.

Les chanoines réguliers du Saint-Sépulcre, institués par Godefroid, suivaient la règle des augustins. Les églises des chevaliers du Temple, du mont Sion et du mont des

(1) Jacquet de Vitry, livre I.

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