‹ Histoire de JérusalemChapitre 134 sur 149 · CHAPITRE XXXI. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI. m

Olives avaient des abbés cl des chanoines de Tordre de saint Benoît. Les religieuses de Saint-Lazare, à Bélhanie, celles de Sainle Annc et celles de SaiiiLu Mai ic de Jérusalem appai lenaieiiL à ]a même règle. Il y avait sur le Thabor une abbaye de moines noirs qui dépendait du métropoli tain de Nazareth. Il s*était élevé ausbi des monastères de i ordre de Cîle.iux et de l'ordre des Prémonlrés. La Palestine ollrait une image de la France religieuse.

Les trois ordres militaires , nés de la charité à Tomljre du saint tombeau, avaient montré à rOriLiiL une sorte de sacerdoce armé du glaive. Les hospitaliers (i), les templiers, les teutons, mâles figures, hommes de fer, caractères ardents et généreux, formaient comnic des murailles vivantes toujours debout pour arrêter reiniemi. lis avaient passé du service des pauvres au service des colonies chrétiennes. Dans leurs continuelles courses du Jourdain à la mer, du Liban au désert méridional de Syrie, ils étaient TclTroi des musulmans et la sécurité des pèlerins. Quand de pauvres chrétiens débarqués à Jafia, se rendaieot à lérusaiem» n*ayaot d'autres armes que le signe de la croix, lis n'avançaient pas sans frayeur daus le chemin solitaire de Ramla , et surtout dans les montagnes de la Judée* où chaque détour de sentier, chaque revers de rocher pouvait cacher des Arabes cruels. Alors, si des manteaux blancs marqués de la croix blanche, de la croix rouge ou de la croix noire leur apparaîssaien t tout à coup à travers les vergers de la plaine, au penchant de la colline ou dans les tortueuses profondeurs d*uu étroit vallon, cette vue rassurait et charmait les pieux voyageurs ; au moindre soupçon de danger, les chevaliers de l'Hôpital, du Temple ou de Sainte*Marie des Teutons les accompagnaient jusqu'à la ville sainte.

(I) U. le vicomte L.-F. de VilleDeave-Bargemont a foit revivre la gloire des grands maîtres de Tordre de saint Jean en publiant leurs HONOMEKis. Le nom de Vlllcneuve-Bargemont, attaché à d'utiles

et à de bpi^nv fravaiix, est un de ces noins rie Fiance qui rappellent ce que i hoimeur, la vertu, l'intelligeact; ont de plus pur et de plus élevé.

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Guillaume do Tyr, que Tamour des privilèges de TÉglise ànime quelquefois jusqu'à la parlialilé, voit avec peine les frères de rHôpilal s'a lira nchissant d'abord de la juridiction de Tabbé de Sainle<Marie-Laline, puis, devenus riches, se dérobant à l'autorité du patriarche de Jérusalem et entraînant dans leur Indépendance divers établissements de charité. Celui-ci , accompagné de plusieurs prélats de Syrie, était allé à Rome demander Justice pour ses droits chaque jour méconnus, et n*avait rien pu obtenir du pape, ami des hospitaliers* Plus tard, de scandaleuses rivalités éclatèrent entre les hospitaliers et le patriarche ; des flèches, ramassées dans Téglise du Saint- Sépulcre, furent suspendues en face du Calvaire, en mémoire d'une aliaque impie. Les frères de THopilal, possesseurs de casais et de villes en Orient et en Occicident, n'étaient plus au temps où les pauvres et les infirmes étaient leurs seigneurs, où, donnant aut malades le pain de pure fleur de farine, ils se réservaient pour eux la portion la plus grossière de la moulure (i). Mais que d'exploits el que de gloire leur faisaieriL pardonner de s'être éloignés de leur priinilive et humble simplicilc! Depuis Gérard Tune jusqu'à Fabrice Carrelle , le quaranlc et unième graiid iiiaiiie de l'ordre, duiaiiL urà es|iace de plus de quatre siècles, quelle série de traits éclaLanls , de dévouements sublimes, el quel puissant inlérél s'allache à la destinée de ces courageux défenseurs de la civilisation chrclienne! Oh! comme nous étions émus à Rhodes, dans celle rue des Chevaliers où nous louchions de la main leurs graves et belliqueux souvenirs !

Les chevaliers du Temple, qui avaient reçu du concile de Troyes (1128), le vêtement blanc comme un symbole de la pureté de leur vie, reçurent du pape Eugène la croix rouge comme symbole du sang qu*ils faisaient profession de verser pour la défense de la terre sainte. Jacques de Vitry, parlant de ces nmmawc MachMei comme il les

(1) Jacques de Vitry, livre I,

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