‹ Histoire de JérusalemChapitre 14 sur 149 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La nalion israélite, entouré d*6iitaémis, avait besoin d'une capitale assise dans une for le position ; le siège du naissant royaume de David, exposé à de continuelles agressions, devait être une de ces places oii la nature vient en aide au courage qui veut se défendre. Les plaines, les bprds des fleuves ou des mers, conviennent aux peuples livrés aux ^taisibles travaux du commerce; mais cette nation étrangère qui grandissait menaçante , qui 8*était mise ouvertement en hostilité avec tous les pays environnants , ne pouvait se maintenir que par la guerre et la victoire : il lui fallait, pour emplacement de sa métropole, une situation formidable comme celle qu'offraient les iiianlagucs de Sion, d'Acra, de Moriah ; à l'orient, la profonde vallée appelée dans hi suite vallée de Josapbal, sïlL'ndant entre la ville et le mont des Olives, rendait la place imprenable , au midi, le ravin escai [)é de Gôlicunou ou Ben-Hinnon ; au couchant, la pente roide du mont Sion, complétaient la défense de la position, est versée point que le roi des douze tribus avait tourné son regard ; sa pensée rapide y avait marqué le théâtre de la grandeur des Hébreux.

David, suivi de la fleur des guerriers de Juda et de Benjamin, paraît sous les murs de la forteresse jébuséenne ; l'ennemi, se croyant assez invincible pour user de raillerie, lui avait fait dire qu'il ne lui ojiposerait que des aveugles et des boiteux. On sait comment la ciladollr; lut emportée. David promit le grade de général d'armée à celui qui le premier monterait sur les murs de Sion. Aussitôt, les trente forts qui forment l'élite de la pclile armée royale, volent à l'assaut ; mais voilà qu'un guerrier les devance, c'est Toab, neveu du roi ; l'impétueux guerrier plante son échelle au pîed du mur, brave une pluie de flèches et de pierres, s'établit sur la brèche et attend victorieusement que d'autres guerriers viennent se joindre à lui. I>a forteresse est prise ;répée dévore toute la population jébuséenne.

La conquête de Jérusalem par les armes de David est le

premier ëvénemml important qui touelie à la ville sainte; ' un grand roi M montre à nous» debout sur le aeuilde rhistoire monarchique des Hébreux , comme ces slatoea des (Icmi-dieux qui , dans le monde aneteo « gardaient rentrée de la cité. Mais, avant de poursuivre noire étude d« cette lérosalem* qui doit changer la faee^de TuniTer^» voyons quel était Télat du monde» alors que, surltamontagnes de Sion et de Moriah, David jetait les foodementa d*ttne immense gloire, Jérusalem est la mère religiettsedu genre humain ; il est curieux de reconnaître dans quelle situation elle trouve les hommes à son apparition dans rhistoire, pour mieux comprendre Theureuse transforma* tion que doit leur faire subir, dans la suite des sièeles, la doctrine du divin erucllé.

Regardons d*abord du côté de TÉgypte; cette oontrée doit être nommée ici avant toutes Ih contrées de Tunivers. Elle avait vu passer vingt dynasties ; les pyramides , ces montagnes que Thomme a faites , portaient aux cieux d'impérissables masses; Thèbes, Memphis, Tanis, Ilt^liopolis, Syène étalaient leurs graves merveilles , qui devaient faire Fenlrelien de la plus luiulaine postérité. L'Égyplo possédait la sagesse, mais les prêtres !a gardaient comme un secret ; ils cachaient la vénlé au peuple, comme si son ail eût été trop iaiblc pour la contempler, ou comme si on eût jugé son bonheur inséparable de l'ignorance. Le culte des symboles et des manifestations de rÊlrc éternel avait peu à peu amené les Égyptiens à quelque chose de pareil au paulhéisme; les astres, les animaux et les plantes recevaient lours hommages; le Créateur avait disparu sous l'adora! ion de ses œuvres.

I n Livili^ialion égyptienne naquit des tombeaux ; la p(Ml^('e de la mort , celle pensée si féron*îo ilnns sn torreiir, fut 1.1 première iustitulrice du cceur de 1 homme; elle règle et adoucit les iïifelligences par la croyance à la vie à venir, fondement de la morale sur la lerrc. L'Égypte IraitniL ses nïorls avec nu soin maj^nifique , aMoslé par les imposantes

i)ticrppoiei^ de Xlit^be» cL de MempUii»; loutfis lo» ituageâ 4u

CHAPITBE m. m

la Tie étaient nprtentéos dans les hypogées* Les habi** tanls des rives ân Ntl regardaient le trépas comme un

sommeil se prolongeant jusqu'à des époques indétei minées ; et , pour qu à un signal divin , les morts fussent tout prêts à recommencer la vie , on placnil des vêtements son s leur léle. L'espoir d'une résurrection çfénérale , non point à la fm , mais à la suite des temps, était accompagné de l'idée que le retour ci la lumière no pouvait s'accomplir sans la conservation des corps; de là l'embaumement des rkbes et des pauvres au moyen da nitre ou du sel.

Dans le voisinage deMemphls, une ingénieuse mytho' logie retraçait les mystères d'au delà le sépulcre. Le lac Achemaia» la barqse du Tieex nocher» le tribunal d'Osiris> les verdoyantes campagnes et le triste Àmentit les canaux ans flots Jannes et silencienx» offraient à Fimagtnation les diverses destinées des ombres et leur demeare.

Telle était TËgypte javec ses pharaons « ses monuments» ses croyances et ses fables ; la nation des bords du Nil se composait de irais classes: la première sacerdotale, la seconde militaire ; les laboureurs , les artisans et les ouvriers formaient la troisième. Celte différence des classes ne constituait pas une inégalité politique, comme on le penserait d'abord; tout ce qui concourait au service et à rcnlretien du royaume se trouvait ennobli. Celle fraterjielle harmonie des conditions en É^ypte était peut-être présente à l'esprit de Platon , lorsqu'il écrivit son beau rêve de la liépublique. L'histoire a admiré le gouvernement, les lois, le caractère, le génie inventif des Égyptiens; les mcBurs publiques avaient pour fondement l'amour de la vertu , du devoir et de la soumission , la loi du tra* vailct de l'utilité , la constance dans les idées et les coutumes. Maîtres d'un beau et riche pays » les égyptiens se trouvaient bien cbei eux et n*étaient point animés de la passion des conquêtes ; ils eurent des rois guerriers, mais on peut dire que le génie ^yptien fut un ^nie pacifique, incessamment préoccupé de conservation » de durée et

d*avcuir, tinc puissance sérieuse, moaolone el fécôiido comme la terre qu'elle habitait.

L'Égypte écrivait ses annales avec les monuments de . pierre ou de brique qu'elle élevait: Hérodote el Diodorc de Sicile nous apprennent beaucoup de choses, mais les véritables historiens de la nnlion égyptienne sont les pyramides, les obélisques, les hypogées, immortels témoins tout chargés des secrets des anciens âges. Il fallait qu'il se mélài aux plus brillantes civilisations de ces époques quelque chose de grossier et d*immonde : le plus avancé, le plus sage des peuples d'alors adorait le serpmitt richneumon et le crocodile !

Babylonc, fondée par le fort chasseur de la Genèse, appelée par Isaie la reÎM «itifv les royaumei du numdê, et par Hérodote la première cité de TuniverSt couvrait de ses murs et de ses palais les deux rives de TEuphrate. Sur les vastes débris de la tour de Babel s'élevait le temple de Bélus. Chose digne de remarque, cette tour de Babel» premier grand ouvrage d^ hommes» sera le dernier peutêtre à s*^acer de la terre. Ce qui reste de ce monument forme une sorte de colline qui» sous le nom de Bin^Nm' hrod, semble vouloir égaler en durée les collines et les montagnes de la nature » comme pour perpétuer le souvenir de Tantique orgueil humain. Ninive» métropole des Assyriens, comme Babylone Tétait des Chaldéeos» s*é'. tendait sur la rive gauche du Tigre. Les deux cités placées dans le beau pays , berceau de la famille humaine, tiraient du commerce leurs prodigieuses richesses; elles étaient les routes par où passaient les trésors des peuples ; les produits de Tlnde, de la Perse, de l'Afrique, leur arrivaient sur le Tigre et TEuphrate ou sur le dos deschameaux.

A quelques journées de marche de Jérusalem , la Phénicie se moiiU-ail en possession d'une eivilisaLiou brillante don L elle |)orLaIt. les bienfaits sur lus plus lointains rivages. Tyr ballaiL les mers avec ks ailes de ses mille vaisseaux, comme parle l'Écriture, el Sidon était Fatelier dos Hues merveilles de l'Asie.

Page 1