CHAPITRE mu. m
î des croisés (i) i Celte tardive couqnéte de rempire $pree, dont on demanda pardon pape, ne servait point les intérêts de Jérusalem ; il fallut songer à soutenir les nonvelles possessions latines, et Tenipire français deByzanee et les débris da royaume do Jérusalem imploraient en niéme temps les secours de TEurope.
Après la mort d*Amaury et dlsabellé , il ne restait plus au royaume de Jérusalem , pour héritier naturel , qu*une jeune princesse, née dlsabelle et de Conrad ; Aymar , soi* gneur de Césarée , et Févéque d*Acre , vont demander un prince à Philippe-Auguste; le roi de France donne à la jeune Isabelle un époux qui eût relevé les États de Gode* froidetdeBaudouini si le courage, une infatigable activité et un dévouement sans bornes , avalent pu sulBre. Jean de Brienne arrive en Palestine avec trois cents chevaliers : Ihible secours pour servir à la défense d*un reste de royaume menacé de toutes parts ! Tandis que les courages chrétiens étaient appelés à combattre les Albigeois et les Mores, i'intcrel de Jérusalem qui, auparavant, armait les géants de la guerre , parut m quelque sorte reraptaccr les jeux cl les passe- temps du joune âge; cinquante mille enfants du pays de France et d'Allemagne se levèrent pour aller délivrtT le saint sépulcre; toutes ces jeunes et vap^abondcs ardeurs rencontrèrent une fin déplorable, et Hachel pleura de nouveau ses fils qui n'étaient plus!
Innocent 111 était mort en travaillant à susciter des libérateurs à Jérusalem captive. Honorius ITT avait continué ses énergiques efforts. André 11, roi do Hongrio, durant ses trois mois de séjour en Palestine, fil peu pour sa gloire et pour Jérusalem, mais il rendit service à la cause de la croix en laissant à Jean de Brienne la moitié de son armée. Le siège de Damiette (1218), oii accoururent des multitudes de pèlerins partis des ports de la France, de la HoUande, de rÀllemagne, de Pise et de Gènes, fut une fluoeession solennelle de tableaux firappants; trois mille
* (f) IHtk. des crois., ttvxe XI.
lilSTulUh DE JtHL'bALLM.
liabilanls spr soixante et dix mille survécurent seub à ces longs assauts qui avaient changé Damietle en sépulcre. On consacra à la Vierge la grande mosquée de Damiette , ornée de six galeries et de cent cinquante colonnes de marbre.
L'Ëgyple était dans TeflOroi : Tempire de Tislamisnie avait reça une rude secousse. Le sultan du Caire» pour arrêter les Latins « leur offrit plusieurs fois de les mettre en possession de Jérusalem et de toutes les villes conquises par Saladin , excepté Gara et Montréal. Après la prise de Damiette » il proposa même de payer trois cent mille pièces d*or pour relever les tours et les ramparts de Jérusalem , qu'avaient récemment démolis les princes musulmans. Jean de Brienne* le principal chef de Tarmée chrétienne et tous les barons voulaient accepter ces conditions; le cardinal Pélage, légat du saint-siége» venu à Damiette avec des croisés romains, s'était violemment emparé de la haute autorité au nom de Jésus-Christ et de son représentant sur la terre; cet homme ardent, dominateur, inflexible, refusa les offres du suUaii du Caire, il croyait pouvoir eu liuir rapideineut avec Tislamismc el ajouruailla paix après le triomplic abbolu de la croix. Pélage exigea qu'on luarohât sur le Caire; les débordeiiîeiïls du Nil, la famine cl Vennemi finirent par changer eu désastres les fruits heureux de celle croisade. Ce fut donc le parti du clergé qui , pour avoir ambitionné en Orient de trop belles victoires, empêcha les chrétiens de ressaisir alors le royaume de Jérusalem.
L apparition de Fré Uric II sur la scène des guerres sacrées donna aux événements (ronlcr-mer uu caractère qui ne s'était point encore montré jusque-là. Le pape lui avait fait épouser à liome Yolande , iille et héritière de Jean deBrienne, roi de Jérusalem; craignant pour son empire et pour la Sicile, il avait tardé à remplir son vœu de pèlerin, el l'excommunication était tombée sur lui. Le sultan du Caire, Malek-Kamel, avait enlevé Jérusalem et la Judée à son frère Malek-Moadam » prince de Damas; il